L’équipe de France de tir en campagne prend part aux championnats du monde à Yankton, dans le Dakota du Sud . Portés par une sélection mêlant ténors d’expérience et jeunes pousses survoltées, les 14 Tricolores visent haut.
Après une campagne européenne polonaise particulièrement prolifique marquée par neuf médailles, la Fédération Française de Tir à l’Arc aligne un contingent de 14 archers taillé pour disputer les premiers rôles sur le sol américain. Neuf des héros de cette belle aventure européenne effectuent le voyage outre-Atlantique, formant ainsi le socle dur d’un collectif en pleine confiance.
Cette délégation s’appuie en grand nombre sur la dynamique des récents championnats de France, puisqu’elle compte dans ses rangs cinq champions nationaux en titre. En arc classique, la cheffe de file féminine Audrey Machinet et son pendant masculin William Pike mènent la marche. Ils sont flanqués de leurs dauphins directs, Marie Lejeune et Florent Mulot, sans oublier Jennifer Devaux, une habituée des podiums en tir de parcours.
La jeunesse prend également une place centrale dans cette expédition. Chez les U21 en arc classique, la France frappe fort en alignant l’intégralité du podium national au départ, à savoir Clément Daligault, Jérémy Baillion et Yvon Laforgue. Cette présence remarquable atteste de la vitalité de la formation tricolore.
Du côté de l’arc à poulies, le leadership est assuré par la très expérimentée Sandra Hervé chez les femmes. Le plateau masculin s’annonce tout aussi impressionnant avec Fabien Delobelle, titré en S2, Nicolas Labiche, vice-champion S1, et le redoutable Nicolas Girard.
Un défi hors norme
Le tir en campagne est une discipline exigeante qui ne pardonne aucun écart. Contrairement au tir sur cible classique, discipline olympique pratiquée sur terrain plat avec des distances fixes, cette épreuve plonge les compétiteurs au cœur de sous-bois et de terrains fortement vallonnés, sur un circuit composé de cibles installées à des distances parfois totalement inconnues des athlètes au moment de viser.
La réussite sur un tel terrain repose sur plusieurs piliers fondamentaux. Les archers doivent d’abord parfaitement maîtriser la gestion du relief afin d’ajuster leur tir en fonction des pentes ascendantes ou descendantes, qui créent un effet de dévers trompeur. Ils doivent aussi faire preuve d’une excellente estimation visuelle pour évaluer la distance exacte à l’œil nu, sans l’aide d’un télémètre. Enfin, l’adaptation à l’environnement s’avère cruciale pour anticiper les rafales de vent en lisière de forêt et gérer les jeux de lumière sous le couvert végétal.
À Yankton, complexe mondialement reconnu pour ses infrastructures géantes dédiées à la discipline, le terrain offre une variété d’angles et de configurations particulièrement piégeuses. La maîtrise des facteurs aérologiques et la régularité du geste physique sous pression feront toute la différence lors des phases éliminatoires.
Un format de compétition impitoyable
La semaine de compétition s’articule autour d’une montée en puissance progressive, allant du réglage technique individuel jusqu’à l’intensité dramatique des duels pour les médailles d’or. Les premiers jours, le mercredi et le jeudi, sont consacrés aux qualifications ainsi qu’aux premiers tours d’éliminatoires correspondant aux douzièmes de finale.
L’étau se resserre dès le vendredi avec le déroulement des phases éliminatoires directes, à la fois en individuel et par équipe. Le week-end constitue le point d’orgue du championnat : le samedi est dédié aux demi-finales et finales individuelles avec l’attribution des premiers titres mondiaux, tandis que le dimanche voit s’affronter les meilleures nations lors des demi-finales et finales par équipe.
Quelles chances de médailles pour la France ?
Sur le papier, l’équipe de France possède l’une des compositions les plus équilibrées du plateau mondial. L’alchimie entre la sérénité des cadres en arc à poulies et l’enthousiasme décomplexé des catégories jeunes offre des opportunités réelles de podiums sur tous les tableaux.
L’épreuve par équipe s’annonce particulièrement prometteuse. La complicité affichée par les groupes tricolores lors des épreuves continentales sera un atout décisif pour rivaliser avec les nations majeures que sont les États-Unis, l’Italie ou l’Allemagne.






















