Du 16 au 21 juin 2026, la ville d’Antony (Hauts-de-Seine) accueille le gratin de l’escrime continental à l’occasion de la 39ème édition des championnats d’Europe seniors.
Un niveau digne des Mondiaux
Au-delà du défi logistique relevé par la France pour organiser cette 39e édition au pied levé, c’est une véritable guerre des nerfs et de technique qui s’annonce sur les pistes du complexe Éric-Tabarly et du parc des sports de la Croix-de-Berny.
En escrime, l’Europe concentre une densité de talents sans équivalent. Décrocher une médaille continentale s’avère parfois plus complexe que de briller à l’échelle planétaire, tant les places sont chères au sein des délégations majeures comme l’Italie, la France, la Hongrie ou l’Ukraine.
Pour les tireurs, Antony représente l’occasion cruciale de marquer les esprits, d’engranger des points précieux au classement de la FIE (Fédération Internationale d’Escrime) et d’asseoir une domination psychologique sur des rivaux qu’ils croisent tout au long de l’année.
Les Bleus à domicile : confirmer le statut et résister à la pression
Évoluer devant le public français est une arme à double tranchant. Si la ferveur populaire transcende souvent les athlètes, elle impose aussi une obligation de résultat. La Fédération Française d’Escrime (FFE) présente une sélection ambitieuse, oscillant entre la nécessité de confirmer les statuts des leaders et le besoin d’intégrer une relève aux dents longues.
La pression sera maximale sur les épaules de ceux qui montent sur la piste avec une cible dans le dos. A l’image d’Eva Lacheray (Fleuret féminin). Sacrée championne d’Europe lors de l’édition précédente, la fleurettiste française devra assumer son statut de femme à abattre. Conserver sa couronne face à l’armada italienne, historiquement dominatrice à cette arme, constitue l’un des plus grands défis de sa jeune carrière.
Pour Rémi Garrigue (Sabre masculin), sa victoire surprise l’an dernier contre le monument hongrois Aron Szilagyi l’a fait changer de dimension. Désormais attendu au tournant, sa capacité à réitérer une telle performance en individuel sera observée de très près par tous les directeurs techniques du circuit.
La discipline du sabre féminin sera l’un des points d’orgue de la compétition pour le clan tricolore. L’Orléanaise Manon Apithy-Brunet, figure de proue de cette arme, arrive à Antony avec des ambitions claires de podium, voire de titre. Sa régularité au plus haut niveau et son expérience des grands rendez-vous en font la locomotive d’un collectif féminin qui vise également l’or par équipes.
De l’explication individuelle à la guerre des collectifs
Le format de la compétition découpe la semaine en deux blocs distincts, chacun répondant à des logiques sportives et managériales bien différentes. Place d’abord au triptyque individuel (16 au 18 juin). Trois jours de combats à élimination directe où la moindre erreur stratégique ou baisse de régime physique est éliminatoire. C’est le royaume du mental, où les hiérarchies volent souvent en éclats dès les tableaux de 32.
Puis, du 19 au 21 juin, place aux épreuves par équipes. C’est ici que se mesure la véritable force de frappe d’une nation. Les épreuves par équipes demandent une gestion fine des rotations et une endurance collective à toute épreuve. Pour la France, l’enjeu est de prouver que ses collectifs (notamment à l’épée masculine et au sabre féminin) restent des références mondiales capables de verrouiller les fins de matchs sous haute tension.






























