En réunissant le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), France Travail et le MEDEF sous une même bannière, les acteurs du sport, de l’emploi et de l’entreprise lancent officiellement la Fondation Insertion – Jeunes par le Sport. Abritée par la Fondation du Sport Français, cette alliance inédite affiche une ambition claire : accompagner 100 000 jeunes vers un emploi pérenne ou une formation qualifiante d’ici 2030.
Alors que plus d’un jeune Français sur huit âgé de 15 à 29 ans ne se trouve ni en emploi, ni en études, ni en formation (les fameux « NEET »), le paysage socio-économique fait face à un défi persistant : reconnecter une jeunesse parfois méfiante à l’égard des institutions traditionnelles avec le monde du travail.
Face au rebond du chômage chez les jeunes, la réponse ne viendra peut-être pas uniquement des cabinets de recrutement ou des salons d’orientation classiques, mais des vestiaires, des rings de boxe et des bases nautiques. C’est le constat fondateur formulé le 27 août 2026 lors de la Rencontre des Entrepreneurs de France (REF).
Pourquoi le sport réussit là où les canaux traditionnels échouent
« Là où certains jeunes ne poussent plus la porte des institutions, ils poussent encore celle d’un club sportif », résumait judicieusement Thibaut Guilluy, directeur général de France Travail, lors du lancement. Cette phrase résume à elle seule la philosophie du projet. Pour les jeunes les plus éloignés du marché du travail, les structures d’orientation peuvent sembler intimidantes ou déconnectées de leur réalité. Le club associatif du quartier ou de la commune reste souvent l’un des derniers lieux de confiance, de mixité et d’apprentissage des règles du jeu social.
Sur le terrain, les recruteurs ne cherchent pas des diplômes d’exception ou des lettres de motivation tirées à quatre épingles, mais ce que le monde de l’entreprise nomme désormais les soft skills (les compétences comportementales). Le sport développe naturellement des qualités indispensables en entreprise : le sens du collectif et de l’entraide, la discipline, la ponctualité et la rigueur, la résilience ou la capacité à rebondir après un échec et l’esprit d’initiative et le respect des règles.
Comme le soulignait également Patrick Martin, président du MEDEF : « Le sport révèle des qualités qu’un CV ou un parcours scolaire ne montrent pas toujours. »
Une méthode structurée autour de quatre piliers d’action
Pour dépasser le stade de la bonne intention et réussir le passage à l’échelle, la Fondation ne part pas de zéro. Elle s’appuie sur le succès d’initiatives testées en 2025 (comme « Du Stade vers l’Emploi », qui a affiché un taux de retour à l’emploi de 60 % dans les mois suivants) pour déployer une méthode concrète articulée en quatre piliers :
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Mobiliser le tissu économique : Sous l’impulsion du MEDEF, créer un réseau d’entreprises (TPE, PME comme grands groupes) engagées à recruter différemment, à valoriser les compétences acquises sur le terrain et à développer le tutorat en interne.
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Accompagner et professionnaliser les clubs : Offrir aux éducateurs et aux bénévoles les outils nécessaires pour structurer l’accompagnement social. Dès l’automne 2026, une première promotion de 50 clubs « Champions de l’insertion » bénéficiera d’un suivi renforcé.
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Créer un incubateur de parcours innovants : Autour de France Travail, concevoir des passerelles directes entre les besoins des entreprises locales et le profil des jeunes, qu’il s’agisse d’alternance, d’apprentissage ou d’emploi direct.
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Mesurer l’impact et labelliser : Garantir la crédibilité du dispositif par un label d’insertion reconnu et évaluer scientifiquement les retombées socio-économiques dans les territoires.
Des territoires déjà en mouvement : l’exemple sur le terrain
L’action ne relève pas de la théorie abstraite : elle prend déjà forme dans les clubs de voile, de rugby, de football ou de boxe à Roubaix, Rennes, Marseille et dans de nombreuses agglomérations.
À Choisy-le-Roi, par exemple, le club de voile local a mené durant le mois d’août 2026 un parcours d’insertion intensif de quatre semaines pour dix jeunes, en partenariat direct avec le groupe Bouygues. Des grands noms de l’économie comme Samsic, Acadomia, Accuracy ou ICAPE Group ont d’ores et déjà rejoint la démarche, démontrant que la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) trouve ici un levier d’action très concret.
Recruter autrement : l’appel lancé aux entreprises
L’initiative portée par la Fondation Insertion – Jeunes par le Sport marque un tournant dans la manière d’aborder l’emploi des jeunes en France. En brisant les codes traditionnels du recrutement, elle offre une chance égale à ceux dont le potentiel reste invisible sur un bout de papier.
Pour les entreprises, grandes ou petites, la porte est ouverte. S’engager dans ce réseau, ce n’est pas seulement faire une bonne action sociétale ; c’est aussi accéder à un vivier de talents motivés, combatifs et prêts à s’investir pleinement dans la vie collective de l’entreprise.

























