Du 7 au 14 juin, place à l’édition 2026 du Tour Auvergne-Rhône-Alpes. Pas de Pogacar, ni de Vingegaard ou d’Evenepoel : c’est le Français Paul Seixas qui sera l’immense favori durant une semaine.
Le cyclisme mondial s’apprête à avoir les yeux braqués sur la région Auvergne-Rhône-Alpes. L’épreuve, anciennement connue sous le nom de Critérium du Dauphiné, s’apprête à offrir une explication de texte grandeur nature entre les sommets de Vizille et le redoutable Plateau de Solaison. Et au centre de toutes les attentions, un nom revient sur toutes les lèvres : Paul Seixas. À seulement 19 ans, le prodige lyonnais de l’équipe Decathlon-CMA CGM s’avance en grandissime favori, une « Paul position » qui symbolise l’avènement d’une nouvelle ère.
L’apprentissage express d’un phénomène
Dire que la progression du jeune Rhônalpin est linéaire serait un euphémisme. Depuis ses premiers coups d’éclat chez les juniors sous les couleurs du Vélo Club de Villefranche-Beaujolais, le garçon franchit les paliers à une vitesse qui frise l’insolence. Vainqueur de la Flèche Wallonne et du Tour du Pays basque en ce début de saison 2026, Seixas ne se contente plus de lever les bras ; il imprime son rythme au cyclisme mondial. Ses récentes sorties d’entraînement en Sierra Nevada, affichant des statistiques vertigineuses à faire pâlir les compteurs Strava les plus aguerris, témoignent d’une condition physique optimale.
Évoluer à domicile, sur des routes qu’il connaît par cœur, ajoute une dimension presque romantique à ce rendez-vous. Mais dans le sport de haut niveau, le romantisme s’efface vite devant la rudesse du relief. Avec 8 étapes, 1 204 kilomètres au programme et pas moins de 21 600 mètres de dénivelé positif, ce Tour Auvergne-Rhône-Alpes s’annonce comme une véritable lessiveuse.
Une opposition de styles et de générations
Si la ferveur populaire pousse derrière l’enfant du pays, la concurrence, elle, n’a pas l’intention de lui faire de cadeaux. La liste des engagés ressemble à s’y méprendre à une répétition générale du Tour de France. Face à l’insouciance de la jeunesse, la vieille garde compte bien faire parler l’expérience.
Le Colombien Daniel Martinez, ancien vainqueur de l’épreuve, connaît le prix de la régularité sur ces profils alpins. Matteo Jorgenson, double lauréat de Paris-Nice et tenant d’une science de la course millimétrée, mènera la fronde pour le Team Visma-Lease a Bike. On surveillera également de très près les grimpeurs ibériques Pello Bilbao et l’ambitieux Juan Ayuso, ou encore le punch dévastateur du Mexicain Isaac Del Toro.
Le parcours offrira un terrain d’expression idéal pour arbitrer ce duel générationnel. Dès les premières étapes accidentées en Isère, le peloton sera mis à rude épreuve avec l’enchaînement des cols de l’Arzelier et de Vence. Le milieu de semaine sera marqué par un contre-la-montre par équipes au format particulier – calqué sur celui de Paris-Nice où les temps sont pris individuellement –, un exercice stratégique qui pourrait créer les premiers écarts significatifs entre les leaders.
Le verdict du Plateau de Solaison
Le point d’orgue de cette semaine alpestre se jouera sans nul doute lors du triptyque final. La Haute-Savoie servira de juge de paix avec l’ascension de morceaux d’histoire comme le Col du Pré ou la terrible Montée de Bisanne. L’arrivée finale au Plateau de Solaison, au terme de la huitième étape, promet de sacrer un homme fort, un coureur complet capable de résister à la chaleur naissante de juin et à la répétition des efforts.
Pour Paul Seixas, ce Tour Auvergne-Rhône-Alpes n’est pas seulement un objectif majeur de sa saison ; c’est un test de maturité. Porter le poids de la course sur ses épaules, assumer le statut de favori face aux meilleures armadas du World Tour, voilà le défi qui attend le Lyonnais. S’il parvient à dompter ses adversaires et les pourcentages de ses montagnes natales, la « Paul position » ne sera plus seulement un joli jeu de mots, mais bien le point de départ d’une ambition encore plus grande en vue du Tour de France.


























