09/25/2020

Hockey sur glace – Marion Allemoz : « Aller chercher la médaille d’or »

Première Française à jouer en Ligue professionnelle nord-américaine, Marion Allemoz évolue désormais en Suède. Capitaine de l’équipe de France de hockey sur glace depuis 2009, la jeune femme évoque deux grands objectifs pour les Tricolores : les Mondiaux à Angers et les qualifications pour les Jeux olympiques.

 

Quels enseignements tirez-vous du tournoi de Klagenfurt (Autriche) que vous avez remporté ?
On était satisfaites de ce tournoi et du résultat, surtout que l’on voulait vraiment rebondir après nos deux tournois précédents. Nos performances collectives n’étaient pas au niveau qu’on attendait, donc c’est bien d’avoir réagi et c’est de bon augure pour le Mondial.

 

Huit tiers-temps sur neuf sans prendre de but, la défense a été efficace…
Oui, vraiment. Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas fait un blanchissage sur un match, c’est une belle performance collective et défensive.

 

Vous avez battu la Hongrie, qui évolue en Élite, la Norvège et la Slovaquie, que vous retrouverez aux Mondiaux. C’est de bon augure pour la suite…
C’est sûr, pour nous, ce sont des adversaires que l’on connaît bien, on les joue régulièrement. D’avoir pu gagner ce tournoi, en réussissant à mettre en place notre jeu face à ces adversaires, c’est positif.

 

Quel sera l’objectif aux Mondiaux ?
L’objectif, c’est de remonter en Élite, dans le Top 10 mondial. Les deux premiers du championnat du monde seront qualifiés pour l’Élite, c’est une nouvelle formule mise en place depuis deux ans. On veut aller chercher la médaille d’or, même si la Suède fait figure de favorite du tournoi. Ce sera sa première participation à un championnat du monde 1A, elle avait toujours été en Élite jusqu’à maintenant.

 

Vous connaissez bien la Suède. Quelles sont les qualités des Suédoises, vos principales adversaires aux Mondiaux ?
Je connais les joueuses, je les affronte en championnat. L’an passé aux championnats du monde, c’était la première fois que l’on affrontait la Suède (défaites 1-2 en poule et 2-3 en match de classement, NDLR). C’est une équipe très homogène, avec de bonnes individualités. Un bon collectif, avec des joueuses rapides.

 

 

« Des résultats positifs quand on a joué en France »

 

L’expérience en Élite l’année dernière va-t-elle vous aider pour essayer de remonter cette année ?
L’an passé, malgré nos résultats, nos performances étaient encourageantes. Je pense qu’on a retenu beaucoup de choses de cette expérience. Cinq matches à cette intensité-là, ça ne nous était jamais arrivé. Cela a été positif, on a retenu des points de progression que l’on a mis en avant cette année. Je pense que ça nous servira pour le Mondial cette année.

 

Jouer en France, à Angers, est-ce un avantage ?
C’est bien de jouer à la maison, il y a, en plus, de nouvelles installations à Angers. On voit déjà un bel engouement sur les réseaux sociaux. Et nous, ces dernières années, nous avons déjà joué plusieurs Mondiaux à la maison et nous n’avons jamais été déçues. Il y a toujours eu un bel engouement autour de l’événement et autour de l’équipe. En plus, nos résultats ont souvent été positifs quand on a joué en France. En espérant que ça se reproduise cette année.

 

Quel sera le programme de l’équipe de France avant les Mondiaux ?
On a une préparation qui débute le 3 avril. Il y aura bien sûr l’entraînement mais aussi des matches de préparation pour se mettre dans le rythme de la compétition. Le Mondial est tard cette année. On finit parfois le championnat assez tôt, en fonction du pays dans lequel on joue, donc c’est bien d’avoir ces matches pour travailler sur les détails, mais aussi pour se remettre dans le rythme.

 

En quoi consiste votre rôle de capitaine des Bleues ? 
Mon rôle, c’est vraiment de guider l’équipe, les plus jeunes, et d’être exemplaire surtout. Notre groupe est stable ces dernières années, le noyau de l’équipe est là depuis un moment, même si on intègre des jeunes, et je pense que c’est cela aussi qui fait notre force. On se connaît bien. Avec les années, le rôle de capitaine est devenu assez naturel, je ne me mets pas de pression, j’agis normalement et j’essaye d’aider l’équipe au mieux.

 

« Une énorme progression »

 

Vous êtes capitaine de l’équipe de France depuis un certain temps maintenant. Que de chemin parcouru depuis 2009 avec les Bleues…
2009 avait vraiment été un coup dur pour l’équipe, puisqu’on était descendues. Il y a eu une énorme progression, des moyens ont été mis en place. Il y a eu la volonté de progresser, de mieux faire. C’est ça qui a fait en sorte que notre groupe en est là aujourd’hui. On vise toujours haut, cela nous permet d’avancer.

 

La France est 10e au ranking mondial. Jusqu’où pouvez-vous aller ?
Il y a quand même un écart important avec le Top 6 mondial (États-Unis, Canada, Finlande, Russie, Suisse, Japon). Mais on peut monter jusque-là, au niveau de la septième place.

 

Vous connaissez le Canada, la Suède… Quelles sont les différences avec la France, dans ces pays où le hockey est une religion ?
Il y a beaucoup de différences. Déjà, le nombre de joueuses est beaucoup plus important au Canada et en Suède. Au niveau des infrastructures aussi, c’est différent concernant l’accessibilité et le nombre de patinoires. Je peux voir qu’Örnsköldsvik, où je joue en Suède, est une petite ville (28 000 habitants, NDLR) mais il y a quand même trois patinoires. Ils ont aussi des programmes avec l’école, des sports-études un peu partout, donc au niveau du développement, ça aide beaucoup.

 

Travaillez-vous avec la Fédération française pour développer le hockey féminin ?
Développer le hockey féminin, c’est une volonté de la Fédération française. Actuellement, je passe mes diplômes pour être entraîneur. C’est quelque chose que je fais déjà, mais je veux continuer après ma carrière.

 

« Les Jeux olympiques, un aboutissement »

 

La ministre des Sports, Roxana Maracineanu, travaille sur la reconnaissance du sport féminin. C’est quelque chose d’important pour vous, la mobilisation politique ?
On s’y intéresse et c’est vraiment d’actualité en ce moment. Pour nous, c’est important, c’est un combat qu’on mène aussi, la place du sport féminin en France.

 

Le rêve, c’est de participer aux Jeux olympiques ?
Ce serait l’aboutissement pour ma part de pouvoir disputer des Jeux olympiques.

 

Comment se déroule la qualification ?
La qualification dépend du classement des nations. Cela va dépendre du championnat du monde et des tournois olympiques. Un classement est effectué à partir de ça. En fonction du classement, on fait un seul ou plusieurs tournois de qualification. Nous, comme nous sommes à la 10e place mondiale, nous ferons seulement un tournoi l’an prochain. Il y aura quatre équipes et la première de ce tournoi sera qualifiée pour les Jeux olympiques. Il n’y a pas de tournoi de rattrapage si on ne finit pas à la première place. Les places sont chères car les meilleures équipes mondiales sont qualifiées d’office, et comme les Jeux sont en Chine, la Chine (qui évolue en division 1B, la troisième division, NDLR) est qualifiée d’office aussi. Elle prend une place, du coup on aura de plus gros adversaires à battre.

 

Vous êtes diplômée en criminologie, vous passez vos diplômes pour pouvoir entraîner. Vous pensez déjà à l’après ?
Pour l’instant, je laisse plusieurs portes ouvertes. Je ne sais pas trop vers quel domaine m’orienter après ma carrière. Je me laisse jusqu’à 2022, année des Jeux. La qualification se fera en février l’année prochaine. Même si j’y pense, je ne me suis pas encore projetée vers la suite, sur mon futur.

 

 

La bio Express de Marion Allemoz :
  • 30 ans – Née le 4 juillet 1989 à Chambéry (Savoie)
  • Poste : ailier gauche
  • Tir : de la droite
  • Clubs : MODO Hockey (2018-2020), Canadiennes de Montréal (2016-2018), Carabins de Montréal (Ligue universitaire, 2011-2016), pôle France (2007-2011),
  • Palmarès en équipe de France : championne du monde Division 1A (2018), championne du monde Division 1B (2013), vice-championne du monde Division 1A (2016), vice-championne du monde Division 2 (2011)
  • Palmarès en clubs : Coupe Clarkson (2017)

 

 

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Par Simon Bardet
Crédit photo : F. Campanatto / FFHG

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