Flavien Neuvy : « Nous sommes un peuple sportif »

Créé en 1985, l’Observatoire Cetelem propose régulièrement des études sur le mode de vie des Français. Pour SPORTMAG, Flavien Neuvy, directeur de l’Observatoire, s’est exprimé sur les Français et leur rapport au sport. Entretien…

 

Flavien Neuvy, que retenez-vous de votre étude sur les Français et leur rapport au sport ?

Plusieurs données sont intéressantes. Déjà, il est important de noter que la pratique sportive est très présente en France. Plus de trois quarts des Français déclarent pratiquer. On le voit d’ailleurs dans le marché du sport puisque nous avons plusieurs enseignes spécialisées, ce qui n’est pas le cas partout en Europe. Le sport de haut-niveau a également une incidence puisqu’il donne des impulsions non négligeables, et notamment vis-à-vis de la jeunesse. Nous profitons d’un tissu très dense de clubs sportifs, de bénévoles. D’une manière globale, nous sommes un peuple sportif.

Comment les Français pratiquent-ils ?

Loin devant, nous retrouvons la course à pied et la randonnée que les Français (57%) pratiquent le plus souvent seuls. La notion de santé, et notamment à travers ces activités, est souvent l’une des origines de la pratique sportive. Même si le plaisir est également fondamental, prendre soin de son corps et de sa tête est important pour les Français. Après, nous retrouvons également les pratiques en clubs ou dans des associations pour 27% des Français. D’un point de vue financier, les Français dépensent en moyenne 264 euros par an pour le sport. Cela revient environ à 22 euros par mois, tandis qu’ils dépensent en moyenne 16 euros par mois pour leur téléphone portable. Ça vaut ce que ça vaut, mais c’est plutôt rigolo comme chiffre.

Pour une nation, quel est l’intérêt d’avoir un peuple sportif ?

Il y a plusieurs enjeux, celui de santé publique est essentiel. Les médecins sont unanimes pour dire que le sport est primordial, que ce soit en termes de prévention ou de bien-être. Si l’on va un peu plus loin, cet enjeu est également important pour les comptes de la nation. Plus on a une population qui se porte bien, mieux c’est pour les caisses de la sécurité sociale et du pays. Et puis il y a un enjeu de cohésion sociale qui est déterminant. Le sport, ce n’est pas qu’une question de physique, de plaisir. Cela permet aussi de se regrouper, de s’unir derrière une équipe et une même ambition. La dimension sociale est capitale parce qu’elle permet de faire le lien. En tant qu’élu local, je le vois parfaitement à travers le rôle majeur des associations. Heureusement que nous avons ces structures et tous les bénévoles qui s’investissent tous les jours pour le bien-être collectif. Je trouve d’ailleurs que ce vecteur social n’est pas suffisamment mis en avant, tant par les leaders d’opinion que les leaders politiques.

Alors qu’il est essentiel à l’équilibre du pays…

Exactement. Si nous n’avons pas de bénévoles, nous n’avons plus d’associations. Et si nous n’en avons plus, la France n’est plus la même. Souvent, quand je prends la parole devant des responsables associatifs, je leur demande d’imaginer ce qu’il se passerait si les bénévoles se mettaient en grève pendant un mois. Si cela arrive, c’est la panique dans le pays. D’autant que la jeune génération s’implique un peu moins, les associations ont de plus en plus de mal à trouver les présidents et les trésoriers de demain.

Propos recueillis par Bérenger Tournier

 

Crédit photo : Cédric Lecocq
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