À quelques jours du championnat de France des poids welters, le coach de Lucas Migotti revient sur la progression de son boxeur, sa préparation et les clés du combat face à Christophe Mbori. Un regard précis sur un jeune talent en pleine construction, à l’aube d’un rendez-vous majeur.
Comment analysez-vous l’évolution de Lucas Migotti depuis ses débuts, notamment entre son parcours amateur et son passage chez les professionnels ?
Lucas il est arrivé à la boxe, il n’avait pas tout à fait 15 ans et ça fait 6 ans que je le forme. Son parcours amateur, il était très très bon. Quand je l’ai pris en main, je voyais un garçon qui était très physique, donc j’ai fabriqué une boxe plus professionnelle qu’amateur. Et sur tous ses combats, il n’en a perdu qu’un et encore, c’est une finale du championnat de France où il y a eu un match nul, préférentiel à l’adversaire. Côté professionnel, à 19 ans, il gagne la ceinture WBF intercontinentale.
Quel type de boxeur est-il aujourd’hui sur le ring ?
C’est un petit guerrier qui est de plus en plus réfléchi, qui prépare ce qu’il fait, qui commence à bien analyser la boxe, parce que jusqu’à maintenant, il était quand même assez fougueux. Il cherchait beaucoup à faire mal et donc il ne construisait pas trop. Donc son tempérament, je suis en train de le canaliser comme il faut. Il a fait d’énormes progrès au niveau technique et au niveau stratégique pendant les combats.
Comment avez-vous structuré sa préparation pour ce championnat de France ?
On a construit en plusieurs phases. On a fait d’abord une phase de préparation physique. Ensuite, on a fait une phase de préparation tactique et technique. On va souvent à Blagnac mettre les gants avec des professionnels. Et il s’entraîne deux fois par jour avec moi, tous les jours, sauf le dimanche. Ça fait bien deux mois et demi, trois mois qu’on prépare ce combat.
Comment trouvez-vous son implication et sa progression durant cette préparation ?
Il n’a jamais été autant professionnel dans sa préparation. Il a une envie folle, énorme, pour prendre ce titre. Parce que ça va lui ouvrir des portes par rapport à PALATINA et Frank Nicotra. S’il gagne, ils s’occuperont de lui en tant que manager.
Quel regard portez-vous sur Christophe Mbori, son adversaire ?
C’est un garçon que j’ai découvert quand il a boxé Lucas au mois d’août en 2025. Il est très sympathique, comme son entraîneur. Il n’y a aucune animosité entre nous. Après, c’est la boxe. Concernant le combat, oui, il y a eu des coups derrière la tête, mais c’est fait. Pour moi, le combat, c’est le combat qui arrive. Le combat passé, on s’en sert pour construire le nouveau combat.
Comment travaillez-vous la dimension mentale avec lui à l’approche d’un tel rendez-vous ?
On a une relation qui est énorme avec Lucas. En tant que coach, j’ai fait des championnats de France, des championnats du monde, des championnats d’Europe, donc j’ai l’habitude de gérer cela. De mon côté, je suis très lucide dans le coin, donc il n’y a aucun souci. Et Lucas, pour l’instant, il a fait trois championnats de France amateurs, c’était très bien. Il gère très bien les émotions. Je dirais d’ailleurs que c’est sa motivation qui le porte. Après, il y a des moments où il faut que je le freine un petit peu, parce qu’il est quand même assez fougueux sur sa boxe. On a beaucoup travaillé là-dessus, psychologiquement, c’est très important.
Que représenterait ce combat dans sa trajectoire ?
Ça représenterait une très grosse marche en avant. Ce serait magnifique parce qu’à tout juste 21 ans, remporter un titre national, c’est magnifique. Et ensuite, sur une perspective d’une carrière, en faisant très attention, en allant doucement, parce qu’il est jeune, mais avec un promoteur que je connais très bien, qui est pour moi le meilleur promoteur qu’on ait en France, on pourra discuter et mettre les choses en place.





























