En pleine polémique, l’équipe de France féminine de pétanque est toujours dans l’œil du cyclone. Nommé responsable du Collectif France féminin en début d’année 2026, Philippe Quintais s’est exprimé en détails.
Tel un carreau sur le carré d’honneur de l’Île-Rousse lors de la finale des Masters de Pétanque, Philippe Quintais est resté appliqué et précis au moment de dévoiler sa vérité en pleine polémique autour de l’équipe de France féminine. En fin de semaine dernière, la Fédération Française de Pétanque et de Jeu Provençal a annoncé une toute nouvelle sélection pour les championnats d’Europe : exit Cindy Peyrot et Angélique Colombet, deux joueuses que Philippe Quintais avait choisi de faire revenir chez les Bleues. Le nom du Roi Quintais était d’ailleurs absent du communiqué de la FFPJP, laissant penser qu’il avait démissionné.
« Je suis toujours en attente de la part de Patrice Rodriguez qu’il me signifie mon limogeage »
« Aujourd’hui, je suis toujours en attente de la part de Patrice Rodriguez qu’il me signifie mon limogeage », explique Philippe Quintais, qui s’exprime sur sa page Facebook. « C’est à la DTN que j’ai eu affaire principalement dans cette affaire et j’ajoute que de nombreux dirigeants de la FFPJP ne savent pas ce qu’il se passe à la DTN et n’ont en théorie pas le droit de se mêler du sportif. »
En début d’année, Philippe Quintais a ainsi concocté sa composition d’équipe pour le Collectif France féminin. « J’ai posé quelques conditions : avoir carte blanche sur les sélections et être sur la chaise pour coacher les équipes, puisque l’intitulé de mon poste est Directeur Sportif et non pas coach du Collectif », indique la légende de la pétanque tricolore.
« J’avais décidé de faire revenir dans le Collectif notamment Cindy Peyrot et Nadège Baussian qui avaient été écartées l’année précédente, ainsi qu’Angélique Colombet et Anna Maillard qui faisaient elles aussi leurs retours. J’ai immédiatement senti que ces retours n’étaient pas du goût de Patrice Rodriguez », révèle Philippe Quintais. « Étant d’une génération qui a connu des championnats internationaux où les conjoints avaient possibilité d’accompagner les sélectionnés, j’assume d’avoir demandé à ce que cette possibilité soit actée. Patrice Rodriguez, indiquant qu’au rugby ça ne se passait pas comme ça, était contre ce principe. »
« Je m’aperçois que certaines joueuses ont des contentieux avec certaines autres »
« Je me suis mis au travail et j’ai décidé de composer 3 groupes de 4 joueuses afin de voir évoluer ensemble les membres de chaque groupe sur la saison et ne pas mélanger les 12, ce qui aurait de mon point de vue compliqué les choses. Cette décision a très vite braqué les 8 joueuses qui ne faisaient pas partie du groupe des 4 revenantes : Anna, Cindy, Angélique et Nadège. J’ai été très surpris que certaines joueuses n’acceptent pas d’être mises en concurrence, de devoir se battre pour mériter leur place et d’être sorties de leur zone de confort », poursuit Philippe Quintais.
Un premier stage, d’abord reporté, est finalement organisé peu après la finale PPF. « À cette occasion, des entretiens individuels ont eu lieu et je m’aperçois que certaines joueuses ont des contentieux avec certaines autres. » Place alors aux championnats d’Europe doublette. « Mon choix se porte sur les tenantes du titre, Charlotte Darodes et Aurélie Bories », indique Philippe Quintais. Malgré une médaille, Charlotte Darodes quitte ensuite le collectif France.
« J’ai souvent expliqué à Cindy la nécessité de se maîtriser et d’être exemplaire »
Tout bascule lors du championnat de France doublette, événement lors duquel les tensions explosent au grand jour. « Anna et Cindy affrontent Nelly et Audrey en demi-finale. La fin de partie est très tendue et s’en suivra une grosse dispute dont l’entourage des joueuses s’est mêlé des deux côtés », raconte Philippe Quintais. « Cindy est radiée du Collectif à la suite de ces incidents. Je dois reconnaître que son attitude notamment envers le Président Le Bot n’a pas toujours été convenable, j’ai souvent expliqué à Cindy la nécessité de se maîtriser et d’être exemplaire. Malgré tout, j’ai plaidé sa cause auprès du Président Le Bot et de Patrice Rodriguez qui sont revenus sur leur décision la concernant, car je croyais en elle et elle était pour moi un élément essentiel de notre Collectif. Toutefois, ils ont acté le fait que les conjoints ne pourraient plus accompagner les sélectionnées désormais pour éviter les nuisances de l’entourage et ont informé les joueuses par mail. Décision que j’ai comprise au vu des évènements. »
« Arrive rapidement le moment de faire un choix pour les Championnats d’Europe Triplette et Tir de Précision. Mes choix se portent sur Cindy, Angélique, Sandrine et Nadège », assure Philippe Quintais. Mais, entre temps, Nelly Peyré devient championne de France et Cindy Peyrot s’adresse directement au responsable du collectif France. « À moins d’une semaine de la Talaudière, Cindy me fait part qu’elle ne souhaite pas s’y rendre pour des raisons personnelles que je finirai par comprendre. Néanmoins, une fois de plus, je la sermonne et lui rappelle ses obligations. Elle me parle également de la décision relative à la présence des conjoints, je lui réponds que je n’interviendrai pas en sa faveur à ce sujet. Elle décide alors de contacter directement le Président Le Bot qui maintient sa décision. »
« Je n’ai pas souvenir qu’on m’ait manqué de respect une seule fois dans ma vie autant que lors de cette conversation » avec Nelly Peyré
Cindy Peyrot quitte alors le collectif France. Logiquement, Philippe Quintais se tourne vers Nelly Peyré. « Je n’ai pas souvenir qu’on m’ait manqué de respect une seule fois dans ma vie autant que lors de cette conversation », lâche Philippe Quintais. « Elle m’explique alors qu’elle n’est pas « la remplaçante de Cindy », que j’ai manqué de considération pour les filles du collectif et qu’il est hors de question pour elle de faire partie de l’équipe. » Pour Philippe Quintais, c’est un choc.
« Je contacte alors Toréa Tairio, avec qui je croyais avoir un lien privilégié, qui me tient exactement le même discours que Nelly et qui refuse catégoriquement d’intégrer l’équipe de France. J’ai alors une conversation avec le Président Le Bot pour lui faire part de la situation, et il m’apprend que toutes les filles du Collectif non sélectionnées lors de la première annonce, à l’exception d’Anna Maillard et d’Aurélie Bories que je remercie, ont rédigé un mail contestant la sélection des « revenantes » », raconte Philippe Quintais.
« On m’a laissé contacter des filles alors que Patrice Rodriguez savait qu’elles n’étaient pas disposées à collaborer avec moi. » Philippe Quintais fait alors appel à la jeune pépite Dorine Mesmin, mais le Collectif Espoir refuse. « Il ne me reste qu’une solution : aller chercher hors du collectif France. Je demande au Président Le Bot l’autorisation qu’il me refuse. »
« Je refuse catégoriquement de démissionner »
Comme l’explique Philippe Quintais, Patrice Rodriguez prend alors la main et sélectionne Nelly Peyré et Toréa Tairio en équipe de France. Les deux joueuses acceptent. « Je lui fais part tout de suite de mon étonnement et de mon désaccord puisque ces 2 joueuses m’ont refusé à moi la sélection et que je ne comprends pas comment elles peuvent être encore sélectionnables. Visiblement, ça ne lui pose aucun problème et il m’indique qu’elles ont accepté auprès de lui la sélection à condition d’être retenues toutes les 2. Nous venons d’assister à un Directeur technique national qui cède au chantage des joueuses. »
« Angélique, apprenant par moi que 2 joueuses font leur entrée et que je ne coacherai pas cette nouvelle formation, choisit finalement de ne pas rester, ce qui arrange grandement la DTN qui n’a jamais dit la vérité à Angélique », poursuit Philippe Quintais. « Lors d’un coup de fil et dans un moment d’exaspération, j’évoque une « possible démission » avec Patrice Rodriguez sans jamais la confirmer. Celui-ci me demande de soumettre ma potentielle annonce de démission au Président Le Bot afin qu’il valide mon communiqué. Les jours passent et me confortent dans mon idée de ne pas démissionner. »
Philippe Quintais va plus loin : « Je refuse catégoriquement de démissionner et de communiquer avant que Patrice Rodriguez n’assume de son côté ses choix puisque je rappelle qu’il est devenu de fait le nouveau sélectionneur et qu’il m’a ôté mes fonctions. » Désormais, la situation demeure en suspens.
« Je ne pense pas que le bilan de Patrice Rodriguez lui permette de donner des leçons »
« Toujours soucieux d’assumer mes choix et mes responsabilités, et parfaitement conscient que beaucoup de choses sont cachées aux élus de la FFPJP, j’ai proposé de venir m’expliquer devant le Comité Directeur Fédéral à Marseille lors de sa réunion du 25 septembre prochain. J’ai fait cette demande par mail le 14 septembre, adressé au Président Le Bot, à Mme Vérola et à Patrice Rodriguez. A ce jour, je n’ai jamais reçu aucune réponse », souligne Philippe Quintais.
La légende de la pétanque tricolore est aujourd’hui dans l’attente. « Aujourd’hui, je suis toujours en attente de la part de Patrice Rodriguez qu’il me signifie mon limogeage. Je ne pense pas que le bilan de Patrice Rodriguez depuis qu’il occupe son poste lui permette de donner des leçons, en tout cas à moi. Je n’ai pas eu la possibilité de réaliser une saison complète dans mes fonctions. Je le regrette, mais je n’en suis pas responsable. »




























