L’ANESTAPS se bat pour l’avenir de 2500 étudiants

Plus de 2500 étudiants ne pourront pas accéder à la filière Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives à la rentrée universitaire. Comme l’explique son président, Loïc Rosetti, l’ANESTAPS tire la sonnette d’alarme.

2500 étudiants désireux d’intégrer la filière STAPS sont aujourd’hui laissés sur la touche. Comment en est-on arrivé là ?

C’est quelque chose que l’on a vu venir en raison du taux de réussite au baccalauréat, mais pas seulement. C’est un élément que nous observons depuis plusieurs années en STAPS. En 2018, les capacités d’accueil ont augmenté afin d’accueillir plus d’étudiants. L’augmentation de ces capacités d’accueil devait être assortie d’un budget supplémentaire accordé par le gouvernement à la filière STAPS afin d’accueillir ces étudiants supplémentaires. Malheureusement, très peu d’UFR STAPS ont pu bénéficier de moyens supplémentaires.
De plus, grâce notamment aux travaux de l’ANESTAPS et des enseignants sur l’accompagnement et l’orientation pédagogique des jeunes, la réussite interne à la filière STAPS est en hausse. De plus en plus de jeunes restent donc au sein de la formation STAPS, augmentant encore plus le nombre d’étudiants.
La réforme d’accès santé est le dernier facteur aggravant de cette situation. Une part des étudiants en santé peuvent venir suivre une majeure STAPS, mineure Santé dans des UFR. Ils viennent ainsi prendre la place d’étudiants qui veulent faire uniquement STAPS.

Le gouvernement est-il très loin des réponses que vous attendez ?

Les réponses apportées par le gouvernement ne sont pas du tout satisfaisantes. Frédérique Vidal, ministère de l’Enseignement supérieur, a annoncé 1600 euros pour les étudiants que l’on accueillera en plus au sein des UFR STAPS. Il faut savoir qu’un étudiant coûte plus de 11 000 euros à l’année. La proposition de la ministre est donc dérisoire et presque risible.
De plus, le gouvernement prévoit un plan de relance et l’augmentation du nombre de services civiques. Or, selon nous, cela ne doit pas servir de SAS d’attente. L’enseignement supérieur est un service public qui doit être accessible pour tous les jeunes qui veulent y entrer.

Nous sommes déjà au mois d’août. N’est-il pas déjà un peu tard pour agir sur ce sujet en vue de la rentrée ?
Par le passé, nous avons vu que le gouvernement est capable de réagir rapidement lorsqu’il le souhaite. Nous savons que la temporalité est très courte, car il va falloir agir avant le début du mois de septembre. Mais si nous sommes reçus rapidement, c’est possible, d’autant que nous avons de vrais arguments solides à faire valoir. Le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé vouloir relancer le sport. Nous espérons donc que le gouvernement sera à notre écoute. Sinon, nous nous dirigeons vers un scénario extrêmement triste pour ces 2500 jeunes mis de côté.

 

 

Le communiqué de l’ANESTAPS

Avec l’augmentation générale de la réussite au baccalauréat 2020, plus de 2 500 étudiants ne pourront pas accéder à la filière Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives à la rentrée universitaire.

En 10 ans, le nombre d’étudiants entrant en STAPS a plus que doublé, passant de 10 000 en 2008 à 21 000 en 2020. Pour autant, les taux d’encadrement et les moyens alloués restent insuffisants. La communauté STAPS agit depuis de nombreuses années pour accueillir le maximum d’étudiants. Mais aujourd’hui, les capacités d’accueil au sein de la filière sont dépassées malgré les moyens promis par la loi Orientation et Réussite des Étudiants de 2018. Les nombreuses alertes lancées par les enseignants et étudiants restent à ce jour sans réponse concrète du gouvernement.

Face à ce manque de réaction, les enseignants et l’ANESTAPS travaillent sur l’orientation et l’accompagnement pédagogique des étudiants afin d’augmenter leur taux de réussite. Par conséquent, la filière STAPS accumule des étudiants au sein de ses établissements sans moyens supplémentaires. De plus, la mise en place de la Réforme du Premier Cycle des Études de Santé fragilise d’autant plus les conditions déjà critiques de la filière STAPS. Le manque de financement pour accueillir les étudiants en cursus de santé contraint les UFR STAPS à réduire leurs capacités d’accueil, laissant un grand nombre de
candidats sur le banc de touche.

Les réponses apportées actuellement par le gouvernement ne sont pas à la hauteur. En effet, les 1600 euros par étudiant promis par notre ministère de tutelle ne suffisent pas à financer les 11 670 euros que coûtent une année universitaire. Par ailleurs, proposer aux jeunes de s’inscrire en “mention complémentaire”, une alternative non diplômante et amenant vers une formation au prix exorbitant (Entre 5000 à 10 000 €), n’est pas la réponse attendue. Sans proposition d’orientation, plus de 800 néo-bacheliers, inquiets et désemparés, ont sollicité l’ANESTAPS pour obtenir de l’aide afin d’accéder à la filière STAPS.

Le sport est un axe important de la relance post covid-19. Or, l’ANESTAPS regrette le peu d’investissement consacré à la formation publique de ce secteur aux taux d’insertion professionnelle pourtant plus que satisfaisants : 85% après une licence et 92% après un master, 3 mois après l’obtention du diplôme. De plus, faut-il rappeler que la France accueille dans 4 ans les jeux de Paris 2024 ? La formation des futurs professionnels du sport est un levier majeur pour permettre l’héritage tant espéré du plus grand événement sportif au monde.

L’ANESTAPS n’acceptera pas de laisser des jeunes sans formation à la rentrée 2020 !

Nous demandons au gouvernement un fléchage de 30 millions d’euros supplémentaires afin de permettre aux 2 500 jeunes d’intégrer la filière STAPS dans les plus brefs délais. De plus, l’ANESTAPS demande à être reçu par la ministre Mme Frédérique VIDAL, dans le but de construire des solutions concrètes pour l’avenir des jeunes qui souhaitent s’orienter vers les formations et métiers du sport.

Olivier Navarranne
Crédit photo : Hugo LN
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