Le Congrès de la Fédération Française de Rugby (FFR), qui s’est tenu les 3 et 4 juillet 2026 à Brest, marque un tournant historique. Entre des finances assainies avec un an d’avance et les performances au rendez-vous des équipes nationales, la gouvernance actuelle fait un pari fort : consolider l’élite en choyant la base.
Un redressement financier record et anticipé
Qui aurait prédit une telle trajectoire il y a encore deux ans ? Le budget prévisionnel de la saison 2025-2026 tablait initialement sur un déficit d’exploitation de 6,9 millions d’euros. Finalement, la FFR affiche une santé insolente avec un résultat d’exploitation positif de 2,6 millions d’euros et un résultat net exceptionnel de 12,4 millions d’euros.
Ce tour de force budgétaire ne doit rien au hasard. Sous l’impulsion de Florian Grill et de la Trésorière Générale Clotilde Delbos, la fédération a mené un plan de sobriété exigeant : optimisation des recettes commerciales et hausse des partenariats, renégociation stratégique des contrats majeurs, notamment pour l’exploitation du Stade de France et les droits du Tournoi des Six Nations, mais aussi sanctuarisation des revenus liés au fonds CVC, désormais fléchés vers la consolidation des fonds propres plutôt que le remboursement des dettes.
Le plus remarquable reste que cette rigueur n’a pas impacté le portefeuille des licenciés. Malgré une inflation persistante, le prix des licences est resté gelé, tandis que 3 millions d’euros supplémentaires ont été injectés pour soutenir les comités départementaux et les Ligues régionales. Le budget prévisionnel 2026-2027 s’inscrit dans cette lignée vertueuse, approuvé à 90,89 % par les clubs.
Le XV de France et la formation au sommet de leur art
Sur le rectangle vert, la saison 2025-2026 restera gravée dans les annales. Le rayonnement international du rugby français n’a probablement jamais été aussi fort, porté par toutes les catégories.
Les moins de 20 ans (U20) et le XV de France masculin ont réalisé un doublé historique dans le Tournoi des Six Nations sur les éditions 2025 et 2026, agrémenté d’un Grand Chelem retentissant pour les Bleuets. À sept, les tricolores ont également brillé en décrochant l’étape du Bordeaux Sevens, un exploit inédit sur le sol français depuis plus de deux décennies. Chez les féminines, le XV de France entame une reconstruction pleine de promesses, tandis que les U18 ont survolé le Festival des Six Nations.
Cette hégémonie sportive engendre un engouement populaire sans précédent. Le match France-Angleterre des Six Nations féminin a réuni 35 000 spectateurs en tribune (contre 28 000 deux ans plus tôt), confirmant que l’attractivité du rugby dépasse désormais les clivages traditionnels.
4 millions d’euros injectés dans le rugby amateur
La croissance globale se traduit aussi dans les chiffres d’adhésion présentés par Sylvain Deroeux, Secrétaire Général. La FFR enregistre désormais 369 311 licenciés (+1,5 % sur un an). La vitalité des écoles de rugby (40,4 % des effectifs) et le boom du rugby féminin (+3 820 pratiquantes) prouvent que le vivier français se porte bien.
Pour répondre aux difficultés du monde associatif (hausse des coûts logistiques, baisse des aides des collectivités locales), la FFR déploie un plan de soutien massif structuré autour de trois piliers.
Une enveloppe de 4 millions d’euros supplémentaires (issue des 13 millions d’euros sécurisés par la nouvelle convention FFR-LNR) va abonder le fonds de dotation fédéral. Ces ressources cibleront prioritairement les clubs investis dans la formation, la féminisation et la structuration de leurs équipes d’éducateurs via le dispositif Label Club Engagé.
Pour faire gagner du temps à ceux qui font vivre les clubs au quotidien, la FFR accélère la digitalisation des outils terrain. Le déploiement de la feuille de match électronique, de l’application Ruck, de l’espace Mon Club House et du futur outil Mon Coach Assistant vise à simplifier la gestion administrative et à réduire les coûts fixes des structures amateurs.
Fidèle à son statut de Fédération à mission, la FFR mise sur la prévention. Le protège-dents devient obligatoire afin de limiter drastiquement les risques de commotions cérébrales. En parallèle, des initiatives sociétales d’envergure continuent de lier le sport à la cité, à l’image du programme Du Stade vers l’emploi mené avec France Travail, qui affiche un taux exceptionnel de 60 % de promesses d’embauche lors de ses forums.
Cap sur Toulon pour le Congrès 2027
Avec un rapport moral adopté à 91,96 % et une participation aux votes en hausse de près de 30 %, la gouvernance actuelle valide sa feuille de route auprès des territoires. Le cap est fixé, les finances permettent d’envisager l’avenir sereinement, et l’accent reste mis sur l’utilité sociale du rugby.
Le grand rendez-vous est d’ores et deux déjà pris pour l’année prochaine : c’est la ville de Toulon, terre de passion et bastion historique du Top 14, qui accueillera l’édition 2027 du Congrès de la FFR.





























