Du terrain amateur aux exigences du monde professionnel, Kevin Berrebi a construit un parcours riche, entre formation, analyse et performance, de Franconville à Chambly en passant par le PSG Academy Casablanca. À 38 ans, il développe une vision globale du métier, où la polyvalence devient une nécessité… sans jamais remplacer l’œil du coach.
À 38 ans, tu as déjà connu des clubs professionnels, des académies et le football régional : est-ce que tu te reconnais dans cette nouvelle génération d’entraîneurs polyvalents ?
Oui, en partie. Aujourd’hui, les entraîneurs qui veulent progresser ont compris que la performance repose sur plusieurs dimensions : la tactique, la préparation physique, l’analyse vidéo ou encore l’aspect mental. Ces formations permettent aux coachs de développer une vision plus complète du métier. Cette polyvalence est particulièrement importante dans le football amateur, où les moyens sont parfois limités et où l’entraîneur doit souvent s’appuyer sur ses propres compétences. Cependant, cette approche a aussi ses limites. Être polyvalent permet d’être utile dans un staff, mais cela peut parfois rendre plus difficile le fait de devenir une véritable référence dans un domaine précis.
Aujourd’hui, un coach doit-il être aussi performant sur le terrain qu’à l’aise avec les outils d’analyse vidéo et la data ?
Oui, il est nécessaire d’avoir une compréhension globale de ces outils. Dans un staff professionnel, certains spécialistes peuvent gérer la data ou l’analyse vidéo, mais un entraîneur doit au minimum comprendre les informations qui lui sont données pour pouvoir prendre les bonnes décisions. La technologie apporte une vision plus objective, mais elle ne doit pas remplacer l’observation humaine. L’œil du coach et sa connaissance des joueurs restent essentiels.
Tu as suivi des formations en préparation physique, analyse vidéo et préparation mentale : comment ces compétences ont-elles changé ta manière de travailler avec les joueurs ?
Ces formations m’ont permis de mieux comprendre les différents facteurs qui influencent la performance. La préparation physique m’a notamment appris qu’un joueur bien préparé physiquement augmente ses chances d’être performant sur le terrain. L’analyse vidéo est devenue un outil très important car elle permet de travailler à partir d’éléments concrets. Les images donnent aux joueurs un retour précis sur leurs actions, leurs réussites et leurs erreurs. La préparation mentale apporte également des clés intéressantes. Même si ce n’est pas mon domaine principal, elle permet de mieux accompagner les joueurs et de trouver des solutions adaptées.
Tu es passé par le PSG, la Juventus ou encore la FFF : quelles méthodes ou cultures du football étrangères ont le plus influencé ta vision du métier ?
L’Italie a beaucoup influencé ma manière de voir le football. J’ai été marqué par leur approche du travail physique et leur capacité à adapter la préparation aux différents profils de joueurs. Dans les académies, un jeune joueur n’a pas les mêmes besoins qu’un professionnel confirmé. La progression doit être pensée sur le long terme. J’ai aussi apprécié leur culture du partage et de la transmission. Les personnes rencontrées avaient beaucoup d’expérience mais restaient dans une démarche d’échange, ce qui est essentiel dans ce métier.




























