Ce vendredi 22 mai 2026 (21h), le Montpellier Hérault Rugby s’apprête à défier la province irlandaise de l’Ulster au cœur du Stade San Mamès de Bilbao. Entre la quête d’un troisième sacre pour les Héraultais et le rêve d’une première couronne pour les hommes de Belfast, l’affiche s’annonce volcanique en terre basque.
L’effervescence est à son comble dans les rues de Bilbao. À quelques heures du coup d’envoi, les tuniques bleues du MHR croisent déjà les maillots blancs de l’Ulster sous le ciel espagnol. Demain soir, le mythique stade San Mamés sera le théâtre d’un duel de haute voltige pour s’emparer de l’EPCR Challenge Cup 2026. Si la grande coupe d’Europe cristallise souvent l’attention, cette « petite » finale n’a rien d’un lot de consolation. C’est le sommet de deux trajectoires.
Montpellier, l’art du fil barbelé et de la foudre
Pour le Montpellier Hérault Rugby, cette finale sonne comme de douces retrouvailles. Doubles vainqueurs de l’épreuve (2016 et 2021), les Héraultais savent exactement comment négocier ces rendez-vous couperets. Cette saison, la campagne européenne des hommes du président Altrad a été un véritable festival offensif. Avec pas moins de 36 essais inscrits tout au long de la compétition, le club héraultais arrive en Espagne avec le costume de l’épouvantail offensif.
Pourtant, c’est leur caractère de fer qui les a propulsés jusqu’à Bilbao. On se souvient de leur quart de finale maîtrisé face au Connacht (45-22), mais c’est surtout la demi-finale étouffante contre les Dragons RFC (18-12) qui a prouvé la résilience de ce groupe. Porté par une jeunesse triomphante, incarnée par le troisième ligne Lenni Nouchi, et une conquête en touche ultra-performante (92% de réussite), le MHR possède les armes pour asphyxier n’importe quel rival.
L’Ulster face à son destin et ses doutes
En face, l’Ulster Rugby se présente dans une posture bien différente. C’est une grande première pour la province nord-irlandaise, qui n’avait encore jamais atteint ce stade de la compétition en Challenge Cup. Pour en arriver là, les vagues blanches ont dû batailler ferme, s’offrant notamment le scalp de La Rochelle en quart de finale (41-24) avant d’écarter Exeter au tour précédent (29-12).
Mais le destin a choisi de pimenter la préparation des hommes de Belfast de la pire des manières. Le week-end dernier, le couperet est tombé : le deuxième ligne et capitaine emblématique Iain Henderson a écopé de trois matchs de suspension après son carton rouge reçu en championnat face aux Stormers. Un coup de massue terrible pour le leadership de l’Ulster.
Malgré cette absence majeure, sous-estimer les Irlandais serait une grave erreur de jugement. La province possède une profondeur de banc remarquable et un facteur X nommé Zac Ward. L’ailier ou arrière fait figure de véritable terreur des défenses cette saison, affichant des statistiques stratosphériques avec 30 défenseurs battus et près de 400 mètres parcourus ballon en main. Derrière les gros, le demi de mêlée Nathan Doak sera chargé d’imprimer un tempo d’enfer pour tenter de déborder le rideau montpelliérain.
Le Top 14 après la Challenge Cup ?
Le scénario de cette finale se jouera sans doute sur la capacité de Montpellier à imposer sa puissance physique dès les premières minutes. Si le pack français parvient à priver l’Ulster de ballons propres et à couper les trajectoires de Ward, le MHR aura fait la moitié du chemin. En revanche, si la charnière irlandaise parvient à déplacer le jeu et à exploiter la vitesse de ses lignes arrières, le doute pourrait rapidement s’inviter dans les têtes héraultaises.
Une chose est sûre : en cas de sacre dans cette Challenge Cup, Montpellier sera libéré, tout en engrangeant toujours plus de confiance. Au point de se mêler à la lutte pour le titre en Top 14 ? Avec ce MHR là, il ne faut jamais dire jamais.



























