Ce samedi 6 juin (18h), le Stade Ernest-Wallon de Toulouse sera le théâtre d’une finale inédite et historique pour la Pro D2. Le RC Vannes et Provence Rugby s’affrontent avec un sésame en ligne de mire : un billet direct pour le Top 14.
Vannes, le patron légitime au rendez-vous
Si une équipe méritait de valider son ticket pour Toulouse, c’est bien le Rugby Club Vannes. Les Bretons ont survolé la phase régulière, terminant confortablement à la première place avec 116 points au compteur. Une domination incontestable qui s’est confirmée de manière éclatante lors de leur demi-finale à domicile. Dans un stade de la Rabine en fusion, les hommes de Jean-Noël Spitzer n’ont laissé aucune chance à Oyonnax, balayé sur le score sans appel de 48-7.
Cette démonstration de force installe logiquement le RCV dans le costume de favori. Sereins, cliniques et portés par un collectif parfaitement huilé qui répète ses gammes depuis de longs mois, les Vannetais abordent ce rendez-vous avec la certitude de leurs forces. Pour la Bretagne, cette finale représente l’aboutissement d’un projet patiemment construit, aux portes d’une accession historique dans l’élite.
Provence Rugby, l’invité en pleine transe
Face aux Bretons se dresse une équipe de Provence Rugby qui a dû batailler ferme pour s’offrir son droit de rêver. Troisièmes de la phase régulière, les Aixois ont d’abord dû écarter Brive en quart de finale (39-21) avant de réaliser l’exploit des phases finales : aller s’imposer sur la pelouse de Colomiers (36-28), pourtant deuxième du championnat, dans un stade Michel-Bendichou à guichets fermés.
Après deux échecs consécutifs au stade des demi-finales les années précédentes, les Provençaux ont enfin brisé leur plafond de verre. Les joueurs de Mauricio Reggiardo arrivent en Haute-Garonne avec une confiance maximale, forts d’une impressionnante série de sept victoires consécutives. Parmi les arguments rhodaniens, la présence de l’ailier ou centre fidjien Setareki Bituniyata s’impose comme le véritable « facteur X » capable de faire basculer la rencontre sur un exploit individuel.
Une revanche aux airs de belle
Cette finale servira également de belle entre deux formations qui se connaissent par cœur et qui ont chacune dicté leur loi à domicile cette saison. En septembre, Vannes avait infligé une correction mémorable aux Aixois à la Rabine (40-7). Mais au match retour en mai, Provence Rugby avait pris sa revanche au terme d’un bras de fer étouffant (34-31).
La clé du match résidera sans doute dans la fraîcheur physique et la gestion stratégique. Vannes a bénéficié d’un jour de récupération supplémentaire et d’une demi-finale beaucoup moins énergivore sur le plan mental et physique. Provence Rugby, en revanche, a dû puiser dans ses réserves pour s’imposer à l’extérieur face à Colomiers. Mais la dynamique psychologique de Provence, portée par cette série de victoires et le sentiment de n’avoir rien à perdre, pourrait compenser la fatigue.
Le vainqueur décrochera le bouclier et la montée directe. Pour le vaincu, l’aventure ne sera pas totalement terminée puisqu’il bénéficiera d’une session de rattrapage lors d’un match de barrage d’accession face au 13ème de Top 14 : Perpignan. Mais à Ernest-Wallon, personne ne pensera au coup d’après : seul le titre compte.
























