Football, athlétisme, le stade Jean-Bouin a vu passer beaucoup de monde au fil des décennies. Mais dans l’imaginaire collectif, c’est bien le rugby qui reste associé à cette enceinte, forgée par les exploits du Stade Français jusqu’à sa métamorphose complète en 2013.
Naissance d’un stade, à l’ombre du Parc
L’histoire commence en 1883, autour d’une simple discussion au café Procope. Il faudra pourtant attendre 1928 pour voir sortir de terre, à l’ombre du Parc des Princes, un terrain baptisé du nom de Jean Bouin, coureur multiple recordman du monde, tombé pendant la Première Guerre mondiale.
Dès les années 1930, le lieu, partagé entre le Stade Français et le Racing Club de France, accueille déjà des derbies bouillants. Mais les deux clubs finissent par s’éloigner. L’un préfère la Faisanderie, l’autre Colombes. Délaissé au profit de son voisin, le Parc des Princes, Jean-Bouin tombe peu à peu en désuétude, avant de rouvrir après deux campagnes de travaux, dans les années 1970 puis en 1982.
Guazzini, l’homme qui a réveillé Jean-Bouin
Le vrai tournant intervient une dizaine d’années plus tard, avec l’arrivée aux commandes du Stade Français, bientôt fusionné avec le CASG, de Max Guazzini. Le dirigeant redonne vie au rugby parisien, et à son stade avec lui, en y installant notamment le Challenge Jean-Bouin, petite finale du championnat de France disputée jusqu’en 1994. Les grandes affiches se jouent alors ailleurs, au Stade de France ou au Parc des Princes, mais l’attachement des Soldats Roses à leur stade ne faiblit pas pour autant.
2013, la métamorphose
Après une première remise à niveau des vestiaires et des tribunes, la Ville de Paris lance en 2007 un projet bien plus ambitieux : une reconstruction complète, confiée à l’architecte Rudy Ricciotti, également auteur du MuCEM à Marseille. Le nouveau stade sort de terre en 2013, pour un coût avoisinant les 160 millions d’euros. Fermé, moderne, il propose près de 20 000 places, habillées d’une résille en béton fibré à ultra hautes performances, une prouesse technique saluée par l’American Concrete Institute. L’équipement mise aussi sur l’environnement, avec plus de 2 800 m² de panneaux photovoltaïques et un système de récupération des eaux de pluie pour l’arrosage de la pelouse.
Méconnaissable dans sa forme, Jean-Bouin a tout de même conservé son âme, qui continue de faire vibrer Paris au rythme du rugby.























