Et si le premier équipement sportif d’une ville n’était ni son stade de football, ni son complexe aquatique, mais tout simplement sa rue ? À Saint-Étienne, la transition est amorcée. L’ambition affichée par la nouvelle équipe municipale en cette année 2026 est claire : transformer l’espace public pour lutter activement contre la sédentarité et faire de la santé par le mouvement un véritable pilier du mandat.
L’activité physique comme boussole municipale
Pour le nouveau maire de Saint-Étienne, Régis Juanico, cette feuille de route s’inscrit dans la continuité d’un engagement de longue date en faveur des politiques publiques de santé. L’élu entend mettre son expérience législative au service direct des Stéphanois. « Le sport sera l’un des marqueurs forts de notre mandat. Pendant quinze ans à l’Assemblée nationale, j’ai travaillé pour lutter contre la sédentarité et pour promouvoir les activités physiques à visée de santé. C’est un chantier que j’ai porté avec la conviction forte que le sport est l’un des leviers incontournables pour la qualité de vie, tant physique que psychique, de nos concitoyens. »
Cette vision impose de repenser le sport bien au-delà des structures fédérales ou des simples licences en club. L’objectif est d’insuffler le mouvement dans le quotidien de chacun, de manière presque intuitive, en transformant Saint-Étienne en une « ville active ». Pour y parvenir, la municipalité déploie un programme concret d’aménagements : multiplication des cheminements piétons connectés, sécurisation renforcée du réseau de pistes cyclables, déploiement de parcours de santé et d’espaces de fitness en libre accès et aménagements urbains spécifiquement conçus pour inciter à la marche.
Quand le design stéphanois se met au service de l’urbanisme de santé
Fidèle à son ADN de seule ville française créative design de l’UNESCO, Saint-Étienne s’appuie sur ses forces vives pour réinventer ses quartiers. La Cité du design devient ainsi un partenaire clé dans la conception d’un cadre de vie plus sain. « Nous voulons, en lien avec la Cité du design, travailler sur « urbanisme de santé », et requestionner la manière dont nous envisageons nos espaces publics. Ils sont souvent les premiers espaces d’activité physique », souligne Régis Juanico.
Cette sémantique fine cache un choix politique fort. Le maire préfère d’ailleurs parler « d’activités physiques à visée de santé », une formule qu’il juge plus inclusive et plus juste que l’expression galvaudée de « sport-santé ». Pour transformer l’essai, la municipalité tisse un réseau serré entre le monde médical et le tissu associatif local.
« Nous travaillons à renforcer les partenariats entre la Ville, les professionnels de santé, le CHU et les associations sportives pour développer les parcours d’activité physique adaptée », confie Régis Juanico. « Nous devrons porter une attention particulière aux seniors, aux personnes atteintes de maladies chroniques et à tous ceux qui sont aujourd’hui éloignés de la pratique sportive. »
Le diagnostic en marche : lever les freins du quotidien
Sur le terrain, cette stratégie globale prend vie sous la houlette d’Ali Rasfi, adjoint aux sports de la Ville de Saint-Étienne. Le projet phare de cette dynamique est sans conteste la création d’une structure dédiée à l’accompagnement des habitants. « Nous avons le projet de la Maison du sport et de la santé pour informer les citoyens et leur donner des outils d’accès. Nous sommes actuellement en phase de rodage depuis trois mois et établissons un diagnostic pour identifier les freins », explique l’adjoint aux sports.
Ce travail d’analyse fine permet d’identifier des cibles prioritaires et de concevoir des réponses de proximité. L’un des grands axes dégagés par la municipalité concerne l’accès des femmes aux activités physiques, un enjeu qui relève autant de l’égalité d’accès que de la santé publique. « À la suite de ce diagnostic, nous voulons agir sur plusieurs leviers. Je pense notamment au sport au féminin. Les AVC restant la première cause de mortalité chez les femmes, nous voulons leur permettre de pratiquer à proximité de leur lieu de travail ou des structures où elles déposent leurs enfants (centres sociaux, clubs sportifs) », assure Ali Rasfi.































