Le départ d’Edgar Grospiron de la présidence du Comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques (COJOP) des Alpes françaises 2030 agit comme un véritable séisme. Si les décideurs politiques et sportifs martèlent qu’ils prendront leur temps pour choisir le bon successeur, plusieurs pistes se dessinent déjà.
L’intérim assuré par Vincent Roberti, la piste de la continuité interne
En première ligne pour gérer le court terme, Vincent Roberti, le directeur général du COJOP, a été nommé président par intérim. Haut fonctionnaire chevronné, ex-préfet et ancien directeur général des services du département de l’Isère, il incarne la rigueur administrative nécessaire au pilotage d’un budget de plus de 2,1 milliards d’euros.
Et si la solution temporaire devenait pérenne ? Promouvoir définitivement ce technocrate rassurerait les tutelles financières et l’État, tout en évitant les batailles d’égos politiques. Néanmoins, son manque de notoriété publique et d’ancrage dans le mouvement olympique pourrait inciter les décideurs à chercher une figure de proue plus incarnée.
La tentation de la figure sportive ou managériale : les noms qui circulent
Pour remplacer l’ancien champion de ski acrobatique, la tentation reste forte d’aligner un nom capable de porter l’image de la France à l’international. Pourquoi pas Martin Fourcade ? Écarté ou retiré au moment de la genèse de la candidature, le quintuple champion olympique de biathlon reste une figure respectée de l’écosystème alpin. Si des divergences écologiques avaient fâché certains élus régionaux, son retour sur le devant de la scène ferait l’effet d’un coup d’éclat politique.
Ancien champion du monde de combiné, ex-président de la Fédération Française de Ski (FFS) et cadre chevronné de la Fédération Internationale de Ski (FIS), Michel Vion possède un bagage technique et institutionnel irréprochable. Il offrirait une expertise immédiate du milieu des sports d’hiver.
L’option Tony Estanguet a même été évoquée. Le patron du succès incontesté de Paris 2024 semblait être le candidat idéal sur le papier. Toutefois, l’intéressé a coupé court à toute spéculation en confirmant publiquement qu’il « n’ira pas », soucieux de ne pas enchaîner immédiatement sur un autre chantier olympique d’envergure.
Les profils politiques et grands commis de l’État
Si le choix se porte vers une gouvernance plus institutionnelle, d’autres personnalités rodées aux grands projets d’infrastructure et aux rouages politiques émergent dans les discussions. Présidente du CNOSF, Amélie Oudéa-Castéra a rapidement vu son nom cité, mais elle a tout aussi rapidement confirmé qu’elle n’irait pas.
Guillaume Pepy, ancien patron de la SNCF, apporte un profil de grand gestionnaire de crise et d’infrastructures, une compétence précieuse alors que les défis de mobilité dans les vallées alpines représentent un point critique du dossier 2030.
Ancien premier ministre, Michel Barnier est indissociable des Jeux d’hiver. Fort de sa double expérience de coprésident des JO d’Albertville 1992 et de négociateur européen, le savoyard de naissance reste une référence incontournable de la diplomatie olympique tricolore.
L’option Nathalie Péchalat prend de l’ampleur
Au milieu de ces pistes, le nom de Nathalie Péchalat émerge également comme une option crédible. Ancienne double championne d’Europe de danse sur glace et ex-présidente de la Fédération Française des Sports de Glace (FFSG), elle coche plusieurs cases clés : incarnant une figure sportive nationale, elle bénéficie aussi d’une réelle crédibilité institutionnelle grâce à son passage au Bureau exécutif du CNOSF et à sa gestion remarquée du Club France.
Reconnu pour sa capacité à fédérer, naviguer auprès des élus politiques et redresser l’image d’une fédération, son profil séduit ceux qui cherchent à la fois une incarnation sportive et une gestionnaire aguerrie. Bien qu’elle n’ait pas la main sur la décision finale et laisse les décideurs trancher, elle avait déjà manifesté son intérêt pour le projet au début de l’année 2025, ce qui en fait un recours tout à fait naturel pour prendre la suite.
Une feuille de route immédiate pour la future présidence
Quel que soit le choix final validé par le CNOSF, le CPSF, le ministère des Sports et les présidents de régions (Fabrice Pannekoucke pour Auvergne-Rhône-Alpes et Renaud Muselier pour PACA), la personne nommée devra agir vite. Il s’agira de verrouiller la grille des partenaires commerciaux, de stabiliser la carte définitive des sites et, surtout, de ramener de la sérénité au sein des équipes opérationnelles du COJOP.



























