À 17 ans, Elijah Sanogo poursuit son apprentissage loin des projecteurs de Roland-Garros. Né à Montmorency et grandi à Sarcelles, le jeune Français s’est engagé très tôt dans le tennis, jusqu’à intégrer l’académie All In de Jo-Wilfried Tsonga. Alors que son ami d’enfance Moïse Kouamé s’est illustré Porte d’Auteuil grâce à une wild-card, Sanogo avance à son rythme, entre ambitions assumées et patience nécessaire.
À Sarcelles, le sport règne en maître, avec une nette domination du football. Mais pour Elijah Sanogo, le choix s’est imposé naturellement. « J’ai essayé les deux, mais j’ai vite préféré le tennis. C’était plus ludique, plus naturel pour moi », confie-t-il. Un choix précoce, guidé avant tout par le plaisir du jeu, loin de toute stratégie de carrière.
C’est aussi dans ce contexte qu’il croise, très jeune, la route de Moïse Kouamé. « On s’est rencontrés au club de Sarcelles, j’avais 6 ans, lui 5. On jouait tout le temps ensemble, on était vraiment des copains. » Une relation simple, construite sur les courts, bien avant que leurs trajectoires ne se dessinent.
Grandir chacun à son rythme
Si leurs chemins se séparent un temps, ils se retrouvent ensuite à l’académie All In. Un environnement structurant, marqué aussi par la présence de Jo-Wilfried Tsonga, que Sanogo a pu croiser à plusieurs reprises. « On l’a vu plusieurs fois, il venait nous parler, nous conseiller », raconte-t-il.
Un cadre formateur que le jeune joueur décrit sans pression excessive. « On était jeunes, on jouait surtout pour le plaisir. Il n’y avait pas cette notion de concurrence permanente. »
Aujourd’hui, leurs trajectoires diffèrent. Tandis que Kouamé s’est révélé au grand public à Roland-Garros, Sanogo poursuit sa progression sur le circuit, sans se précipiter. « Il mérite ce qu’il fait. Moi, ce qu’il me manque, c’est du temps. »
Entre patience et ambition
Plus à l’aise sur terre battue, surface qui correspond à son jeu, Elijah Sanogo continue de construire son identité. Admiratif de Roger Federer pour « son élégance et son calme », il avance avec lucidité.
Son regard sur le très haut niveau reste mesuré. « Toute une carrière est difficile. Le début, le milieu, la fin. » Une manière de relativiser les trajectoires fulgurantes.
Dans les prochaines semaines, le Francilien enchaînera deux tournois ITF, à Bourg-en-Bresse (15 000 dollars) puis à Montauban (25 000 dollars), avec l’objectif d’accumuler expérience et points. « Comme chaque semaine, ce sont des opportunités. »
Loin de l’agitation de Roland-Garros, Elijah Sanogo avance sans brûler les étapes, avec une ambition claire : se faire une place, à sa manière.




























