À moins de quatre semaines des Jeux Olympiques de Milan-Cortina 2026, l’équipe de France de patinage de vitesse longue piste a utilisé les Championnats d’Europe comme un laboratoire à ciel ouvert. À Tomaszów Mazowiecki, en Pologne, les Bleus ont privilégié l’observation, la répétition et l’évaluation collective, dans un contexte loin d’être idéal mais riche d’enseignements.
Sans Timothy Loubineaud ni Violette Braun, volontairement ménagés pour concentrer leurs efforts sur l’échéance olympique, le staff tricolore a aligné, pour les championnats d’Europe, un groupe recentré autour de Germain Deschamps, Giovanni Trebouta, Valentin Thiebault, Mathieu Belloir et Julia Nizan. L’enjeu n’était pas le tableau d’honneur, mais la capacité à tenir des courses engagées, à enchaîner les efforts et à jauger les automatismes, notamment en poursuite par équipes et en mass start.
Une préparation contrariée, un état d’esprit intact
Le décor polonais n’a pas offert un long fleuve tranquille aux Français. Entre passages de maladies et matériel indisponible pendant plusieurs jours, les conditions de préparation ont bousculé les routines. Dans ce contexte, la priorité a été donnée à la gestion des courses et à la cohésion, plutôt qu’à la quête de chronos ou de médailles. Dès l’ouverture, la poursuite par équipes masculine a servi de premier révélateur.
Le trio Belloir-Deschamps-Thiebault a frôlé le podium, échouant à une poignée de dixièmes de seconde d’une place sur le podium. Une performance qui, sans être récompensée, a posé un cadre clair : la France est au contact des meilleures nations européennes lorsque l’exécution est maîtrisée.
Des courses individuelles pour prendre la mesure
Sur les épreuves individuelles, l’objectif était d’accumuler des données et de sentir la densité du peloton. Julia Nizan a ainsi engrangé de l’expérience sur 3000m puis en mass start, dans des courses où la gestion et le placement priment autant que la vitesse pure. Chez les hommes, Giovanni Trebouta a livré une prestation solide sur m, tandis que Valentin Thiebault a confirmé sa régularité sur m. Mais c’est bien le mass start masculin qui a concentré l’attention en clôture de ces Championnats d’Europe.
Dans une course nerveuse, Valentin Thiebault s’est hissé au pied du podium, suivi de près par Mathieu Belloir. Deux places dans le top 7 qui traduisent une vraie capacité à lire la course et à répondre dans les moments clés, qualités indispensables à l’approche olympique.
À un mois de l’objectif, des signaux positifs
Au-delà des classements, ces Europe ont surtout permis au staff français de valider des choix et d’identifier des axes de progression. La quatrième place en poursuite par équipes, combinée aux performances en mass start, dessine un potentiel réel à exploiter dans les semaines à venir. Sans pression de résultat et malgré des circonstances peu favorables, l’équipe de France repart de Pologne avec des repères concrets et une dynamique cohérente. Le compte à rebours est désormais lancé vers Milan-Cortina, où chaque détail comptera.


















