Formé à Paris Saint-Germain avant de connaître le haut niveau en France et en Europe, Jean-Claude Bahebeck a choisi de revenir là où tout a commencé. À Persan depuis septembre 2025, où il encadre les U10 et intervient également auprès des U14, l’ancien attaquant transmet bien plus que des gestes techniques : il partage les valeurs qui ont façonné sa carrière. Entre passion, exigence et transmission, il raconte sa nouvelle vie d’éducateur.
Après avoir connu les grands stades, les compétitions européennes et le très haut niveau, qu’est-ce qui vous procure aujourd’hui le plus de satisfaction dans votre rôle d’éducateur ?
Ce qui me procure le plus de plaisir, c’est de voir les jeunes progresser. J’ai découvert à quel point leur évolution est différente d’un joueur à l’autre. À cet âge, il y a des périodes où certains sont en pleine confiance, tandis que d’autres traversent des moments plus difficiles. J’ai beaucoup observé et pris des notes tout au long de la saison. Cela m’a permis de constater que chacun avance à son rythme et que ces phases de progression font partie de leur apprentissage. C’est ce qui rend ce métier passionnant.
Quelques années après la fin de votre carrière, regardez-vous toujours le football avec le regard d’un ancien joueur ou davantage avec celui d’un éducateur ?
Aujourd’hui, je regarde les matches avec plusieurs regards à la fois : celui d’un ancien joueur, d’un éducateur et aussi d’un passionné de football. J’essaie surtout de garder du recul et d’analyser les aspects tactiques. Cette réflexion nourrit mon travail sur le terrain et m’aide à mieux préparer mes entraînements ou à gérer certaines situations en match. Le plaisir de regarder le football est toujours là, mais il s’accompagne désormais d’une véritable réflexion sur ce que j’aurais fait à la place des joueurs ou des entraîneurs.
Lorsqu’un jeune progresse grâce à vos conseils, ressentez-vous une émotion comparable à celle que vous viviez après un grand match ?
Oui, c’est une émotion très forte. Je me souviens d’un jeune joueur très timide avec qui nous avons surtout travaillé sur l’aspect mental. Je lui demandais simplement de jouer sans pression, comme dans la cour de récréation ou avec ses amis. En quelques mois, il s’est complètement libéré. Il osait davantage, tentait de nouvelles choses et avait retrouvé le plaisir de jouer. Voir cette transformation grâce aux échanges que nous avons eus m’a procuré une immense satisfaction, parfois même plus forte que certaines émotions vécues au cours de ma carrière professionnelle.
Après avoir connu le haut niveau, qu’est-ce qui vous a donné envie de revenir sur les terrains pour accompagner les plus jeunes ?
J’ai voulu transmettre ce que l’on m’a donné lorsque j’étais enfant. Bien sûr, il y a le football, mais il y a surtout les valeurs humaines que mes éducateurs m’ont inculquées. Ils m’ont appris le respect, l’humilité et le goût de l’effort. Aujourd’hui, j’ai envie de transmettre ces valeurs à mon tour. Accompagner les jeunes dans leur progression est un immense plaisir. On partage leurs joies, leurs déceptions et leurs émotions. Au fil de la saison, un véritable lien se crée avec eux. C’est d’ailleurs ce qui a rendu mon départ de cette catégorie particulièrement difficile.
Quel souvenir de votre carrière de joueur vous sert le plus aujourd’hui dans votre rôle d’éducateur ?
J’insiste beaucoup sur la capacité à surmonter les difficultés. Au cours d’une carrière, il y a forcément des périodes compliquées, des blessures, des défaites ou des moments de doute. C’est précisément dans ces instants qu’il faut persévérer. J’essaie de transmettre ce message aux jeunes, car beaucoup ont aujourd’hui tendance à abandonner plus rapidement. Je veux leur faire comprendre que l’échec fait partie de l’apprentissage et qu’il est indispensable pour progresser.
Avez-vous le sentiment de prolonger votre carrière à travers les jeunes que vous accompagnez ? Votre plus belle victoire est-elle désormais de les voir réussir ?
C’est un sentiment extraordinaire. Lorsque j’ai pris l’équipe en début de saison, les joueurs évoluaient davantage comme des individualités que comme un collectif. Au fil des mois, je les ai vus progresser techniquement, physiquement, mais surtout mentalement. Ils sont devenus une véritable équipe. Voir cette évolution est une immense fierté. C’est difficile à décrire avec des mots.
Était-il important pour vous de revenir dans le football amateur, là où tout a commencé ?
Oui, c’était une évidence. Je m’étais toujours promis de revenir à Persan, que ce soit comme joueur ou comme éducateur. Je voulais rendre au club une partie de ce qu’il m’avait apporté. Mes éducateurs de l’époque ont marqué ma vie avec les moyens dont ils disposaient. Ils m’ont transmis l’amour du football et des valeurs qui m’accompagnent encore aujourd’hui. Revenir ici, c’était une façon de poursuivre cet héritage et de transmettre à mon tour cette passion aux plus jeunes.




























