Les baisses dissimulées du soutien aux associations

Dans chacune de nos villes, Septembre est le mois des associations. Qu’ils aient été dénommés Forum des associations, Foire aux associations, Cité des associations, Fête des associations, ou Cap associations, ces rassemblements annuels facilitent le choix des activités sportives, culturelles, sociales, environnementales, … que chacun.e aura l’opportunité de pratiquer dans les mois à venir.

 

C’est aussi le moment où l’on observe avec quelle vigueur ces associations arrivent à jouer ce « rôle indéniable dans le tissu social du pays » que le Sénat a rappelé le 6 mars dernier dans une proposition de loi en faveur de l’engagement associatif. Malheureusement, loin de cette affirmation, les décisions prises nationalement sont un frein au développement, voire à la pérennité de ces associations. Dans sa Lettre de novembre 2018, « Sportculture 2020 » dénonçait déjà « l’amputation des statuts et des rémunérations des personnes œuvrant dans les associations par la suppression des emplois aidés ; tout comme l’énorme diminution des versements effectués aux associations reconnues d’utilité publique par les personnes qui relevaient de l’ISF, avant sa suppression, et qui obtenaient ainsi une déduction fiscale. » Depuis, est venu s’ajouter une diminution des dons des retraités, du fait de l’amputation de leur pouvoir d’achat.

Des procédés dissimulés

De plus, aux millions d’euros soustraits nationalement aux associations, certaines collectivités adjoignent des contraintes qui les rendent encore plus vulnérables. Des contraintes pas vraiment assumées tant il est difficile de supprimer ostensiblement la subvention d’une association locale. De fait, les procédés mis en œuvre par les collectivités qui craignent le fonctionnement démocratique des associations sont à la fois dissimulés et efficaces :

  • multiplication des contraintes administratives que les bénévoles n’auront pas le temps ou la compétence de gérer,
  • obligation de louer les matériels municipaux nécessaires pour l’organisation des manifestations.

Des procédés qui amènent certaines associations à refuser les subventions restituées aux collectivités par le biais de ces locations. Une situation résumée avec amertume par un président de club sportif : « au moins pendant ce qui sera probablement notre dernière année d’existence, nous n’aurons plus besoin de faire acte d’allégeance ». On ne peut plus continuer à diminuer, même de façon dissimulée, les soutiens aux associations, tout en faisant semblant d’être à la recherche de structures susceptibles de réunir les enjeux sociaux et environnementaux. Alors que cette alliance d’enjeux, réclamée par les générations montantes, est depuis longtemps la résultante du fonctionnement de très nombreuses associations. Et si au lieu de les mettre en difficulté on construisait avec elles, autour de ces enjeux sociaux et environnementaux, des partenariats que nul n’aurait besoin de cacher ?

Par jean-Pierre Faye
Crédit photo : Icon Sport
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