Déjà présents sur le terrain via des initiatives locales, la Fédération française de Hockey et l’association Premiers de Cordée officialisent un partenariat national. Objectif : structurer et amplifier l’accès au hockey pour les enfants hospitalisés, en s’appuyant sur un réseau existant et une logique d’inclusion.
L’idée ne sort pas de nulle part. Elle s’est construite progressivement, au fil d’initiatives locales. Dans plusieurs territoires, des clubs, comités départementaux et ligues de la Fédération française de hockey avaient déjà noué des liens avec l’association Premiers de Cordée. « Partant de ce constat, nous, la Fédération et Nathalie Péchalat, présidente de l’association Premiers de Cordée, on s’est rencontrés et on s’est dit, comme ça fonctionne très bien sur les micro-territoires, pourquoi pas essayer de faire quelque chose de plus grand et de signer ensemble un accord national » explique Henri-Claude Lambert, président de la Fédération Française de Hockey.
Le passage à l’échelle nationale répond donc à une logique simple : capitaliser sur ce qui fonctionne déjà. L’ambition est claire : structurer, coordonner et accélérer ces actions pour toucher davantage d’enfants hospitalisés. « On attend de cet accord national que ce soit un accélérateur de la présence de la Fédération Française de Hockey à l’hôpital, auprès de ces enfants. Ce sont essentiellement des enfants qui ont bien besoin de penser à autre chose qu’aux traitements médicamenteux » soutient Henri-Claude Lambert.
Deux axes d’intervention : hôpital et événements
Concrètement, le dispositif repose sur deux piliers. D’un côté, des interventions directement dans les hôpitaux. De l’autre, une présence sur les journées dites « évasion », organisées par l’association Premiers de Cordée. Ces journées permettent aux enfants de sortir du cadre hospitalier, le temps d’une immersion sportive. « C’est ce qu’on a fait au Stade de France récemment, le 15 avril dernier » rapporte Audrey Frolois, chargée de mission hockey adapté et para hockey à la Fédération Française de Hockey. D’autres rendez-vous sont déjà planifiés : Le Mans, Nice, Bordeaux ou encore Rouen. À chaque fois, le principe reste identique : proposer des ateliers courts, accessibles et ludiques, capables d’accueillir un maximum d’enfants.
Mais ce partenariat national ne remplace pas les initiatives locales. Il les intègre et les renforce. « On potentialise, parce que finalement, c’est grâce à ces micro-partenariats locaux qu’on a réussi à comprendre que le lien entre la Fédération française de hockey et l’association Premiers de Cordée faisait sens » rapporte Henri-Claude Lambert. L’enjeu est aussi organisationnel : améliorer la circulation de l’information entre les différents niveaux (national, régional, départemental) et faciliter la coordination. Dans cette logique, la fédération s’appuie sur ses ressources existantes plutôt que de créer une structure parallèle. Éducateurs, cadres techniques, agents de développement : tous sont mobilisables pour intervenir auprès de nouveaux publics, notamment à l’hôpital.
Adapter le hockey à l’environnement hospitalier
Amener le hockey à l’hôpital suppose des ajustements. Matériel, intensité, format : tout est repensé pour garantir sécurité et accessibilité. « On opte pour une balle un peu plus légère. Pareil pour la crosse qui est un peu plus légère, un peu plus adaptée » explique Audrey Frolois. La priorité reste claire. « L’une de nos priorités lorsqu’on met en place du hockey adapté, c’est la sécurité » ajoute-t-elle. Les ateliers sont conçus en séquences courtes : prise en main, slalom, tir, puis mini-match.
Une progression rapide, pensée pour capter l’attention et permettre à chaque enfant de vivre une expérience complète, même en quelques minutes. Ce partenariat s’inscrit dans une stratégie plus large de la fédération, qui revendique une mission de service public. Depuis cette année, la FFHockey dispose également d’un mandat sur le hockey adapté, destiné aux publics en situation de handicap mental. Une évolution qui renforce la cohérence du projet. Plutôt que d’agir seule, la fédération a fait le choix de s’appuyer sur une structure déjà opérationnelle. « Et c’est pour cela qu’on s’est associés avec l’association Premiers de Cordée, plutôt que de se lancer tout seul » affirme Henri-Claude Lambert.
Un objectif simple : jouer et s’amuser
Au-delà de la structuration, l’essentiel reste l’expérience vécue par les enfants. « D’abord, une dimension ludique. » Le sport devient alors un moyen de s’évader du quotidien hospitalier. « On sait très bien que pouvoir réussir à sortir du quotidien, surtout quand on est à l’hôpital, permet de se sentir beaucoup mieux et d’accélérer dans bien des cas le retour à la santé » confie Henri-Claude Lambert. Et, en fond, un espoir plus discret. « On espère que quand ils sortiront de l’hôpital, ils viendront dans un de nos clubs pour continuer » se réjouit Henri-Claude Lambert.
Le partenariat est signé jusqu’en 2028, avec une logique d’évaluation continue. Le principal indicateur sera quantitatif. « Ce sera le nombre d’enfants qui auront pu participer et s’amuser à jouer au hockey. » À cela s’ajoutent des retours qualitatifs après chaque intervention, pour ajuster et améliorer le dispositif. Mais au-delà des chiffres, la fédération assume une ambition plus large. « On est très fiers de ce partenariat » s’enthousiasme Henri-Claude Lambert.
Une fierté qui dépasse le cadre sportif. « L’inclusion, ça se pratique aussi pour des enfants qui a priori n’auraient aucune chance de faire un sport ou quoi que ce soit d’autre que de rester dans leur lit à l’hôpital » ajoute-t-il. Dans cette dynamique, le hockey ne se limite plus à la compétition. Il devient un outil social, un levier d’engagement et un moyen de créer du lien, là où il est le plus nécessaire.


























