À Sarcelles, depuis fin mai, l’éducateur Ali Fofana a décidé de prendre du recul, après onze années au club, marqué par la montée en U19 National et un investissement sportif et social majeur, afin de préserver son équilibre et transmettre le projet aux générations suivantes.
C’est un tremblement de terre….sportif dans le Val d’Oise. Après onze saisons passées à l’AAS Sarcelles, Ali Fofana a décidé de prendre du recul. Artisan du retour du club au niveau national, l’éducateur tire un premier bilan lucide d’un cycle intense, entre progression sportive, mission sociale et fatigue accumulée.
La dernière saison en U19 National a laissé des traces. Physiquement, mentalement, moralement. « Oui, c’était éprouvant », reconnaît-il. Depuis plusieurs années, l’investissement est total, au point de nécessiter aujourd’hui une pause. Mais pas question de parler d’échec malgré une saison sportivement difficile. Pour Fofana, l’essentiel reste ailleurs : l’apprentissage permanent face à des centres de formation où certains joueurs côtoient déjà la Ligue 1 ou l’Europa League.
Rôle multiple auprès de la jeune génération
Sarcelles est une terre de jeu mais pas seulement. L’écart structurel est une réalité assumée. Peu d’infrastructures, deux terrains, une masse importante de licenciés, mais une capacité d’adaptation constante. Le club a su rester en U17 National puis franchir un cap en U19 National. « On ne joue pas dans la même cour que certains clubs, mais on fait avec, et on avance », résume-t-il sans détour.
Au-delà du terrain, Fofana décrit un rôle multiple, presque total. « Coach, psy, grand frère ». Dans un environnement où les jeunes viennent parfois de situations sociales complexes, l’éducateur a aussi endossé une autre casquette celle de l’accompagnement humain. Certains joueurs ont trouvé un cadre, d’autres une stabilité de vie. « Le foot et la vie sont liés, ici plus qu’ailleurs », insiste-t-il.
Cette forte dimension sociale, reste selon lui, sa plus grande fierté. Au-delà des montées et des résultats, c’est l’impact humain qui compte : des jeunes remis sur les rails, des trajectoires réorientées, parfois des vies transformées.
Sa relation forte Riyad Mahrez
Après plus de deux décennies dans le milieu, il a choisi de laisser la main. Un passage de relais réfléchi : « Il faut aussi laisser la place aux plus jeunes ». Le projet sarcellois, estime-t-il, ne doit pas dépendre d’une seule personne mais continuer à vivre grâce à ceux qui ont grandi dedans. Sarcelles reste et restera un grand club formateur.
L’histoire avec Riyad Mahrez illustre aussi ce parcours. Très jeune déjà, le futur international affichait une confiance hors norme : « Ne vous inquiétez pas, je serai pro ». Un souvenir qui symbolise, selon Fofana, la différence entre talent brut et travail constant, parfois oublié par les générations actuelles.
Sur la violence autour des terrains, il se veut pragmatique : phénomène ancien, mais désormais amplifié par les images et les réseaux. Une pression croissante que les plus jeunes peinent à gérer.
Quant à l’avenir, rien n’est fermé. Sarcelles ou ailleurs, même à un niveau modeste, Fofana ne ferme aucune porte et reste guidé par le projet : « Si je peux aider, je le ferai ». Sans certitude, mais avec une totale passion qui l’anime depuis toujours.





























