Le cri d’alarme de Daniel Delrey, secrétaire général du CROS Occitanie

Daniel Delrey, secrétaire général du CROS Occitanie, dresse un constat alarmant de la situation des clubs depuis le début du deuxième confinement. Il s’appuie sur l’exemple de son club l’ASPTT Montpellier. Interview.

En tant que secrétaire général du CROS Occitanie, connaissez-vous la situation des clubs de la région depuis le début du deuxième confinement ?

Le CROS Occitanie a relayé la consultation nationale du CNOSF pour connaître la situation exacte des clubs en termes de pertes financières, mais aussi de licenciés. Elle s’est terminée le 10 novembre et on doit encore attendre pour avoir une idée bien précise de la situation en région. Nous n’avons pas non plus de visibilité sur l’avenir, si le confinement dure ou s’il y en a un troisième en 2021.

 

Vous êtes également président de l’ASPTT Montpellier. Quelle est la situation dans votre club ?

Nous avons constaté une baisse de 22 à 25% de licenciés au sein de l’ASPTT Montpellier. Le bilan comptable se fait sur l’année civile. Lors du premier confinement, le chômage partiel mis en place par l’État nous a apporté une bouffée d’oxygène. Le déconfinement mi-mai nous a permis de rattraper les cours jusqu’en août dans des conditions à peu près normales. Mais le deuxième confinement au moment du renouvellement des inscriptions a été le coup de grâce. Nous avons projeté une perte autour 50 000 euros à la fin de l’année.

Pensez-vous que votre cas est similaire pour les clubs de toute la région Occitanie ?

L’ASPTT de Montpellier est une structure avec 4 000 adhérents et 30 salariés avec 17 équivalents temps plein. Peut-être que des structures plus petites connaissent des pertes moins importantes, mais pour tous l’arrêt des compétitions est préjudiciable pour l’avenir. Nous avons tous peur de ne plus revoir des personnes qui étaient déjà réticentes, comme les populations à risque ainsi que des enfants de parents inquiets, début septembre. Cela nous fait craindre une année 2021 encore plus difficile. Une autre donnée entre en jeu par rapport au printemps, on ressent une lassitude générale auprès des bénévoles. Ils étaient bien lancés en septembre, mais on leur a coupé l’herbe sous le pied. La démotivation des bénévoles qu’on avait vus s’investir lors du premier confinement est une grande inquiétude de plus.

 

Quelles solutions ont les clubs ?

Aujourd’hui, les structures essayent de sauver ce qu’elles peuvent, de garder leurs licenciés motivés en attendant que les activités reprennent en s’appuyant sur les réseaux sociaux. Des clubs organisent des actions virtuelles comme des challenges de jongles ou du plus grand nombre de paniers inscrits en basket. À l’ASPTT Montpellier, nous avons établi un planning de cours en live sur Facebook. Nos éducateurs en fitness, pilates et yoga filment leurs séances pour que les licenciés pratiquent de chez eux. Le risque est que les gens ne reviennent pas dans le club car ils considèrent que c’est plus facile de rester à la maison. Pourtant, ça ne remplace pas le lien social. Par exemple, on voit des personnes âgées qui se retrouvent lors des séances et restent après pour discuter. C’est aussi ça le but d’une association.

 

Vous dressez donc un constat alarmiste.

Comme l’a dit Denis Masseglia, le plan de relance du sport de 122 millions d’euros en deux ans annoncé par le Gouvernement n’est pas suffisant pour sauver tous les clubs en difficultés. Nous avons que le sentiment de ne recevoir aucune reconnaissance alors le sport s’investit beaucoup sur le plan social et pour le bien-être.

Propos recueillis par Leslie Mucret
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