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World Cup Series de voile : un galop d’essai à Marseille

Richard Langdon/Sailing Energy/World Sailing
La finale de la World Cup Series de voile se déroulera du 2 au 9 juin au stade nautique du Roucas Blanc de Marseille, plan d’eau des épreuves olympiques de 2024. La Ligue Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur de voile est impliquée dans l’organisation. Rencontre avec son président, Claude Le Bacquer.

 

Comment la Ligue Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur de voile participe-t-elle à l’organisation de la finale de la World Cup Series ?

Nous mettons à disposition une partie de nos locaux destinés à l’activité quotidienne. Depuis mars, une de nos secrétaires se dédie à mi-temps à l’organisation, avec les équipes de la Fédération française de voile et de l’Agglomération de Marseille. Trois cadres d’État et quatre entraîneurs fédéraux seront sur l’eau pendant la compétition. Ils aideront à établir les parcours, assisteront les arbitres, assureront la sécurité s’il faut éventuellement récupérer des coureurs blessés. Sur terre, les bénévoles, dont des élus de la Ligue, s’occuperont de l’accueil sur le parking jusqu’à celui des VIP. Nous serons bien présents sur le site pour montrer que la Région Sud sait recevoir.

Organiser une compétition de cette envergure est donc une bonne opportunité de montrer les savoir-faire de la région ?

Nous sommes surveillés par la Fédération internationale de voile depuis que Marseille s’est vu attribuer l’organisation de l’épreuve olympique des JO de 2024. À nous de faire en sorte que tous les paramètres soient réunis pour une bonne organisation, de répondre à toutes leurs exigences et montrer que nous sommes qualifiés pour l’accueil de délégations étrangères. On ne peut pas dire que cette finale de la World Cup Series est une répétition, parce que nous n’avons pas tous les ingrédients – les travaux ne sont pas tous finis –, mais c’est un bon travail de préparation pour les aspects sportif et accueil, les plus importants pour nous à la Ligue. Notre première expérience d’organisation d’un événement de cette envergure l’année dernière s’est bien passée. Au fur et à mesure, nous recalons les parties difficiles et nous préparons des plans B pour réagir le plus vite possible en cas de problèmes. On sait que lors de ce genre d’épreuves il n’y a pas temps mort, alors cette expérience, ça nous évitera les écueils lors des JO. Sur le plan sportif de cette World Cup Series, je ne me fais pas de soucis pour les coureurs qui livreront une belle épreuve.

Quelles sont les autres grosses manifestations de voile qui se déroulent dans la Région Sud ?

Le week-end dernier à Cannes, la Ligue a organisé la finale du championnat de ligue qui a réuni 400 coureurs, des minimes aux adultes de 80 clubs. Une bonne dizaine d’épreuves prestigieuses, qui attirent des centaines, voire des milliers de participants, se déroulent dans la région sur une année : la Massilia Cup, les Voiles de Saint-Tropez, la Juris’Cup à Marseille, les Voiles d’Antibes, la Semaine olympique à Hyères, entre autres, sans oublier des Championnats d’Europe et du monde de différentes séries. Pour ces compétions, la Ligue est partenaire des gros clubs qui organisent.

La voile est donc un atout pour la Région Sud ?

L’attribution de l’épreuve olympique en 2024 a montré que la voile est un sport majeur dans la région. Les Ligues Provence et Côte-D’Azur ont fusionné en 2012, suite à une volonté commune et non parce que la loi l’exigeait. Nous avons ainsi eu le temps de nous habituer à ce fonctionnement. Après la fusion, le Conseil régional a constaté que la voile est le troisième sport olympique du territoire après le football et le tennis et a contribué à son développement. Depuis deux ans, nous sommes la première Ligue de voile en termes de licenciés, nous en comptons actuellement plus de 48 000 licenciés répartis dans 150 clubs. Notre objectif est d’atteindre la barre des 50 000 en 2020.

Comment expliquez-vous ce succès ?

En 20 ans, la voile a gardé son statut de sport de prestige, mais s’est démocratisée. La pratique s’est ouverte à l’éducation aux jeunes. D’ailleurs, nos derniers champions ne sont pas forcément issus des classes les plus aisées. Je pense que c’est une tendance générale, mais c’était très flagrant dans la région. La Ligue incite les clubs à multiplier les offres pour les locaux et passe des partenariats avec les offices de tourisme pour attirer les vacanciers. Nous constatons que nous avons de plus en plus de régates par rapport à la Bretagne. Selon moi, c’est dû à une évolution des mentalités, les pratiquants sont contents de sortir en mer par beau temps et d’éviter des contraintes.

Comment favorisez-vous le développement des clubs ?

Nous travaillons avec eux par rapport à cette évolution des mentalités. Nous encourageons les clubs à s’ouvrir à ce nouveau public, en faisant de l’accueil jusqu’à 20 h pendant la haute saison pour les personnes qui viennent après le travail, en proposant des activités qui demandent moins de préparation et moins de remise en état des bateaux après, ou encore à se tourner vers la voile douce pour les seniors, une activité physique sans enjeux de compétition, mais qui créé du lien social. Dans ce cadre, nous avons un gros rôle de formation pour élargir le champ de compétences des membres de club dans la qualité de l’accueil. Nous aidons aussi les clubs à développer des activités connexes comme le paddle ou le kayak. L’économie du monde du sport change et il faut chercher des ressources ailleurs, en mettant en place des activités lucratives. La Ligue a aussi un rôle de conseils dans le renouvellement du parc. Nous voulons harmoniser les pratiques pour qu’une personne qui change de club dans la région puisse bénéficier d’un enseignement et de matériel comparables.

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Propos recueillis par Leslie Mucret

 

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