Hayette Djennane, libre comme l’air…

Malgré la « myopathie des ceintures » dont elle souffre, Hayette Djennane garde constamment le sourire aux lèvres. La championne de France handisport de parachutisme prône le dépassement de soi.

Hayette Djennane a toujours été une grande sportive. Durant sa jeunesse, elle a en effet pratiqué la natation, la gymnastique acrobatique et le kung-fu en compétition. Vélo, football, badminton et rollers figuraient, quant à eux, parmi ses loisirs. Malheureusement, à l’âge de 15 ans, une mauvaise chute sur le dos déclenche sa « myopathie des ceintures ». Une maladie rare, d’origine génétique, dont elle est atteinte depuis la naissance. « Mon handicap a considérablement évolué à l’adolescence, se souvient la jeune femme originaire des Hauts-de-Seine. Je perdais de la force musculaire au niveau des membres inférieurs et supérieurs. À chaque fois que je jouais au foot par exemple, je contractais une entorse ». Ses performances en natation déclinent. Dans un premier temps, Hayette préfère « forcer » et ne révèle pas sa pathologie. Son handicap prend davantage d’ampleur, ce qui l’amène à intégrer une école mixte (acceptant à la fois les enfants valides et non valides), située à Vaucresson. Dans celle-ci, ses professeurs de sport l’initient au saut en parachute. « Mon baptême de l’air, en 2008, était une catastrophe, s’exclame-t-elle. Quand je me suis retrouvée à 2 000 mètres d’altitude, je suis devenue toute blanche. J’ai paniqué. Puis, quand on a sauté, avec mon moniteur, j’ai surkiffé. Je voulais y retourner sur-le-champ ». Son vœu sera exaucé deux ans plus tard. La licenciée au « Paraclub les Ailes du Noyonnais » (PCAN), situé http://www.francemedicale.net/cialis/ dans l’Oise, saute alors en tandem avec Daniel Durand, qu’elle considère depuis comme son « ange gardien ». Directeur technique de l’école de parachutisme de Frétoy-le-Château, petit village situé dans le canton de Noyon, ce dernier se charge d’ouvrir l’appareil et s’assure de sa sécurité. Le harnais est adapté en fonction du handicap, et les sangles permettent de relever les jambes d’Hayette.

« Mon baptême de l’air était une catastrophe »

Quelque temps plus tard, la Fédération Française de Parachutisme permet aux athlètes handisports d’avoir leur propre compétition, permettant ainsi à la jeune femme de participer aux championnats de France handisports en 2014, et de terminer à la troisième place. L’année suivante, elle devient championne de France de voltige aérienne dans la catégorie handisport. Un titre conservé en 2016, qu’elle remettra en jeu cette année. Le saut en parachute tandem handisport consiste à effectuer de la chute libre avec une descente sous le parachute, directement relié à un moniteur titulaire d’une qualification fédérale spécifique. L’objectif étant de réaliser quatre tours sur soi-même, le plus rapidement possible. Outre Daniel Durand qui ouvre son parachute, Hayette peut compter sur Hervé et Marie-Agnès Dizien pour compléter son équipe. Ces preneurs d’images l’accompagnent depuis ses premiers sauts. « Marie se met face à moi et Daniel me fait « ok » avec le pouce, explique-t-elle. J’enclenche alors mes tours. Le but est d’arriver face à Marie à chaque clôture de tour. Si tel n’est pas le cas, j’écope de pénalités. Rien n’est laissé au hasard ».

> Envie de lire la suite ? Commandez dès maintenant notre numéro 98 !