Joël Dhumez : « La Savate se porte bien »

Le 21 juin prochain, le nouveau président de la Fédération Française de Savate boxe française et Disciplines Associées sera connu. En poste depuis 2012, Joël Dhumez brigue un troisième mandat, entre fierté du travail accompli et ambitions pour l’avenir.

 

Comment jugez-vous votre bilan à la tête de la fédération ?
Je suis arrivé à la tête de la fédération en 2012, avant une réélection en 2016. Lorsque je suis arrivé il y a huit ans, la Fédération Française de Savate boxe française et Disciplines Associées comptait 46 000 licenciés. Désormais, elle en compte 57 000. C’est donc une hausse de près de 25% en l’espace de sept ans, ce qui est évidemment très positif. Beaucoup de fédérations aimeraient bénéficier d’une telle hausse, je peux dire que la Savate se porte bien. L’évolution du nombre de licenciés n’est pas le seul accomplissement de la fédération durant cette période. Nous avons su développer nos organisations. Je pense notamment aux championnats de France Jeunes que nous avons organisés à la Réunion en 2016 et en Martinique cette année. Durant la mandature 2016-2020, nous avons réorganisé les finales du championnat de France au Stade Coubertin, à Paris, un lieu mythique pour les passionnés et les champions de Savate boxe française. Les finales du championnat d’Europe en 2018, organisées au Cirque d’Hiver Bouglione à Paris, ont aussi été un grand moment pour la fédération. La FFSavate a également su se réorganiser par suite du regroupement des régions. Durant ce mois de février, nous organisons un séminaire avec les présidents des Ligues et des Comités afin d’évaluer les moyens mis en place et réfléchir aux perspectives de développement. Cela fait partie des objectifs pour la mandature à venir.

 

« Indispensable d’aider les clubs »

 

Justement, quelles sont vos priorités en vue des élections et d’un potentiel nouveau mandat ?
Le but premier est de conserver nos licenciés et si possible d’en augmenter le nombre. Le chiffre se stabilise depuis plusieurs années, il est donc important de poursuivre notre travail de manière à continuer de progresser, même légèrement. Comme je le disais, l’autre grand objectif est de développer les ligues. La fédération doit travailler aux côtés des ligues et des comités afin de professionnaliser leur fonctionnement. Cela passera sans doute par l’embauche d’un agent de développement. Nous souhaitons également continuer d’aider nos clubs. Depuis plusieurs années, nous avons mis en place un système de labels : bronze, argent et or. Ces labels correspondent à différents objectifs : Performance, Jeunes, Savate pour tous. En 2020, 150 clubs sont labellisés. Pour eux, c’est notamment la garantie de bénéficier d’un remboursement sur leur prochaine réaffiliation. C’est un coût pour la fédération, mais nous jugeons indispensable d’aider les clubs dans leur développement.

 

 

Quelles sont les pistes de développement pour les disciplines associées de la fédération ?
Nous avons signé un accord avec le ministère des Sports, le ministère de l’Éducation nationale et l’Union nationale du sport scolaire. Cet accord permet aujourd’hui à tout professeur d’EPS d’enseigner la Savate boxe française à ses élèves. L’un de nos objectifs est de permettre à la Canne de combat de bénéficier du même enseignement en milieu scolaire. Passer par l’école fait partie des pistes de développement importantes pour une discipline. C’est particulièrement vrai pour nous, puisque 47% de nos licenciés ont moins de 18 ans. Nous entendons également poursuivre le développement de la Savate Forme. Aujourd’hui, il s’agit de la deuxième discipline de la fédération en nombre de licenciés. Elle participe énormément à la féminisation de notre fédération. Nous comptons aujourd’hui 43% de licenciées, nous valorisons la mixité dans nos disciplines. Nous sommes également fiers du développement de la Savate Pro. Nous proposons de plus en plus de tournois lors desquels nos champions affrontent des athlètes venus d’autres sports de combat. C’est une très belle manière d’attirer des champions vers la pratique de la Savate boxe française. Continuer de développer ce type d’événement fait donc partie des objectifs de la prochaine mandature.

 

« Les JO, le rêve de tout sport »

 

Le sujet d’une éventuelle présence de la Savate aux Jeux olympiques peut-il avancer lors de la prochaine mandature ?
Pour cela, il faut avant tout que notre discipline soit reconnue par le Comité international olympique. Or, c’est à la Fédération internationale de Savate (FISav) de déposer le dossier. De son côté, la Fédération française de Savate boxe française fait son maximum pour aider la FISav afin d’accéder à cette reconnaissance par le CIO. Depuis 2015, la Savate est inscrite au Patrimoine culturel immatériel (PCI) de l’Unesco grâce au travail entrepris par la fédération. Être aux Jeux olympiques est évidemment le rêve de tout sport et de toute fédération. Mais aujourd’hui, je ne peux pas affirmer que ce dossier va avancer lors de la prochaine mandature. Cela dépend avant tout de la Fédération internationale de Savate.

 

 

La FFSavate en chiffres :

 

  • 56 569 licenciés
  • 43% de femmes
  • 46% de moins de 18 ans
  • 773 clubs
  • 65 comités départementaux
  • 15 ligues régionales
  • 5 disciplines
  • 3 pratiques compétitives
  • 53 sportifs de haut niveau
  • 3 000 enseignants
  • 14 750 abonnés sur Facebook
  • 3 821 abonnés sur Instagram
  • 1 696 abonnés sur Twitter

 

Par Olivier Navarranne
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