À 30 ans, l’ancien serial-buteur du Racing Club de France (N3), Marvin Emmanuel, s’apprête à découvrir le monde professionnel sous les couleurs du Puy-en-Velay FC la saison prochaine. Passé par la Kings League et désormais sous les projecteurs de Ligue 1+, l’attaquant franchit un cap majeur dans sa carrière.
À 30 ans, tu rejoins Le Puy et tu passes un cap avec ce premier contrat en National 3. Que représente ce choix ?
C’est un vrai palier dans ma carrière, celui du passage au monde professionnel. Je le cherchais depuis un moment, mais pas à n’importe quelles conditions. Je voulais surtout intégrer un projet cohérent, avec un coach et une équipe qui correspondent à mes attentes. J’aurais pu rester au Racing après la montée, mais j’ai préféré franchir ce cap pour me tester à ce niveau. Je voulais savoir si j’avais le niveau pour la National 3. Et parfois, il ne faut pas laisser passer ce genre d’opportunité.
Comment s’est fait ton arrivée au Puy ?
Le contact s’est fait rapidement, début juin. J’ai échangé avec le coach et le directeur sportif, qui s’étaient renseignés sur mon profil. Ils m’ont expliqué leur projet et m’ont montré un réel intérêt. J’avais deux autres propositions en National 3, mais celle du Puy était la plus concrète et la plus adaptée. Le choix a été assez simple.
Dans le football, on dit souvent qu’il faut “éclore jeune”. As-tu ressenti un sentiment de retard ?
Oui, clairement. On m’a souvent répété qu’après 25 ou 26 ans, il était trop tard. À force, ça devient une pression. Mais avec le temps, j’ai changé d’état d’esprit : j’ai arrêté de me mettre des limites et j’ai recommencé à jouer sans calculer, avec plus de liberté.
Qu’est-ce qui t’a permis de tenir et de continuer à progresser ?
Avant tout, l’amour du football. J’ai toujours joué par passion, sans attendre forcément une carrière professionnelle. Le foot était aussi une échappatoire. Je n’ai jamais cessé de prendre du plaisir, même en cumulant plusieurs emplois à côté. C’est cette constance qui m’a permis d’avancer.
Tu as longtemps travaillé en parallèle du football. Jusqu’à quand ?
J’ai combiné travail et football pendant une grande partie de mon parcours. J’ai commencé en senior en station-service, puis en livraison et dans la formation de jeunes. C’était une habitude plus qu’une contrainte. Il fallait simplement subvenir à mes besoins.
Concrètement, qu’est-ce qui change avec ce passage au niveau professionnel ?
L’exigence et le cadre sont plus élevés. La rigueur existe déjà en amateur, mais elle devient quotidienne et totale. Le football devient mon seul métier. Cela demande un autre niveau d’engagement. Mais je vois ça comme une opportunité de progresser, même à 30 ans.
Et sur le plan des ambitions ?
Je veux prouver que ma place ici est méritée. Je veux être utile à l’équipe, aider à gagner des matchs et participer à la réussite collective. Si on performe collectivement, les objectifs individuels suivront.
Tu arrives aujourd’hui dans un environnement plus exposé, avec notamment la visibilité de la National 3 sur Ligue1+. Ça change quelque chose pour toi ?
Oui, forcément. C’est assez impressionnant. Quand je pense que je regardais Ligue 1+ en tant que supporter, voir aujourd’hui des matchs auxquels je vais participer, ça donne une autre dimension. On passe d’un cadre amateur à quelque chose de beaucoup plus visible, presque comme un prolongement du football professionnel. C’est motivant, mais aussi une responsabilité supplémentaire. Cela donne encore plus envie de bien faire et de montrer que je mérite d’être à ce niveau.
Quel message donnerais-tu à un joueur de 20 ans en National 2 ou National 3 qui doute de son avenir ?
Il ne faut pas perdre patience. Chacun a son parcours. À 20 ans, j’ai vu beaucoup de joueurs signer avant moi, mais j’ai continué à travailler sans me comparer. Le plus important est de prendre du plaisir et de rester constant. Le football finit toujours par récompenser ceux qui ne lâchent pas.



































