Après une défaite rageante concédée sur le fil face aux All Blacks à Christchurch (34-32), le XV de France bascule sur le deuxième volet de son Championnat des Nations. Pour défier l’Australie ce samedi 11 juillet 2026 (9h40) à Brisbane, Fabien Galthié a bousculé ses certitudes en alignant simultanément ses deux maitres à jouer, Romain Ntamack et Matthieu Jalibert.
Le ticket Ntamack – Jalibert : Une cohabitation historique
C’est l’annonce choc qui secoue le microcosme du rugby tricolore. Alors que la concurrence pour le maillot floqué du numéro 10 bat son plein, le staff des Bleus a choisi de ne pas choisir. Romain Ntamack portera le costume de chef d’orchestre à l’ouverture, tandis que Matthieu Jalibert glisse au poste d’arrière.
Si cette formule à « double pivot » ou deux ouvreurs offre des perspectives offensives excitantes, elle représente un saut dans l’inconnu. Le Bordelais n’a en effet jamais démarré un match international avec le numéro 15 dans le dos. En club, sa dernière titularisation à ce poste remonte à mars 2021. L’idée sous-jacente est limpide : aligner les meilleurs talents du moment pour dynamiser l’animation et multiplier les options de relance face au rideau défensif des Wallabies.
Un doute à lever : Touché au mollet sur la dernière action face à la Nouvelle-Zélande, Matthieu Jalibert reste toutefois incertain. S’il ne passait pas le test réglementaire lors de l’entraînement du capitaine, le Rochelais Antoine Hastoy se tient prêt à prendre le relais à l’arrière.
Une équipe largement remaniée et l’accent toulousain
Au-delà de cette audace architecturale à l’arrière, Fabien Galthié procède à une véritable revue d’effectif avec pas moins de huit changements par rapport au week-end dernier. L’intégration de cinq finalistes du Top 14 apporte une fraîcheur bienvenue et une grosse densité physique.
Le contingent toulousain et montpelliérain s’installe en force. Peato Mauvaka retrouve son poste de talonneur, propulsé dans un pack où la deuxième ligne est intégralement reconstruite. Le colosse Emmanuel Meafou est ainsi associé au Montpelliérain Florian Verhaeghe, qui signe son grand retour international trois ans après sa dernière apparition sous le maillot bleu. En troisième ligne, la jeunesse prend le pouvoir avec l’installation du champion du monde U20 Lenni Nouchi au poste de flanker.
La feuille de match offre également son lot d’émotions et d’histoires singulières. À gauche de la mêlée, Moses Alo-Emile va honorer sa toute première sélection. Un moment forcément particulier pour le solide pilier du Stade Français, né à Brisbane même, qui s’apprête à défier son pays d’origine sous les yeux de ses proches.
À l’aile, l’absence de Damian Penaud (blessé et rentré en France) profite à Aaron Grandidier-Nkanang. Le Palois, sacré champion olympique de rugby à VII lors des Jeux de Paris 2024, bascule définitivement dans le grand bain du XV avec une première cape prometteuse.
Quels enjeux pour ce choc à Brisbane ?
La défaite inaugurale face aux All Blacks a laissé des regrets mais a prouvé que ce groupe France, même en phase de reconstruction ou privé de certains cadres, a du répondant. Face à une équipe d’Australie revigorée et joueuse, le défi stratégique sera immense, notamment sous les ballons hauts où le jeu au pied de pression des Wallabies testera immédiatement la solidité de la paire Ntamack-Jalibert.
Ce choc du 11 juillet, programmé à 09h40 heure française au Suncorp Stadium, servira de laboratoire à grande échelle. À un an des grandes échéances mondiales, Fabien Galthié cherche à élargir sa palette tactique. Si le pari s’avère gagnant, le XV de France pourrait bien s’être découvert une nouvelle dimension offensive particulièrement redoutable.



























