Sébastien Gayet : « Un podium inattendu »

Sébastien Gayet est enseignant de judo à l’Université d’Artois à Liévin. Il a fait découvrir à ses étudiants une discipline peu réputée, le sambo. Une découverte qui a permis à un de ses élèves, Antony Segard, de s’illustrer au niveau international.

 

Sébastien Gayaet, qu’est-ce que le sambo ?

Le sambo est un sport de combat, peu connu en France mais très populaire dans les pays de l’Est, notamment en Russie ,où il devance le judo et la lutte. C’est un sport pratiqué dans l’armée qui combine judo et lutte. Il y a deux sortes de sambo : le sambo combat, où toutes les frappes et soumission sont autorisées, et le sambo sportif, où vous ne pouvez faire aucune frappe, le but étant de soumettre son adversaire. Les clés en bas du corps sont permises également. Les athlètes portent une veste comme au judo, un short et des chaussures de lutte. Le sambo est intégré à la Fédération Française de Lutte, qui reste une petite fédération (40 000 licenciés) quand on compare avec la Fédération de Judo (600 000 licenciés).

Antony Segard, un de vos élèves, a récemment brillé dans cette discipline…

Oui, il a été médaillé de bronze lors des Championnats du Monde universitaire de sambo qui ont lieu en décembre à Nicosie, à Chypre. Il a d’énormes capacités mais un podium était inattendu, c’est sûr. A la base, c’est un judoka de 1ère division, son père est d’ailleurs enseignant et 5ème dan. Lors de son premier tournoi, il avait été très secoué et avait enfin vu une toute nouvelle façon de combattre, notamment face à des adversaires venant des pays de l’Est. Il lui manquait de la combativité, son point faible étant les clés de jambes et le travail au sol, beaucoup moins présents dans le judo. Nous avons travaillé, et cela a été bénéfique pour lui puisqu’il est maintenant médaillé. Il a été poussé à se poser des questions sur sa manière de combattre, et il a réussi à trouver les réponses pour améliorer son style. Cela fait cinq ans que l’on travaille ensemble, et trois ans qu’il est champion de France universitaire de sambo.

Quel est votre engagement dans les sports de combat ?

Je suis professeur de judo, mais je m’intéresse à toutes les autres disciplines. A l’université d’Artois à Liévin, j’ai une trentaine d’étudiants, dont 28 viennent du judo, les deux autres de la lutte. Je leur ai fait découvrir la lutte, puis le sambo. La spécialité combat leur impose en quelque sorte à s’investir dans les trois disciplines. Pour être soutenu au mieux, j’encourage les étudiants à s’inscrire et à s’impliquer dans des clubs fédéraux, pour pouvoir dépendre de la Fédération de lutte. J’ai d’ailleurs créer un petit club fédéral de sambo.

Marion Pauzier

 

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