La danse comme moyen d’inclusion au collège Marcelle Pardé de Dijon

Depuis la rentrée scolaire de septembre dernier, des élèves de la classe ULIS et de la section UNSS de danse du collège Marcelle Pardé de Dijon préparent ensemble une chorégraphie grâce au projet inclusif “À part ça, je vais bien”.

Chaque année, la classe ULIS (Unité localisée pour l’inclusion scolaire) du collège Marcelle Pardé de Dijon monte des projets qui permettent aux élèves présentant des troubles des fonctions cognitives ou mentales de se mélanger aux autres enfants de l’établissement. De son côté, Alexandre Bouchez, professeur d’EPS, souhaitait mettre en place la pratique du sport partagé de l’UNSS pour permettre à des jeunes en situation de handicap de monter une chorégraphie avec des adolescents de classes ordinaires. « Il a pensé à ma classe ULIS. Ainsi, nous portons ensemble ce projet de danse inclusive appelé “À part ça, je vais bien” », explique Laetitia Lambert, enseignante-coordonnatrice ULIS au collège Marcelle Pardé.

 

« La notion de handicap ne se voit pas »

Le projet a été lancé dès l’année scolaire 2019-2020, mais il a été arrêté en raison de la pandémie de Covid-19. Il est revenu à la rentrée de septembre. Pendant une heure tous les jeudis, quinze élèves, dix volontaires de la classe ULIS et cinq de la section danse UNSS, pratiquent ensemble. « Les jeunes de classes ordinaires, tous volontaires, ont un rôle de tuteur », explique Laetitia Lambert, qui supervise les séances avec Alexandre Bouchez. Cette équipe de “danse partagée” prépare une chorégraphie collective qui, en plus d’un art, promeut le respect, la solidarité et l’engagement. La danse apporte des compétences de coordination des mouvements, d’écoute, de concentration et de travail ensemble à ces enfants qui présentent des troubles mentaux, mais pour l’enseignante, l’essentiel est ailleurs. « Quand ils dansent la notion de handicap ne se voit pas. Ces élèves n’ont plus l’étiquette ULIS, ils sont dans un environnement où ils sont capables d’évoluer comme les autres », souligne-t-elle. « Ce projet permet à ces enfants de faire remonter leur confiance en soi. Les jeunes qui sont dans cette classe ont des problèmes d’image, ils ont besoin d’être mis en avant. Pour eux, ce n’est pas facile de danser devant leurs camarades, alors devant des spectateurs cela semble inaccessible. Depuis le début des séances ils ont vu leurs progrès et qu’ils avaient les compétences pour se produire en public. C’est un moyen pour eux de se sentir plus inclus, plus importants. »

 

 

Arriver à se produire sur scène

Les établissements scolaires sont ouverts, mais la pandémie de Covid-19 sévit toujours. « Depuis le retour des vacances scolaires de la Toussaint, le port du masque est obligatoire », rappelle Laetitia Lambert. « Cela affecte le travail alors que les expressions faciales jouent un rôle. Nous faisons respecter la distanciation physique, mais, à l’exception des jeunes de l’UNSS, ce sont des élèves qui sont toujours ensemble en cours. » La question se pose surtout pour la représentation finale de cette équipe de danse partagée. « Nous espérons que les élèves pourront exécuter leur chorégraphie sur la scène au Théâtre des Feuillants de Dijon et lors de la Rencontre académique de danse UNSS à Nevers en avril, mais on ne peut pas être sûr. Pour le moment, on travaille comme si on allait au bout du projet. » Laetitia Lambert a peu d’espoir que ses élèves puissent participer au Festival national de danse UNSS prévu sur quatre jours en mai à Troyes, « mais on s’adaptera. Si on ne va pas à Troyes, on envisage d’organiser un voyage pour aller voir un spectacle de danse ». Ce qui est sûr, c’est que le projet “À part ça, je vais bien” laissera une trace. Un réalisateur-monteur de la société “EOZ” est présent lors des séances pour filmer. Un documentaire en immersion grâce à des images des répétitions entrecoupées par des témoignages des élèves retracera le parcours du groupe de danse partagée. Pour le boucler, le collège Marcelle Pardé est à la recherche de partenaires financiers.

Voir la bande-annonce du documentaire > drive.google.com

Leslie Mucret
Crédit photo : Laetitia Lambert
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