Entre émulation scolaire, structuration du rugby féminin, effervescence chez les jeunes et l’émergence spectaculaire de nouvelles pratiques sans contact, le rugby martiniquais n’a jamais semblé aussi dynamique.
L’Écol’Oval : semer les graines du futur en milieu scolaire
Le développement durable d’une discipline se mesure d’abord à la vigueur de ses racines. En Martinique, le dispositif Écol’Oval a prouvé cette année qu’il était le moteur principal du renouvellement des effectifs. Sous la coordination rigoureuse de Thomas Hennion, Conseiller Technique de Club, des passerelles solides ont été jetées tout au long de l’année scolaire entre l’univers éducatif et les structures fédérales. Les interventions directes menées dans les écoles primaires ont trouvé leur apogée fin avril lors de grands rassemblements interscolaires, à la fois ludiques et compétitifs.
À Dillon, le 23 avril, pas moins de 130 élèves des écoles Victor Hillon et Suzanne Roussi ont foulé la pelouse aux côtés des éducateurs du club mythique du Good Luck. Quelques jours plus tard, le 28 avril, une affluence identique faisait vibrer le stade Hermann Ponzo de Rivière-Salée, associant les écoles Carrière, Îlet Charles et Yolande Sainte-Rose dans une dynamique portée par le Rugby Club Diamant. Enfin, le 30 avril, l’Espace Kevin Albicy réunissait 60 écoliers soutenus par la Gauloise de la Trinité. Ce déploiement, rendu possible par l’engagement indéfectible d’une dizaine d’éducateurs passionnés (parmi lesquels Justine Delanghe, Mathieu Burel, Maud Marcellin ou encore Marc Bisson), ambitionne désormais de convertir ces initiations en nouvelles licences afin d’ancrer durablement le rugby dans le cœur de la jeunesse martiniquaise.
Les Écoles de Rugby et la relève arbitrale en pleine lumière
Au-delà du cadre strictement scolaire, les écoles de rugby (EDR) ont maintenu un rythme soutenu à travers des plateaux territoriaux d’une qualité d’organisation remarquable. Le 25 avril, La Trinité s’est transformée en capitale des petits rugbymen avec un grand rassemblement U7, U9 et U11 initié par la Gauloise. Plus de 100 enfants y ont partagé des ateliers techniques et des matchs adaptés. Une annonce majeure est d’ailleurs venue couronner ces efforts : la gratuité des licences décrétée depuis le 1er avril 2026, une mesure incitative forte visant à régulariser les pratiquants non licenciés, notamment dans les catégories cruciales du baby rugby et des U7.
Le samedi 2 mai, c’était au tour du CSAMM de prendre le relais sur les hauteurs du Morne Desaix. Réunissant les catégories allant des U9 jusqu’aux U15/FU16, cette journée a brillé par sa modernité en mettant en avant l’autonomie des jeunes. Trois jeunes officiels titulaires du passeport arbitrage — Clément Bisson, Samaël Gentil et Sasha Hennion — ont ainsi dirigé les rencontres avec maîtrise, pendant qu’un concours de découverte de l’arbitrage suscitait des vocations parmi les adolescents. En prélude, un match « Rugby pour Elles » a confronté des joueuses U11 et U13 à une sélection masculine intermédiaire, illustrant une mixité rafraîchissante et prometteuse.
L’essor incontournable du rugby féminin et de la jeunesse antillaise
Le rugby féminin martiniquais franchit des paliers structurants, et ce printemps 2026 restera comme un moment charnière. La Coupe Seven Féminine (rugby à 7) a offert un spectacle de haut niveau. L’avant-dernière journée, disputée le 25 avril sous le soleil du Robert, a mis en lumière les progrès athlétiques et techniques des équipes locales. Le dénouement est survenu le 2 mai sur le pré franciscain, rassemblant les cinq formations engagées dans un superbe esprit de jeu et de partage. Loin de s’arrêter au format olympique à sept, la dynamique féminine se tourne déjà vers le rugby à X, prémisse indispensable avant une évolution progressive vers le rugby à XV, preuve d’une densification des effectifs sur tout le territoire.
Cette émulation collective s’est également étendue à l’échelle régionale grâce au mythique tournoi Cocaraïbes U15/FU16, organisé le 9 mai à Fort-de-France par le Good Luck 972. Réorienté historiquement vers les jeunes, ce tournoi à X a rassemblé huit délégations de Martinique et de Guadeloupe (le BRUC des Abymes, le Good Luck du Gosier, les Jaguars de Baie-Mahault, le Club du Levant, le Club du Moule, le Rugby Club Diamant, ainsi que les ententes Trois-Îlets/Ducos et Robert/Faacochers). Ce carrefour des talents a célébré avec brio les valeurs de respect et de solidarité propres à l’identité créole du ballon ovale.
En parallèle, le même jour, le Diamant vibrait au rythme d’un tournoi international de Rugby à 5. Rassemblant 24 équipes venues de toute la Caraïbe (Martinique, Guadeloupe, Guyane, Saint-Martin et Saint-Barthélemy), cette journée inclusive, placée sous le signe du contact feutré et de la convivialité, a rendu un vibrant hommage à la mémoire de Tanguy Damas, démontrant que le rugby sait s’ouvrir à tous les publics, quel que soit l’âge ou le niveau.
Un élan solidaire pour pérenniser l’ovalie martiniquaise
Alors que la saison se clôture sur ces succès populaires, la Ligue de Rugby de Martinique regarde vers l’avenir avec ambition mais lucidité. La vitalité constatée sur les terrains requiert de nouvelles forces vives. L’appel est désormais officiellement lancé aux bénévoles, anciens joueurs, parents et partenaires économiques pour soutenir ce mouvement en pleine croissance. Face à des budgets financiers nécessairement limités, c’est l’union des entreprises locales et l’engagement citoyen qui permettront de pérenniser ces actions d’inclusion sociale par le sport et de faire rayonner les valeurs de la Martinique ovale.




























