À l’occasion du 25ᵉ anniversaire de l’Open Paratennis du Loiret, le tournoi orléanais franchit un cap historique en intégrant la catégorie WC 500, le troisième échelon mondial. Tableau d’exception, hausse du prize money et retombées sur le territoire : Stéphane Goudou, organisateur de l’événement, détaille les enjeux de cette édition 2026 qui fait entrer la compétition dans une nouvelle dimension.
L’Open Paratennis du Loiret devient un tournoi WC 500, le troisième échelon mondial. Quel est l’impact de ce changement de catégorie ?
Le passage en WC 500 nous offre plus de souplesse pour l’accueil des joueurs. Dans notre ancienne catégorie, ils étaient limités à deux tournois par an. Désormais, il n’y a plus de restriction : ils peuvent disputer autant de tournois WC 500 qu’ils le souhaitent, ce qui facilite grandement leur venue.
Cette montée en gamme nous permet aussi d’attirer un plateau plus dense. Le classement international prend désormais en compte les 12 meilleurs résultats annuels des joueurs, contre 9 auparavant. Les WC 500 ont donc plus de poids dans leur bilan. Dans la hiérarchie mondiale, il y a les quatre Grand Chelem, environ huit WC 1000, puis les WC 500. Seuls les tout meilleurs joueurs du monde — ceux qui remportent tout — cumulent déjà leurs 12 meilleurs résultats entre les Grand Chelem et les WC 1000. Pour tous les autres, la catégorie WC 500 devient un rendez-vous indispensable. Cela augmente considérablement nos chances de recevoir l’élite mondiale.
Est-ce le cas cette année ? Quel est le niveau du plateau ?
Les inscriptions se clôturent le 16 septembre, mais nous comptons déjà sept joueurs du top 10 mondial chez les hommes : à l’exception des numéros 1, 2 et 3, tous les joueurs rangés de la 4ᵉ à la 10ᵉ place sont présents. Chez les femmes comme dans la catégorie Quad, nous accueillons 5 joueuses et joueurs du top 10. L’attractivité du tournoi monte nettement en puissance : l’an dernier, nous n’avions que quatre membres du top 10 masculin, deux chez les femmes et trois en Quad.
Qu’est-ce que ce changement de catégorie implique concrètement sur le plan de l’organisation ?
Sur le plan organisationnel, cela change très peu de choses. Le nombre de participants augmente légèrement, passant de 66 à 72 joueurs, répartis dans trois tableaux principaux de 24 qui sont déjà complets à ce jour.
Même si le niveau d’exigence n’imposait pas d’augmenter le prize money minimum, nous avons choisi de le porter à 37 000 dollars, contre 32 000 auparavant. L’organisation gagne même en fluidité : nous avons supprimé le second tableau masculin ainsi que le tableau de consolante pour nous concentrer uniquement sur des tableaux principaux. La gestion est plus simple, même si le volume global de matchs progresse — le tableau Quad passe de 8 à 24 joueurs et le tableau féminin de 16 à 24 joueuses, ce qui génère également un peu plus de doubles.
Cette montée en puissance est-elle le résultat de votre propre volonté ou d’une concertation avec vos partenaires publics et privés ?
C’est avant tout l’ambition de notre équipe d’organisation : nous souhaitons offrir un spectacle de grande qualité au public orléanais et faire venir un maximum de champions. Le contexte sportif sur la métropole est très porteur, avec une forte concurrence de clubs évoluant au plus haut niveau, notamment en basket. C’était le moment idéal pour passer un cap.
Au-delà du spectacle, accueillir les meilleurs mondiaux répond à un objectif plus fondamental : permettre aux jeunes en situation de handicap qui découvrent le handisport de s’identifier directement à des athlètes handisport de haut niveau, et pas seulement à des sportifs valides.
Pour cette édition, quelles sont les actions de sensibilisation prévues ? Le programme monte-t-il aussi en puissance ?
Nous maintenons le format existant car nous accueillons déjà 800 à 900 jeunes sur la semaine, ce qui correspond à la capacité maximale de nos infrastructures. Cette année, le tournoi ayant lieu la semaine précédant les vacances scolaires, nous accueillerons une majorité de groupes scolaires, alors que l’an dernier nous travaillions davantage avec les centres de loisirs.
Recevoir près de 150 jeunes par jour du mardi au vendredi représente un rythme soutenu. Le samedi est quant à lui réservé aux finales. Leur parcours s’articule autour de quatre temps forts : l’observation des matchs, des temps d’échange avec les athlètes , des ateliers de mise en situation sportive et de sensibilisation au handicap et un atelier de prévention routière axé sur le port de la ceinture de sécurité.
Quel a été l’impact des Jeux de Paris sur le développement et la notoriété du tournoi ?
Les Jeux ont agi comme un accélérateur en amont de l’événement, mais cet effet d’entraînement s’est aujourd’hui estompé. La réussite de chaque édition repose à présent sur la qualité du travail que nous menons auprès de nos partenaires.
Nous avons également développé un volet professionnel dédié à l’emploi des personnes en situation de handicap. En partenariat avec l’Agefiph et France Travail, nous organisons notre propre forum de recrutement sur site, permettant à nos entreprises partenaires de recruter gratuitement. Le tournoi associe ainsi sensibilisation de la jeunesse, promotion du handisport et insertion professionnelle.
Il est souvent difficile de fidéliser les bénévoles. Arrivez-vous à vous appuyer sur une équipe stable d’une année sur l’autre ?
Nous n’avons aucun problème de recrutement, au point de devoir parfois refuser du monde. Nous tenons à limiter notre équipe à 76 bénévoles pour garantir à chacun une véritable mission.
L’organisation s’appuie sur une dizaine de personnes mobilisées toute l’année au sein du comité d’organisation, rejointes par plus de 60 bénévoles pendant la semaine de compétition. Ce format annuel demande un engagement plus ponctuel qu’un club sportif classique. De plus, nous associons les bénévoles aux soirées partenaires, ce qui renforce les liens et explique leur fidélité d’une édition à l’autre.
Que représente ce 25ᵉ anniversaire pour vous ? Le temps passe-t-il plus vite avec l’ampleur prise par l’événement ?
À l’époque où le tournoi était uniquement national, la préparation était moins dense. Aujourd’hui, à peine une édition s’achève — parfois même avant la fin de la semaine — que la suivante est déjà lancée. Mais c’est un défi passionnant.
Sur le plan sportif, nous atteignons désormais notre plafond : en catégorie WC 500, seuls 12 tournois dans le monde figurent au-dessus de nous. Les Grand Chelem restent hors d’atteinte en raison des exigences d’infrastructures. Notre enjeu est donc de consolider ce statut tout en continuant d’améliorer les conditions d’accueil. Cette année, nous avons notamment repensé l’espace des joueurs en intégrant une salle d’échauffement et d’entraînement dédiée.






















