Les 6 et 7 juin 2026, l’Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance (INSEP) a vibré au rythme de la 7ème édition du programme phare « La Relève ». Vingt-six participants, rigoureusement sélectionnés, ont été évalués par 13 fédérations partenaires afin d’identifier les profils susceptibles de briller aux Jeux Paralympiques de Los Angeles 2028 et de Brisbane 2032.
Une détection sur-mesure pour le haut niveau
L’aventure à l’INSEP est l’aboutissement d’un long processus de plusieurs mois, jalonné de préinscriptions et d’entretiens individuels. Sur place, les 26 candidats retenus ont fait face à un programme dense : tests physiques, évaluations morphologiques et mises en situation sportive concrètes. De l’aviron au taekwondo, en passant par l’escrime, le tennis de table ou le volley-ball assis, 13 disciplines majeures étaient représentées pour offrir un large panel de débouchés.
Pour Marie-Amélie Le Fur, présidente du CPSF, le dispositif est une pièce maîtresse de l’échiquier sportif national : « La Relève est un maillon essentiel de notre stratégie sport et haute performance au CPSF. Ce programme permet d’identifier des profils non identifiés et de leur ouvrir les portes du haut niveau. »
Cette promotion a pu compter sur le parrainage d’athlètes d’exception. Si la joueuse de tennis-fauteuil Pauline Déroulède, elle-même issue du programme, suivait l’événement à distance en raison de son parcours à Roland-Garros, le sauteur Dimitri Pavadé était bien présent sur le terrain pour transmettre sa « niaque » et rappeler que la route vers Los Angeles commençait ici.
Les coulisses du programme : l’humain au cœur de la performance
Au-delà des chiffres et des performances pures, « La Relève » se distingue par sa méthodologie d’accompagnement profondément humaine. Habd-Eddine Sebiane, membre du CPSF et rattaché à ce programme depuis 2020, met en lumière la philosophie de ce dispositif à double facette, qui s’adresse autant aux fédérations qu’aux athlètes eux-mêmes.
L’évaluation initiale repose sur l’écoute active des candidats à travers trois critères fondamentaux : les envies individuelles, les potentialités et le contexte géographique. Ce week-end d’immersion sert de passerelle directe. Le programme permet de faire gagner un temps précieux aux athlètes, parfois isolés, en les mettant immédiatement en contact avec les directeurs techniques et les responsables nationaux des fédérations.
Certains profils particulièrement prometteurs repérés en amont ou durant la saison intègrent d’ailleurs directement les collectifs nationaux sans même passer par le week-end de regroupement, preuve de la réactivité du système.
L’émulation collective comme moteur d’inclusion
Si l’enjeu sportif est évident, Habd-Eddine Sebiane insiste également sur la richesse humaine de ces rassemblements. Pour des personnes en situation de handicap, parfois isolées dans leur pratique quotidienne ou récemment confrontées à un accident de vie, se retrouver à l’INSEP provoque un déclic puissant.
« Le gros point fort de cette journée, c’est qu’ils rencontrent des personnes qui, potentiellement, ont le même parcours de vie. Des personnes qui pensent être seules dans leur coin à chercher du sport et à avoir une singularité physique viennent ici et partagent cette même singularité. »
Cette « pair-émulation » crée des ponts instantanés entre des profils variés, allant de jeunes sportifs de 16 ans à des adultes d’une trentaine d’années. Les échanges d’expériences entre ceux qui ont un handicap de longue date et ceux qui traversent une transition plus récente s’avèrent d’une richesse inestimable, accélérant leur reconstruction personnelle et leur parcours de compétiteur.
Cap sur les Alpes françaises 2030 et déploiement dans les territoires
Héritier direct de la dynamique impulsée par Paris 2024, « La Relève » a déjà accompagné près de 1 000 personnes et vu 12 de ses anciens participants rejoindre les rangs des Jeux Paralympiques. Mais le CPSF ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.
Dès la fin de l’année 2026, dans la foulée des Jeux de Milan-Cortina, le programme lancera sa toute première déclinaison hivernale : La Relève Hiver. L’objectif est clair : étoffer une délégation française historiquement restreinte dans les disciplines de neige et de glace (seulement 17 athlètes et guides lors des derniers Jeux) en vue des Jeux Paralympiques des Alpes françaises 2030, avec un accent tout particulier mis sur la féminisation des équipes.
Enfin, l’année 2027 marquera le début de la territorialisation du programme. Afin de rapprocher la détection des bassins de vie des personnes en situation de handicap, des sessions seront organisées directement en région. Le grand rendez-vous parisien à l’INSEP se transformera alors en une grande « finale nationale de détection », couronnant un maillage territorial complet et inclusif. La machine à fabriquer les champions de demain est plus que jamais lancée.























