La voile de compétition, une filière dynamique en Bretagne

16 bateaux au départ du Vendée Globe 2020 ont été construits en Bretagne. Mais que représente exactement la filière de la voile de compétition dans cette région ? Carole Bourlon, responsable du programme Eurolarge Innovation, porté par l’agence Bretagne Développement Innovation, répond.

De quelle manière l’agence BDI contribue-t-elle au développement du secteur de la voile de compétition ?

Bretagne Développement Innovation est une agence économique et d’innovation qui agit selon des priorités régionales pour renforcer l’attractivité du territoire, anticiper et accélérer les transitions de l’économie régionale sur cinq grandes thématiques, dont les technologies de la voile de compétition. Depuis 2017, BDI porte Eurolarge Innovation (cluster d’entreprises créé en 2005),  le programme d’accompagnement des entreprises bretonnes impliquées dans la filière de la voile de compétition de la Bretagne Sailing Valley®. Notre but est de réunir les compétences pour faire face ensemble aux défis de la filière comme l’émergence d’innovations durables, l’ouverture à l’international et la diffusion des technologies dans d’autres secteurs industriels. La voile est un sport phare de la Bretagne et contribue à faire rayonner le territoire. Nous travaillons au quotidien pour mettre en lumière les entreprises du territoire.

Quel est le domaine concerné exactement ?

Le pôle breton concentre la plupart des compétences françaises de la course au large et regroupe l’intégralité des compétences nautiques organisées en une filière intégrée et complète. 28 métiers ont été recensés. Le programme Eurolarge Innovation s’adresse plus particulièrement aux secteurs suivants : architecture, calcul structurel et construction navale, fabrication de gréements et appendices, équipements de sécurité, équipements électroniques embarqués, accastillage, gréement, voilerie, revêtements de coque, numérique et système d’information…

 

 

Que représente le poids économique de la voile de compétition en Bretagne ?

En tout, 210 entreprises travaillent dans l’industrie, le commerce et le service de la voile de compétition. On estime le chiffre d’affaires réalisé uniquement dans ce secteur à 83,5 millions d’euros en 2019. Sur 2 355 emplois créés dans ses entreprises, 980 salariés travaillent exclusivement dans la voile de compétition. À noter qu’en 2018, 200 écuries et projets sportifs étaient actifs sur le territoire, soit 320 emplois concernés. Entre 2018 et 2019, une étude récente réalisée par BDI pour Eurolarge Innovation montre une augmentation du chiffre d’affaires de 16%. En revanche, une baisse de 20% est anticipée pour 2020 à cause de l’effet Covid.

Le Vendée Globe a débuté ce dimanche. Plusieurs bateaux engagés ont donc été imaginés et fabriqués en Bretagne ?

18 des 33 bateaux engagés ont été conçus par des entreprises bretonnes et 16 ont été construits sur notre territoire. On peut citer par exemple le bateau Charal de Jérémie Beyou (photo), lui-même breton, conçu par les architectes navals de VPLP design, dont le siège est à Vannes, et fabriqué par le chantier CDK Technologies implanté à Lorient (Morbihan) et Port La Forêt (Finistère). Au-delà des IMOCA pour le Vendée Globe, d’autres catégories sont construites en Bretagne : Ultims, Minis ou Class40 par exemple.

Avez-vous profité du Vendée Globe pour valoriser la Bretagne Sailing Valley® ?

Pendant le mois d’octobre, nous avons organisé cinq webinaires sur différentes thématiques, notamment autour de la technologie, pour permettre à la filière bretonne de montrer ses savoir-faire à l’extérieur du territoire. Les webinaires étaient sous-titrés en anglais avec le but d’attirer des sociétés étrangères et leur donner envie de faire du business avec la Bretagne Sailing Valley ®. Cette action avait surtout pour but de les faire rayonner.

Pensez-vous que la crise sanitaire actuelle va mettre un frein à l’activité de la voile de compétition ?

Il s’agit d’un problème économique global qui ne s’arrête pas à la filière et à la Bretagne. Les entreprises devront faire face comme les autres. Certaines diversifient leurs activités pour sécuriser leur chiffre d’affaires.

Propos recueillis par Leslie Mucret
Crédit photo : François Van Malleghem
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