Face à la multiplication des affaires ces dernières années, le mouvement sportif français se dote d’un nouvel outil. La Fondation du Sport Français a annoncé abriter en son sein la Fondation pour un Sport sans Violences, une initiative portée par le CNOSF.
Un chiffre qui interpelle
Le lancement de cette structure intervient dans un contexte d’urgence, illustré par une hausse continue des signalements. Selon le dernier bilan de Signal-Sports (la cellule nationale de traitement des violences dans le sport), 872 signalements ont été enregistrés en 2025, soit une augmentation de 64% par rapport à 2024, et de 140% par rapport à 2023. Depuis sa création en 2020, la cellule a recueilli 2 607 signalements au total. Sur la seule année écoulée, 1,4 million contrôles d’honorabilité menés auprès des bénévoles et encadrants ont permis d’écarter 981 personnes de leurs fonctions.
D’autres chiffres donnent la mesure du phénomène : 58% des sportifs déclarent avoir été victimes d’au moins un acte de violence au cours de leur parcours, avec près de 71% des victimes mineures et environ 90% des auteurs présumés des hommes. Un rapport parlementaire publié cette année sur les défaillances du mouvement sportif pointait par ailleurs un dispositif Signal-Sports encore méconnu des clubs, et des moyens humains jugés insuffisants pour absorber la hausse des signalements.
Trois axes : prévenir, accompagner, sanctionner
L’action de la nouvelle fondation s’articule autour de trois volets. Le premier concerne la prévention, avec l’ambition d’éduquer et de former l’ensemble des acteurs du sport, des jeunes licenciés aux éducateurs et dirigeants. Le deuxième vise l’accompagnement des victimes, en facilitant la libération de la parole et en les orientant vers les structures adéquates. Le troisième porte sur le renforcement des procédures disciplinaires, avec l’objectif de garantir un traitement rigoureux des signalements et des sanctions harmonisées.
Ce projet ne part pas de rien : le CNOSF dispose déjà d’une commission de lutte contre les violences sexuelles et les discriminations dans le sport, présidée par Jean Zoungrana, également président de la Fédération française de canoë-kayak.
Une union d’acteurs, publics comme privés
Pour mener à bien ses missions, la fondation entend s’appuyer sur un large écosystème composé d’acteurs publics, d’entreprises, de fédérations sportives et de mécènes. L’idée est de mutualiser les ressources et les expertises pour faire évoluer durablement les pratiques et les mentalités dans l’ensemble du mouvement sportif. Les organisations ou particuliers souhaitant obtenir plus d’informations ou s’engager peuvent contacter la fondation à l’adresse contact@sportsansviolences.fr.


























