Les 6 et 7 juin dernier, le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) a accueilli, à la Maison du Sport français, la session de clôture de la troisième promotion du programme « Dirigeants de Demain ».
Les instances du sport français s’essoufflent-elles ? Pas si sûr. Le week-end des 6 et 7 juin 2026, une effervescence particulière filtrait au sein de la Maison du Sport français. Le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) y orchestrait la clôture de la troisième promotion de son programme phare : « Dirigeants de demain ».
Trente et un visages. Trente et une trajectoires bien décidées à bousculer les codes des fédérations. Le renouvellement générationnel n’est plus une promesse de campagne électorale. C’est un chantier en cours.
70 heures pour briser le plafond de verre
L’ambition du dispositif tient en une formule simple : armer la jeunesse pour qu’elle ose prendre les manettes. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Seize femmes et quinze hommes composent cette cohorte baptisée « Nodjialem Myaro », du nom de l’ancienne internationale de handball devenue présidente de ligue. Une parité presque chirurgicale. À 28 ans de moyenne d’âge, ces profils incarnent une diversité rare, représentant pas moins de 24 disciplines sportives différentes.
Treize mois durant, ces jeunes bénévoles, arbitres et athlètes de haut niveau ont ingéré 70 heures de formation. Pas de grands discours théoriques hors sol, mais du concret. Des modules ciselés pour comprendre les arcanes de la gouvernance, décrypter les modèles économiques du sport fédéré ou appréhender la gestion des crises et la prise de parole en public. Une véritable boîte à outils. Plus de cinquante intervenants se sont succédé pour transmettre leurs secrets de fabrication. Une transmission directe, de pair à compagnon.
Masterclass, crises simulées et grand bain
Pour ce dernier acte à Paris, le CNOSF n’a pas fait les choses à moitié. Les lauréats ont partagé une masterclass intense avec Pierre Trochet, l’actuel président de la Fédération Internationale de Football Américain. Comment pilote-t-on une structure mondiale quand on est soi-même issu de cette nouvelle génération ? Les questions ont fusé. Directes. Sans filtre.
Les ateliers pratiques qui ont suivi ont plongé les participants dans le feu de l’action. Scénarios de crise, éléments de langage sous pression, gestion de l’imprévu. Le sport de haut niveau exige des réflexes affûtés ; sa gouvernance aussi. La session s’est prolongée par une immersion au Golf National de Saint-Quentin-en-Yvelines, histoire de toucher du doigt les réalités structurelles d’un grand site fédéral.
Le bénévolat de demain sera audacieux ou ne sera pas
Marie-Françoise Potereau, vice-présidente du CNOSF chargée du bénévolat et de la féminisation, a remis en main propre les précieux certificats de participation. Un moment suspendu, mais surtout un point de départ. Le mouvement sportif français traverse une zone de turbulences éthiques et financières qui impose de repenser le rôle du dirigeant. Ces 31 diplômés n’arrivent pas en terrain inconnu. Ils intègrent un réseau solide, prêts à infuser de nouvelles méthodes managériales dans leurs ligues et comités respectifs.
Le management pyramidal a vécu. Place à une approche plus horizontale, plus éthique, résolument connectée aux enjeux sociétaux actuels. Ces jeunes dirigeants ne demandent pas qu’on leur fasse une place autour de la table. Ils possèdent désormais la légitimité, le réseau et les compétences pour s’y asseoir de plein droit. Reste à savoir à quel point les anciennes structures accepteront de bousculer leurs habitudes pour laisser passer ce vent de fraîcheur.
































