À 27 ans, Bastien Martinez s’apprête à franchir un cap. Après un parcours amateur dense et trois années formatrices à New York, le boxeur français fera son premier combat professionnel le 9 mai lors de la soirée Palatina 7 à Cherbourg-en-Cotentin. Un moment attendu, qu’il aborde avec lucidité et ambition.
Pouvez-vous revenir sur votre parcours et votre histoire avec la boxe ?
Je fais de la boxe depuis que j’ai 18 ans. Pour être plus précis, j’ai commencé vers 16 ans, mais au début, mes parents ne voulaient pas que je pratique, donc j’ai vraiment commencé à m’entraîner tous les jours à partir de 18 ans. Au total en amateur j’ai une soixantaine de combats, pour sûrement une quarantaine de victoires. J’ai été champion de France universitaire. J’ai été, je crois, deux fois champion d’Île-de-France. J’ai participé plusieurs fois aux championnats de France, mais au maximum, j’ai été en quart de finale. Après, j’ai été médaillé de bronze, je crois, à l’Eindhoven Box Cup aux Pays-Bas. Ensuite, je suis parti m’installer à Nice pour continuer ma carrière, parce que j’avais des opportunités là-bas en amateur. Ça m’a permis de boxer souvent en Italie, donc j’ai pas mal de combats internationaux. Puis après, en 2022, je suis parti m’installer à New York grâce à Boxing Culture.
Qu’est-ce que ces trois années à New York vous ont apporté ?
Ça m’a énormément apporté. Sur le plan sportif, ma boxe a totalement changé. Et après, sur le plan personnel, je me suis retrouvé trois ans seul là-bas, donc sans ma famille, sans personne. Ça m’a énormément fait prendre en maturité. Et au-delà de devenir un autre boxeur, je pense que je suis devenu, pas un nouvel homme, mais un homme. Parce que je pense que j’étais encore un enfant au moment où je suis parti.
Après votre expérience aux États-Unis, pourquoi avoir fait le choix de revenir en France ?
Je suis resté à peu près trois ans là-bas. J’ai dû faire une trentaine de combats. J’ai boxé dans les meilleures compétitions du pays. J’ai été champion de New York, j’ai été vice-champion des Golden Gloves, donc j’ai eu la chance de boxer au Madison Square Garden. Après, j’ai fait le point sur ma carrière. Je voulais passer professionnel et j’aurais pu passer pro là-bas, mais c’était le meilleur choix de rentrer en France avec avec le storytelling que j’avais et la petite notoriété que j’avais commencé à avoir grâce à New York. Là, je reviens dans mon pays, avec toute l’histoire que j’ai derrière moi. Je pense que c’était la meilleure option et la meilleure chose à faire de passer professionnel en France.
À quel moment vous êtes-vous senti prêt à passer professionnel ?
Je pense que c’était il y a un an. Je me suis rendu compte que j’en avais marre de l’amateur. Je savais très bien que ce n’était pas une boxe qui me convenait, mais il fallait passer par là. Et moi, j’étais très impatient, je voulais déjà passer professionnel vers 2020,mais je n’étais clairement pas prêt. Je pense qu’avoir enchaîné les combats à New York, parce que 30 combats en 3 ans, c’est quand même beaucoup, ça m’a fait prendre énormément en maturité. Donc c’est vers la fin de New York, que je me suis dit : je suis prêt, je le sais, je le sens.
Que représente pour vous ce retour en France aujourd’hui ?
Je trouve ça incroyable parce que justement, la dernière fois que j’ai boxé en France, je crois que c’était en 2021. Et là, j’ai vraiment qu’une hâte, c’est revenir en France et montrer déjà à ma famille, à mes amis et aussi à mon public, les gens qui me connaissent, leur montrer ma boxe, mais en vrai. Donc, je suis vraiment content, c’est la suite logique de ma carrière. Ça fait des années que j’attends ça. Je suis d’autant plus content que ce soit dans une organisation comme Palatina. De ce que je vois aujourd’hui en France, c’est une des plus grosses, si ce n’est la plus grosse organisation professionnelle. Ils font vraiment des galas de boxe à la hauteur des boxeurs et ils les respectent. C’est vraiment un honneur de boxer sur une carte comme ça.
Dans quel état d’esprit abordez-vous ce rendez-vous ?
Très bien. La préparation s’est super bien passée. Là, je sens que j’ai un peu besoin de repos parce qu’on arrive sur la fin de préparation. Et je n’ai qu’une hâte, c’est de monter dans le ring et faire mon travail.
Quels sont vos objectifs pour ce combat ?
Ce serait d’avoir une première bonne expérience. Je vais faire un 6 rounds et j’aimerais bien aller au bout, pas chercher le KO dès les premiers rounds. J’aimerais bien avoir vraiment un long combat. J’aimerais me servir de ce combat pour vraiment avoir les premières sensations, des bonnes sensations et que ça me serve par la suite, pour mes prochains combats.
Qu’avez-vous envie de montrer au public pour ces débuts ?
Mon expérience. Montrer que je suis intelligent sur le ring, que je ne vais pas laguer inutilement, que je mets des coups mais que je n’en prends pas.
Que représenterait une victoire le 9 mai ?
Ça représenterait la suite logique, l’aboutissement de toute la préparation, de tout le sérieux que j’ai pu mettre dedans, de toute l’implication. C’est aussi un combat important pour moi parce qu’il faut que je montre à M.Nicotra de Palatina qu’il a plutôt intérêt à miser sur moi, parce qu’il va voir ma boxe et il va comprendre. Et normalement, à la fin de ce combat, vous pourrez me revoir, par la suite, sur les événements Palatina.




























