La pratique de l’activité physique et sportive au cœur d’un rapport

Les députés Régis Juanico et Marie Tamarelle Verhaeghe vont dévoiler leur rapport sur la prévention en santé publique. Un rapport de 170 pages et de 18 propositions concrètes où l’activité physique et sportive occupe une place importante.

« La crise sanitaire et sa cohorte de données alarmantes accentuent le rôle déterminant de la pratique d’activité physique et sportive sur la santé, comme thérapeutique particulièrement efficace pour prévenir les maladies chroniques, les surmonter, retarder la dépendance des personnes âgées et augmenter l’espérance de vie en bonne santé », explique ce rapport en ouverture. « Or, si de nombreuses initiatives sont prises sur le terrain par des acteurs convaincus, dévoués et engagés, la prise de conscience quant à la réalité de cette « bombe à retardement sanitaire » et les actions conduites à tous les âges de vie paraissent clairement insuffisantes. Il faut maintenant agir vite. Dans cette perspective, notre rapport formule 18 propositions pour développer l’activité physique dès le plus jeune âge et pour tous les publics. » Le rapport conseille ainsi de définir l’activité physique et sportive « grande cause nationale » dès 2022 et en faire une priorité de santé publique dans le cadre de l’héritage des JOP de Paris 2024, de faire de septembre le mois de l’activité physique et sportive en fédérant les initiatives éparses dans ce domaine, de mieux informer sur les dangers des écrans avant 3 ans, sur les addictions, les soutiens à la parentalité et les prises en charge possibles, mais aussi de mettre en place des tests de capacité physique et de forme accessibles à tous notamment à l’école et dans le cadre de l’activité professionnelle.

Particulièrement détaillé, ce rapport conseille également de créer un ministère délégué en charge de la prévention en santé publique, de formuler dans un document unique les objectifs de prévention en santé publique et de lutte contre la sédentarité pour les différentes catégories de population et portant sur les principales pathologies, de définir comme prioritaires ces objectifs et en réaliser une évaluation annuelle, et de définir précisément les structures et les acteurs en charge de la mise en œuvre de ces objectifs. L’école se veut être au cœur des préconisations, avec le souhait d’inscrire l’éducation physique et sportive dans les compétences du socle commun évaluées dans le Diplôme national du brevet, dans les épreuves du CAP et du BAC, de doter les médecins et infirmiers scolaires des outils nécessaires, partagés et interopérables, pour suivre la santé des élèves tout au long de leur scolarité (mise à disposition du dossier médical partagé) et ouvrir la prescription d’activité physique supplémentaire aux médecins scolaires et à ceux de la Protection maternelle et infantile.

Le rapport entend également permettre de désigner un référent sport-santé dans chaque école afin de diffuser les ressources et bonnes pratiques à la communauté éducative, généraliser le dispositif des « 30 minutes d’activité physique par jour », à l’école et dans les établissements scolaires, en complément de l’horaire d’EPS, lancer un grand programme d’aménagement du bâti scolaire et des cours de récréation des écoles pour favoriser la mixité des jeux et la motricité, élargir le « Pass’sport » aux jeunes jusqu’à 20 ans, aux fédérations sportives scolaires et le pérenniser. Autre propositions majeures : rendre la prescription de l’activité physique adaptée plus accessible en instaurant une prise en charge, par l’assurance maladie, de la consultation médicale comportant le bilan médico-sportif et motivationnel préalable, faire progressivement des Maisons sport-santé le guichet unique d’accueil, d’information et d’orientation de l’APA dans les territoires, ou encore créer un fonds de soutien financier aux MSS par l’attribution d’une part des taxes affectées sur les paris sportifs.

Olivier Navarranne
Crédit photo : SUSA / Icon Sport
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