L’édito du mois : La bonne équation

Découvrez l’édito de notre magazine de juin 2020.

Le confinement, décision inédite dans l’histoire moderne de notre pays, a profondément marqué notre mode de vie. Dans ce contexte, les pratiques d’éducation et les certitudes pédagogiques ont été chamboulées. L’Éducation nationale, souvent décriée pour son immobilisme, est parvenue en quelques jours à créer les conditions de la continuité pédagogique. En cette période de déconfinement, l’Éducation nationale a dû résoudre une équation probablement plus complexe que celle de la continuité pédagogique.

 

Dans ce contexte, le dispositif « 2S2C » (Sport Santé Culture Citoyenneté) a été lancé. L’objectif est double : augmenter le temps de présence des enfants à l’école par des enseignements en dehors de la classe, et réduire l’écart creusé par le confinement dans quatre domaines jugés prioritaires par l’École de la République. Basé sur le bon sens, le dispositif « 2S2C » semblait recevoir l’approbation d’un corps enseignant et d’animateurs associatifs locaux impatients de travailler ensemble à la reprise scolaire. Mais lorsqu’il s’agit d’associer « EPS » et « sport associatif », la polémique n’est jamais bien loin : « 2S2C », cheval de Troie visant à vendre l’EPS scolaire aux clubs sportifs ; diplômes « jeunesse et sports », contrefaçons des formations « éducation nationale ».

 

Mettant en avant deux arguments phares plusieurs fois utilisés au cours de la seconde moitié du vingtième siècle, les partisans du courant culturel de l’éducation physique annoncent de nouveau la mort de l’EPS scolaire. Capables de reproduire de génération en génération les mêmes « défenseurs » de l’éducation physique et sportive, ils tentent de mobiliser sans pudeur alors que l’effort de toute la Nation pour réduire les inégalités sociales du confinement est visible.

 

D’ailleurs ces partisans critiquaient la signature de la convention en 2010 entre les ministères de l’Éducation, des Sports et le CNOSF. Accord qui vendait le sport scolaire aux fédérations sportives. Force est de constater que les fédérations sportives scolaires se sont largement développées après la signature, par des liens de confiance renforcés avec les fédérations sportives. Un peu de bon sens ! L’éducation physique et sportive et le sport scolaire sont bien ancrés dans le paysage éducatif français. Il s’agit bien, dans un contexte dégradé, de construire ensemble un dispositif capable d’augmenter le temps de pratique physique des élèves, dans un cadre sécurisé et, dans le même temps, de renforcer la place de l’enseignant d’éducation physique dans le système éducatif.

 

Oui, le dispositif « 2S2C » est une formidable occasion pour les enseignants d’EPS de montrer une nouvelle fois leur capacité d’adaptation, leur volonté de participer à l’effort collectif et leur savoir-faire au service de l’intérêt général. Je n’ai donc aucun doute sur leur engagement !

 

« La haute politique n’est que le bon sens appliqué aux grandes choses » Napoléon Bonaparte

 

Par Pascal Rioche

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