Dix-neuf mois après sa nomination à la tête du Comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver 2030, le champion olympique d’Albertville a donc tiré sa révérence. Un départ mûrement réfléchi qui met en lumière les réalités politiques, institutionnelles et humaines des grands événements sportifs.
« Il est temps de passer la main. » C’est par ces mots très clairs qu’Edgar Grospiron a choisi d’officialiser son départ de la présidence du COJOP Alpes 2030. Un texte empreint d’honnêteté et de recul, où le champion olympique d’Albertville 1992 ne cherche pas à esquiver les questions, mais pose un regard lucide sur le travail accompli depuis dix-neuf mois et sur la suite nécessaire du projet.
Une phase de fondation menée à terme
Pour expliquer sa démarche, Edgar Grospiron revient d’abord sur la mission qui lui avait été confiée dès les premières heures de la candidature. « Lorsque l’aventure a commencé, il s’agissait de poser les fondations d’un projet immense, de fédérer les énergies, de construire une vision et de mettre en place une organisation capable de porter l’ambition des Alpes françaises », rappelle-t-il dans un long texte publié sur sa page Linkedin.
Au terme d’un an et demi de travail intense, le constat est sans appel pour l’ancien skieur acrobatique : la mission de lancement est achevée. Les structures sont en place, le dialogue avec le Comité International Olympique (CIO) est stabilisé et la feuille de route stratégique est tracée. « Aujourd’hui, une première grande étape est franchie. Le COJOP est structuré, les équipes sont au travail, et le cap est fixé. Je suis très fier du travail accompli par l’ensemble des équipes et des partenaires qui se sont investis sans compter. »
Changer de posture pour la phase opérationnelle
Au-delà des bilans comptables et institutionnels, c’est une analyse fine du leadership qui motive sa décision. Grospiron souligne la différence essentielle entre la phase d’élan – qui exige inspiration, mobilisation et rassemblement – et la phase d’exécution opérationnelle qui s’ouvre désormais pour les Alpes 2030.
« Chaque étape d’un tel projet nécessite des compétences et des postures adaptées. Ce que j’ai apporté au projet dans sa phase d’émergence et de structuration doit aujourd’hui céder la place à une gouvernance axée sur la livraison opérationnelle et la gestion quotidienne de cette formidable machine », écrit-il avec pragmatisme.
Loin d’un départ au milieu du gué, il assume pleinement la responsabilité de ce calendrier : « Je ne me suis jamais dérobé face aux responsabilités qui m’ont été confiées. Mais savoir reconnaître le moment où son action est la plus utile, c’est aussi cela, faire preuve de responsabilité. »
L’engagement demeure pour l’avenir des Alpes
Si Edgar Grospiron quitte la présidence exécutive du Comité, il ne tourne pas définitivement la page olympique. En tant que membre fondateur du projet, il entend continuer à apporter sa contribution, sous une autre forme et avec un recul différent.
Dans son message de conclusion, il renouvelle sa confiance aux acteurs du territoire et aux équipes qui poursuivront l’aventure : « Je reste un supporter inconditionnel de ces Jeux. Je serai toujours présent pour accompagner, conseiller et soutenir celles et ceux qui auront la charge d’amener ce projet jusqu’à son apogée en 2030. Les Alpes françaises ont toutes les cartes en main pour offrir des Jeux remarquables, sobres et inspirants. »

























