Nouvelles Maisons Sport Santé, l’exemple des CDOS

Près de 140 structures ont été labellisées Maisons Sport Santé par les ministères des Sports et des Solidarités et de la Santé pour développer le lien entre les professionnels de santé et les personnes qui souhaitent débuter une activité physique. Exemple avec trois Comités départementaux olympiques et sportifs.

 

La sédentarité a été identifiée comme l’une des premières causes de mortalité en France. Le ministère des Sports et le ministère des Solidarités et de la Santé se sont associés pour porter l’activité physique et sportive comme facteur de bien-être. Dans le cadre de la Stratégie nationale sport santé construite ensemble, ils ont certifié mi-janvier avec un label Maisons Sport Santé, 138 structures dans lesquelles des professionnels accompagnent les personnes dans leur sortie de l’inactivité. En tout, 288 candidatures de plateformes numériques, d’établissements publics, de centres hospitaliers, d’associations et de sociétés privées ont été envoyées suite au premier appel à projet.

 

 

32 créneaux hebdomadaires adaptés en Eure-et-Loir

 

Plusieurs Comités départementaux olympiques et sportifs (CDOS) ont été retenus et ont obtenu le label grâce au travail mené, parfois depuis plusieurs années, sur leur territoire. Par exemple, la filière santé du CDOS de l’Eure-et-Loir a été réactivée en 2016, suite à la promulgation de la loi qui autorise la prescription du sport sur ordonnance. « Dans un premier temps les médecins prescrivent une activité physique adaptée au patient, celui-ci contact ensuite la Maison Sport Santé 28 qui l’aiguille en fonction de ses capacités et de ses envies vers une association sportive ayant signée la charte du CDOS. Au sein de l’association sportive, l’enseignant APA travaille avec le patient et prend en compte son projet personnel en vue d’améliorer son quotidien », décrit Yon Bergeron, responsable de la nouvelle structure sport santé. Au total, 32 créneaux hebdomadaires, adaptés à l’accueil de personnes atteintes de pathologies chroniques comme l’obésité, le diabète, les maladies cardio-vasculaires ou encore les cancers, ont été ouverts par différentes associations du territoire. «  L’éducateur APA travaille avec un petit groupe d’une dizaine de personnes, souvent de pathologies différentes, pour favoriser le lien social ». « Il s’agit d’exercices d’équilibre, de remise en condition, de renforcement musculaire à travers une activité physique qui peut prendre la forme de gymnastique, de basket ou d’un autre sport », précise Yon Bergeron. « Le judo santé proposé n’a rien à voir avec le judo de Teddy Riner. On essaye de donner un autre nom à certains sports pour limiter une connotation qui fait peur, comme appeler le karaté gymnastique japonaise. » Pour participer à ces créneaux, les patients prennent une licence, pour laquelle le CDOS 28 offre une réduction de 50€ la première année, auprès d’une des treize associations partenaires. En 2019, près de 300 personnes ont été touchées.

 

Premier contact au CDOS du Territoire de Belfort

 

Accueillir, informer et orienter sont les piliers sur lesquels reposent le concept des Maisons Sport Santé. « Nous avons deux cibles : les personnes en bonne santé mais qui ne pratiquent jamais ou peu de sport et les patients atteints d’une affection de longue durée (ALD) ou d’une maladie chronique à qui une activité physique a été prescrite sur ordonnance », détaille Fabrice Cavaleri, éducateur APA au CDOS du Territoire de Belfort. « Elles prennent un premier contact avec nous par téléphone ou dans nos bureaux pour se renseigner sur l’offre locale. Selon leur motivation et leur situation géographique, nous les orientons vers des associations avec des temps consacrés aux loisirs et au bien-être. Il existe une vingtaine de créneaux dans tous les champs d’activité. » Dans le cas où des Terrifortains entreraient en contact suite à une consultation chez un médecin, le CDOS s’appuie sur le Réseau sport santé bien-être développé par l’Agence régionale de santé (ARS) et la Direction régionale et départementale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRDJSCS) de Bourgogne-Franche-Comté, qui recensent les associations en capacité d’accueillir ce public. Des éducateurs APA du Comité peuvent se rendre dans les territoires qui ne sont pas couverts par de telles structures.

 

Une coordination globale dans l’Ardèche

 

Le CDOS de l’Ardèche, déjà impliqué dans un réseau sport santé qui mutualise les connaissances de professionnels de santé depuis 2015, a intégré le Dispositif d’accompagnement vers la pratique d’activités physiques (DAPAP) de l’ARS en 2017. « Cela nous a permis d’élargir nos missions et notre impact sur la population », décrit Jonathan Bazard, chargé de projet. « Des personnes sont reçues pour un bilan de condition physique et un entretien motivationnel, puis nous les orientons auprès des structures référencées dans le réseau. » Ces évaluations sont menées grâce aux associations partenaires qui mettent leurs locaux à disposition. « Nous disposons d’outils simples contenus dans une mallette afin d’aller partout dans l’Ardèche, un département rural », souligne Jonathan Bazard. Le Comité cofinance ensuite les ateliers que suivent les néo-sportifs. Le DAPAP mobilise entre 35 et 40 acteurs médico-sociaux issus des collectivités, de l’ARS ou encore de la DRDJSCS. « Et c’est sans compter le personnel médical avec qui nous discutons grâce à un logiciel », ajoute le chargé de projet. « C’est une coordination globale pour un maillage du territoire. » Le CDOS 07 fait office de plateforme qui accompagne les gens dans leur reprise d’une activité physique. « Ils peuvent aussi venir avec des questions et nous les accompagnons dans leur choix, en déterminant l’activité qui leur convient le mieux selon leurs envies, leurs capacités et leur situation géographique », poursuit Jonathan Bazard. En 2019, 150 personnes ont été accompagnées individuellement par le CDOS de l’Ardèche dans leur quête pour retrouver une activité physique.

 

Une reconnaissance

 

La certification Maison Sport Santé est avant tout une reconnaissance du travail de ces CDOS dans le sport santé. « Cette labellisation met en avant tout ce qu’on a construit avec notre réseau », savoure Yon Bergeron. « Nous avons une légitimité supplémentaire auprès des médecins chez qui on sent encore de la réticence à prescrire du sport et qui doivent prendre plus d’importance dans notre dispositif », souligne pour sa part Jonathan Bazard. Devenir Maison Sport Santé ouvre également de nouvelles perspectives : « En notre qualité de CDOS, nous menons quelques actions ponctuelles sur la santé avec les entreprises et dans le milieu scolaire », indique l’agent de développement du CDOS de l’Eure-et-Loir. « Grâce à ce label, on va pouvoir agir plus largement avec des actions de sport pour tous et sport loisir, amener une sensibilisation supplémentaire dans les écoles. » « Nous souhaitons développer un projet de lutte contre l’obésité en milieu scolaire », annonce Fabrice Cavaleri. « Les infirmiers nous transmettent des données et à partir de nos statistiques, nous décidons d’animations à mettre en place. » Du côté du CDOS de l’Ardèche, on espère surtout élargir la cible. « Le sport santé concerne tout le monde, de 0 à 99 ans, que la personne soit sédentaire ou en affection de longue durée », soutient Jonathan Bazard. Un nouvel appel à projets Maisons Sport Santé sera lancé ce mois-ci. Les ministères des Sports et des Solidarités et de la Santé ont l’intention de labelliser 500 structures d’ici 2022, année qui coïncide avec l’objectif annoncé de 3 millions de pratiquants supplémentaires en France.

 

 

Le label Maisons Sport Santé chiffres
  • 2 publics sont particulièrement visés par les Maisons Sport Santé : les personnes en bonne santé éloignée de l’activité physique qui ont besoin d’un accompagnement pour s’y (re)mettre et les patients souffrant de maladies chroniques ou d’affections de longue durée et dont la pratique doit être encadrée par un personnel formé.
  • 4 grandes missions : accueillir, renseigner, informer et conseiller, orienter.
  • 278 candidatures de structures ont été jugées recevables par les ministères des Sports et des Solidarités et de la Santé qui en ont labellisées 138. Seuls 10 départements sur les 95 métropolitains n’ont pas de Maisons Sport Santé. Objectif visé, 500 et un maillage territorial total en 2022.
  • La sédentarité serait la cause de 2 millions de décès par an dans le monde, selon l’Organisme mondial de la santé.

 

Par Leslie Mucret
Crédit photos : Avalon / Icon Sport et MGEN
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