Parti de Calenzana à l’aube, Aurélien Dunand-Pallaz a rejoint Conca en un temps phénoménal de 27 heures et 29 minutes. Il rabote plus de deux heures sur la marque établie cet été par François D’Haene.
Il aura fallu à peine deux mois pour que le trône du Sentier de Grande Randonnée le plus exigeant d’Europe ne change à nouveau de mains. Alors que François D’Haene pensait avoir inscrit une marque durable en juillet avec un chrono impressionnant de 29 heures et 46 minutes, Aurélien Dunand-Pallaz vient d’écrire une nouvelle page de la course en montagne. Sur les 160 kilomètres et 12 000 mètres de dénivelé positif d’un parcours minéral réputé sans pitié, le Haut-Savoyard a transformé une simple tentative de record en une véritable démonstration de force physique et mentale.
Une régularité métronimique de Calenzana à Conca
Dès les premières pentes au départ de Calenzana à 5 heures du matin, le ton était donné. Connaissant la technicité extrême du Nord de l’île, où chaque appui manqué dans le rocher peut coûter cher, l’athlète a imprimé une cadence élevée pour devancer rapidement ses temps de passage prévisionnels. À la mi-parcours, au niveau du col de Vizzavona, son avance était déjà colossale. Loin de s’effondrer durant la traversée nocturne du Sud, réputée plus roulante mais physiquement usante après de longues heures d’effort, le Savoyard a su conserver sa lucidité et sa foulée.
Cette performance spectaculaire s’appuie sur une préparation minutieuse spécifiquement pensée pour le granit corse. Déjà victorieux de la Hardrock 100 et de la Diagonale des Fous par le passé, le coureur avait orienté son bloc d’entraînement estival vers des terrains à forte technicité, accumulant les kilomètres sur des pierres instables pour aguerrir ses chevilles et parfaire sa résistance musculaire.
L’art du travail d’équipe en ultra-endurance
Si la foulée appartient à l’athlète, une telle aventure individuelle reste indissociable d’un collectif parfaitement rodé. Tout au long de la traversée, une équipe d’assistants et de partenaires de foulée s’est relayée pour assurer le ravitaillement, la sécurité et l’allure sur les sections clés. Chaque arrêt dans les refuges a été réduit au strict minimum, transformant la logistique de course en une mécanique de précision où le moindre détail comptait.
Les clés d’une performance historique
La réussite de cet exploit repose sur une combinaison de facteurs parfaitement maîtrisés. L’entraînement spécifique sur le terrain cassant a permis au coureur d’encaisser les descentes sans entamer son capital athlétique. Le choix stratégique d’une fenêtre météo de fin de saison a également offert des températures clémentes, bien plus propices à l’effort prolongé que la chaleur étouffante du cœur de l’été. Enfin, une gestion nutritionnelle impeccable a préservé l’athlète de tout trou d’air, garantissant une régularité sans faille de la première à la dernière minute.






















