Le programme Sensationnelles a clôturé sa cinquième édition au Parc des Princes, mardi 23 juin 2026. Journaliste sportive et maîtresse de cérémonie d’un soir, Margot Dumont observe depuis plusieurs années l’évolution du football féminin. Pour elle, la progression de la discipline repose autant sur le développement des clubs amateurs que sur une visibilité médiatique renforcée.
Ce qui est visible attire l’œil. Dans le football féminin, la médiatisation joue un rôle central dans la structuration et la reconnaissance de la discipline. Mais pour Margot Dumont, ce mouvement ne peut être compris sans revenir à la base du système : les clubs amateurs, le football populaire.
C’est dans ces structures que les jeunes filles découvrent le football, construisent leurs premiers souvenirs, leurs premières ambitions et commencent à se projeter dans une pratique plus durable. La progression du football féminin ne se joue donc pas uniquement dans les grandes compétitions ou les stades professionnels, mais aussi dans les campagnes, dans ces lieux du quotidien, souvent moins exposés.
Des projets toujours plus nombreux dans les territoires
La cinquième édition du programme Sensationnelles confirme cette dynamique. Le jury, composé notamment de l’ancien international français Mamadou Sakho et du sélectionneur de l’équipe de France féminine Laurent Bonadei, illustre le sérieux grandissant de l’événement.
Le nombre important de projets déposés montre aussi que de plus en plus de clubs souhaitent développer leur section féminine et structurer leur pratique. « On est très heureux que ce programme soit de plus en plus connu parce que ça montre qu’il est plébiscité », explique Margot Dumont. Pour la journaliste, cette évolution est un signe positif, qui traduit un changement progressif dans les mentalités et dans l’organisation des clubs.
« Ça démontre qu’on va dans le bon sens », ajoute-t-elle. Le football féminin amateur attire davantage de projets, mais il reste encore confronté à des réalités difficiles, notamment en matière d’accueil, d’encadrement et d’infrastructures. Les clubs doivent en effet composer avec des moyens souvent limités, ce qui rend plus complexe la fidélisation des jeunes joueuses sur le long terme.
Une médiatisation en progression mais encore inégale
Au-delà du terrain, la question de la visibilité reste centrale et primordiale. Ces dernières années, la place des femmes dans les médias sportifs a évolué, avec une présence plus importante de journalistes et de consultantes dans les rédactions et sur les plateaux.
« Il y a une évolution de dingue sur les cinq, dix dernières années », constate Margot Dumont. Cette progression permet de rendre les parcours féminins plus visibles et de proposer de nouveaux modèles aux jeunes générations. La médiatisation ne se limite donc pas à la retransmission des matchs. Elle participe aussi à construire une image plus accessible et plus diversifiée du football féminin.
En 2026, le football féminin occupe une place plus importante dans le paysage médiatique français qu’il y a encore quelques années. Les compétitions bénéficient davantage de diffusions, de contenus et d’analyses dédiées, même si l’écart avec le football masculin reste significatif.
Pour Margot Dumont, des événements comme Sensationnelles permettent de donner une visibilité supplémentaire aux clubs amateurs et de rappeler que le développement du football féminin se joue à tous les niveaux.
Sa présence lors de la cérémonie s’inscrit dans cette logique. Elle estime que le rôle des médias est aussi d’accompagner ces initiatives et de reconnaître le travail des clubs et des bénévoles. « On veut associer notre image à ce genre de programme », affirme-t-elle, soulignant l’importance de cet engagement dans la construction de la discipline.
Un développement encore en construction
Si la progression est réelle, Margot Dumont rappelle que le football féminin reste un chantier en évolution. La professionnalisation, la médiatisation et le développement local doivent avancer ensemble, main dans la main, pour produire des effets durables.
Car avant d’atteindre le haut niveau, une joueuse passe presque toujours par un club amateur, encadrée par des bénévoles dévoués et portée par des valeurs de transmission, d’engagement et de passion. C’est là que se joue encore aujourd’hui l’avenir du football féminin.



































