Le Comité d’organisation des Alpes françaises 2030 (COJOP) vient de soumettre officiellement au Comité International Olympique (CIO) son désir d’intégrer l’épreuve individuelle – masculine et féminine – de ski-alpinisme.
L’épreuve individuelle, l’ADN de la montagne
Jusqu’ici, le ski-alpinisme olympique se résumait à sa plus simple expression : le sprint et le relais mixte. Une vitrine nerveuse, certes, mais qui laissait sur leur faim les puristes d’une discipline ancrée dans le temps long. Pour Edgar Grospiron, champion olympique de ski de bosses en 1992 et figure de proue de la candidature française, il s’agit de redonner ses lettres de noblesse à cette pratique. Le ski-alpinisme ne triche pas. Il raconte l’effort brut, le dépassement de soi face aux éléments, et cette communion unique entre l’athlète et la nature sauvage.
En réclamant l’ajout de l’épreuve individuelle, le COJOP souhaite offrir au public le véritable visage de la discipline. Imaginez un départ en ligne massif, une meute de skieurs s’élançant à l’assaut de couloirs raides et de crêtes vertigineuses, alternant les montées à bout de souffle – skis aux pieds équipés de « peaux de phoque » ou fixés sur le sac à dos – et les descentes techniques à haute vitesse. C’est l’essence même, le « Graal » du skieur de montagne qui se jouerait ainsi sous les yeux du monde entier.
Le Briançonnais comme théâtre naturel
Pour accueillir cette démonstration de force et d’endurance, les organisateurs n’ont pas cherché à bâtir des infrastructures pharaoniques. C’est le Briançonnais, au cœur des Hautes-Alpes, qui a été désigné pour devenir le centre de gravité mondial de la discipline. Ce choix géographique fait pleinement sens. Le territoire dispose d’un relief exceptionnel et d’une culture du ski de randonnée profondément ancrée dans l’ADN local.
De plus, l’intégration de cette épreuve s’inscrit parfaitement dans la promesse de sobriété des Jeux de 2030. À l’heure où l’événement olympique doit impérativement repenser son modèle face au défi climatique, le ski-alpinisme fait figure d’élève modèle. Pas de pistes artificielles à modeler à grand renfort de pelleteuses, pas de structures lourdes à pérenniser : les athlètes épousent le relief existant. Le coût environnemental et financier est minime, ce qui résonne comme un argument de poids auprès des instances de Lausanne.
Le verdict attendu fin juin
Le dossier est désormais sur le bureau de la commission exécutive du CIO. Pour la France, les semaines à venir s’annoncent décisives, puisque la décision finale concernant les sports additionnels et les formats d’épreuves est attendue lors de la réunion des 24 et 25 juin prochains à Lausanne. Si le feu vert est accordé, le ski-alpinisme passera d’un statut de curiosité à celui de discipline reine des Jeux de 2030, portant le total à trois épreuves (sprint, relais mixte et individuel).


























