La filière bois se mobilise pour la construction du village olympique

La perspective des JO 2024 mobilise toutes les régions. Chacune recense ses atouts et réfléchit à la façon de les exploiter. La région Centre-Val de Loire ne fait pas exception, et elle sera prête, si l’occasion se présente, à valoriser sa filière bois !

 
Pour les JO 2024 à Paris, le Comité international olympique a émis l’idée d’un village olympique… en bois. Concrètement, un village capable d’accueillir 17 000 athlètes serait entièrement créé en bois, au sein d’un écoquartier. Une opportunité qui ne pouvait que faire réagir la filière bois en Centre-Val de Loire. Car, rappelons-le, la forêt couvre près de 940 000 hectares en région Centre, avec quelques-unes des plus belles – et historiques – forêts de France, comme la Sologne ou la forêt d’Orléans. Et, dans la région, c’est le chêne, roi des arbres, qui s’impose : il couvre 600 000 hectares. Avec de tels chiffres, la forêt représente pour la région un poids économique majeur : 20 000 salariés, dans 3 000 entreprises, vivent du bois…

Se préparer à apporter une réponse convaincante

« Attention toutefois », tempère un représentant de la filière bois que nous avons interrogé. « Le village olympique en bois n’est pas encore une certitude ! C’est un souhait exprimé par le CIO, mais nous ne savons pas encore comment il va se traduire dans les cahiers des charges, ni comment les projets de constructions utiliseront le bois… ». En clair, tout va se jouer dans les prochains mois. La filière forêt bois nationale est mobilisée pour mettre en avant les qualités techniques et environnementales du matériau. D’ici la fin de l’année, puis en 2019, les choses vont se préciser. Mais, dans tous les cas, la filière bois régionale sera à même de répondre aux demandes ! « Dès 2019-2020, nous serons prêts à mobiliser les entreprises pour que des réponses régionales cohérentes et compétitives soient apportées aux appels d’offres si la construction en bois se confirmait », assure notre interlocuteur. Le message est clair : pas question de manquer une telle opportunité économique, mais aussi d’image.

Relever les défis au-delà du village olympique

Alors, si un village olympique en bois voyait bien le jour, que pourrait proposer la région ? En France, le bois d’œuvre est surtout produit dans les Vosges, les Alpes ou le Massif Central. La région Centre-Val de Loire propose quant à elle essentiellement du bois d’aménagement. Sans oublier des panneaux d’OSB (généralement utilisés en contreventement dans la construction des maisons à ossature bois) puisque la région accueille le plus important fabricant français d’OSB, un acteur qui couvre 70% du marché français. La région aurait donc une belle carte à jouer. Le futur village olympique ne sera pas la seule opportunité. Bien sûr, pour la région Centre-Val de Loire, l’organisation des épreuves équestres des J.O. à Versailles a été une déception : le manège de Lamotte-Beuvron, plus grand manège d’Europe, espérait pouvoir les accueillir. Mais une chose est sûre : partout où se dérouleront des épreuves, si des bâtiments provisoires doivent être construits, la filière bois ne manquera pas de rappeler ses atouts.

Valoriser le réemploi permis par le bois

« Les constructions en bois présentent de nombreux avantages : respectueuses de l’environnement, elles sont aussi modulaires, démontables… et transportables. Alors, on pourrait par exemple imaginer, pour 2024, des constructions en bois qui, une fois les Jeux terminés, seraient démontées puis installées dans des villes universitaires proches pour devenir des résidences étudiantes », explique notre spécialiste du bois. Une idée qui sera sans doute proposée par la filière bois car, en effet, le béton ne permettrait pas un tel réemploi. Quoi qu’il en soit, la Région, et tout particulièrement sa filière bois, entend bien faire valoir ses atouts et tirer profit des JO !

Par Laurence Thery
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