50 km, 60 obstacles et un plateau mondial exceptionnel sur les hauteurs de Morzine, voici ce qui attend les 1 500 participants de la course élite de la Spartan Race ce week-end des 3, 4 et 5 juillet dans la station haut-savoyarde qui devrait accueillir plus de 10 000 participants au total. Olivier Castelli, directeur France de l’événement, détaille pour nous les différentes épreuves et les belles perspectives d’évolution que pourrait envisager la discipline.
La Spartan Race, c’est quoi ?
C’est une franchise mondiale de courses à obstacles : on a 250 événements dans le monde et plus d’un million de participants chaque année pour ce format de course à pied typé trail avec des obstacles de plusieurs catégories qui font appel aux différentes aptitudes motrices du corps humain : des « rampés », des franchissements de murs ou de filets, des suspensions (barres parallèles en hauteur ou anneaux), de l’équilibre, du lancer de javelot, ou encore des portés (par exemple, une chaîne de bateau de 30 kg). Tout cela sur plusieurs distances : 5 km le samedi et le dimanche, 10 km le dimanche, 21 km le samedi (avec également une course enfants) et la distance reine proposée à Morzine depuis 3 ans, le 50 km le vendredi, un championnat du monde avec 60 obstacles, et c’est unique en France. 1 500 athlètes venant de 45 pays différents sont inscrits pour cette course, et sur le week-end on est à 10 500 participants (il reste encore des places). Pour chaque course, le premier qui passe la ligne d’arrivée a gagné, le passage des obstacles est évidemment obligatoire : si ce n’est pas le cas, les concurrents doivent effectuer soit une boucle de pénalité, soit 30 burpees. Et ce n’est pas parce qu’on court très vite qu’on gagne, la gestion des obstacles est primordiale : il y a un bon équilibre à trouver.
Quelle place occupe la course à obstacles dans le monde de l’outdoor ?
Ça reste un sport niche car on n’appartient pas vraiment à la course à pied. On est sous la gouvernance de la fédération d’athlétisme, mais la course à obstacles ne fait pas vraiment partie de leur plan de de développement. Il y a très peu de terrains d’entraînement et quasiment pas de clubs spécialisés dans cette discipline : les athlètes font appel à des coaches spécialisés pour se préparer. En tant qu’organisateur, on pâtit du manque de fédération et de clubs qui viennent généralement alimenter un sport. On a 5 événements en France avec 7 000 participants à Carcassonne, plus de 10 000 à Saint-Raphaël : on sent donc une attractivité pour la discipline sauf que notre développement est pour le moment limité mais ça pourrait changer.
Comment ?
En fait, pour les JO de Los Angeles, dans l’épreuve de pentathlon moderne, l’équitation est remplacée par un parcours d’obstacles type Ninja Warrior sur une courte distance de 100 m. Donc le CIO a laissé la gestion des sports d’obstacles au pentathlon moderne : on serait affilié à cette fédération. Cela voudrait dire que, même par la petite porte, on entrerait aux JO, ce qui donnerait beaucoup de crédibilité à la course à obstacles auprès des institutions et d’atouts au pentathlon moderne en termes d’attractivité. D’ailleurs, ce sport a déjà commencé à intégrer la course à obstacles dans leurs clubs à travers un mix avec également le tir laser afin de commencer à préparer leurs athlètes en vue de LA 2028. On va utiliser les clubs de pentathlon moderne pour permettre à nos coureurs d’aller s’y entraîner. Je dirais qu’au total, il y a environ 100 000 pratiquants de courses à obstacles.
Quelles sont les particularités du site de Morzine ?
Le dénivelé ! Le 50 km affiche plus de 4 000 m de dénivelé positif. C’est clairement ce que les participants viennent chercher. Morzine, c’est l’une des courses les plus difficiles que nous proposons en Europe avec Andorre et Kaprun en Autriche. Cela fait partie des destinations iconiques chez nos pratiquants, et cela pour deux raisons : la date très bien placée, le premier week-end de juillet, ce qui permet à la station de lancer son été ; et le site exceptionnel avec de la forêt, des lacs, des sommets. L’autre avantage très important : le village à taille humaine permet à tous les participants de loger sur place et de rejoindre à pied le départ, tout est condensé au même endroit. Tous ces paramètres contribuent à la réussite de l’événement.
Et à 1 000 m d’altitude, aucun risque d’annulation à cause de la canicule !
Non, on n’est effectivement pas dans ce cas-là : les températures vont osciller entre 24 et 28 degrés. Mais quand on voit l’annulation de l’Ironman le week-end dernier à Nice sur une décision prise la veille alors que les températures étaient plus élevées l’an dernier, en tant qu’organisateur, financièrement parlant, ça fait un peu flipper : ce n’est pas déclaré comme cas de force majeure donc il n’y a pas d’assurance pour prendre en charge les coûts.
Quelles sont les nouveautés 2026 ?
Il y en a toujours quelques-unes, il y a surtout un très beau plateau sur la course élite – laquelle pourra être suivie en live sur Youtube. L’an dernier, le vainqueur du 50 km a mis 6h30. Cette année, ce sera sans doute un peu plus car le tracé est peu exigeant. Parmi les athlètes spécialisés dans la course à obstacles, beaucoup courent aussi des skyraces : la Française Perrine Abadie par exemple ou la Slovène Rea Kolbl. Chez les hommes, sont favoris l’Italien Luca Pescollderungg, et notre champion du monde Grégory Basilico qui a gagné l’UTMB Alsace il y a quelques semaines, ou encore Thibault Jean qui voudra briller à domicile puisqu’il est de Chamonix.
Propos recueillis par Sylvain Lartaud




























