Avec l’ouverture de sa première base de trail permanente en vallée de Chevreuse, le Département des Yvelines franchit une nouvelle étape. Un choix qui s’inscrit dans une stratégie bien plus large, mûrie depuis des années.
Un territoire taillé pour la course en nature
Les Yvelines ne partent pas de rien. Le département revendique le titre de premier territoire vert d’Île-de-France, avec 85% de son sol composé d’espaces naturels ou agricoles, dont 70 000 hectares de forêts. C’est un terrain de jeu qui existait déjà, que le Département a simplement décidé de mieux organiser. À Saint-Rémy-lès-Chevreuse, cinq circuits balisés de 7 à 37 kilomètres viennent ainsi canaliser une pratique déjà bien installée localement. Le trail des coteaux de Guerville, le Chocotrail, la Diag 78 ou encore l’ÉcoTrail font partie des rendez-vous habituels du calendrier, avec plus de 52 courses organisées chaque année dans le département.
Une politique sportive construite sur le long terme
Le trail n’est en réalité qu’un nouveau chapitre d’une stratégie sportive plus ancienne. Depuis des années, les Yvelines misent sur les sports d’endurance et de plein air pour se faire un nom : des étapes régulières de Paris-Nice, l’organisation de la Ryder Cup de golf en 2018, ou encore un vaste réseau de sentiers de randonnée qui dépasse aujourd’hui les 1 700 kilomètres. Cette base de trail vient donc compléter un écosystème déjà pensé pour les pratiques de nature.
Il faut dire aussi que les Yvelines gardent un souvenir tout frais des Jeux de Paris 2024, dont elles ont été le troisième territoire d’accueil. La Colline d’Elancourt, où Pauline Ferrand-Prévot avait décroché l’or en VTT, en reste le symbole le plus marquant. Un souvenir que le Département compte bien faire durer.
Un choix économique autant qu’écologique
Contrairement à un équipement sportif classique, une base de trail ne demande ni grosse construction ni artificialisation des sols. Elle s’appuie sur ce qui existe déjà : des sentiers, de la signalétique, des outils numériques. Un choix qui coûte peu, tout en générant un vrai potentiel touristique, puisque les coureurs découvrent au passage villages, châteaux et commerces locaux.
L’accessibilité compte aussi beaucoup dans le raisonnement départemental. La base de Chevreuse a volontairement été installée à côté d’une gare RER, afin de permettre aux Franciliens de venir sans voiture. Un détail qui pèse de plus en plus dans ce genre de choix d’aménagement.
Canaliser plutôt que subir
Reste un dernier argument, moins visible mais tout aussi subtil : celui de la protection des espaces naturels. En balisant des parcours officiels, le Département espère éviter que les coureurs ne se dispersent un peu partout sur des zones sensibles, un enjeu qui prend de plus en plus d’importance à mesure que le trail continue de gagner du terrain en France. Reste à voir si cet équilibre tiendra sur la durée, à mesure que la fréquentation, elle aussi, continuera de grimper.





















