L’édito du mois : la mue

Découvrez notre édito du mois dans notre magazine de mai.

 
La commercialisation de la pratique sportive aura-t-elle raison d’un système basé sur le bénévolat et le monde fédéral ? Tel est l’enjeu du moment, car avec la création de l’Agence nationale du sport, le puzzle sport made in France devient très complexe à aboutir. L’État, le monde sportif (CNOSF, les fédérations), le monde politique (sans les députés et les sénateurs) et le secteur privé (entreprises) constituent le groupement des nouveaux administrateurs de l’ANS, mais l’accouchement de ce projet a pris beaucoup de retard avec plusieurs reports. Maintenant que la machine est lancée, nous avons tout intérêt à avancer dans la même direction, car un échec serait dramatique pour l’ensemble du monde sportif. Les clubs et les collectivités auront un rôle essentiel dans le bon fonctionnement de cette nouvelle organisation, car les initiatives privées ne seront pas en reste sur un marché qui deviendra de plus en plus concurrentiel. Le monopole du sport fédéral devra partager les espaces de jeux avec le secteur marchand qui fleurit dans tous les secteurs d’activités. Nous sommes entrés dans une nouvelle ère de consommation du sport, avec des offres à la carte et des budgets différents pour des publics plus exigeants. La peur du changement est bien légitime, car nous aimons tous notre confort et nos repères. Seulement, aujourd’hui, aussi bien les collectivités que l’État devront faciliter la création de structures publiques et privées, afin de répondre à une demande croissante de la pratique sportive dans notre pays. L’enjeu économique sera très important et la collectivité n’a pas intérêt à supporter à elle seule tous les investissements de ce développement. Car nos impôts en pâtiront et il n’est pas certain que le peuple français l’accepte. Dans ce contexte, les fédérations sportives ont aussi un rôle très important à jouer en repensant le mode des pratiques ainsi que leurs planifications. Pourquoi ne pas organiser les compétitions pour les jeunes de moins de 16 ans les mercredis après-midi ? Cela pénaliserait moins les enfants de familles monoparentales qui sont souvent privés un week-end sur 2 de compétitions en club. Autant de questions et de réformes à apporter, tout en respectant l’intérêt général. Le sport bouge pour le plus grand bonheur des pratiquants. Le sport ne coûte pas, il rapporte gros. Il suffit de se rappeler les bienfaits de la pratique sportive sur la société pour tous et à tous les âges.
 
“La clarté est la forme la plus difficile du courage.”
 
François Mitterrand

Par Pascal Rioche
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