Émilien Viennet, de retraité à champion de France de cyclisme

Après avoir arrêté sa carrière de cycliste professionnel en 2016, Émilien Viennet a retrouvé le goût de la compétition pendant le confinement. Le champion de France du contre-la-montre amateur en août dernier raconte son retour.

 
Qu’est-ce qui vous a poussé à reprendre le cyclisme au début de l’année 2020 après avoir arrêté en 2016 ?

Je n’avais pas vraiment arrêté, je continuais à pratiquer le cyclisme en loisir et pour ma forme. Lorsqu’il y a eu le confinement, j’ai dû fermer mon restaurant et je me suis remis à la compétition à travers l’application Zwift, qui permet de relever des défis virtuels avec des cyclistes du monde entier via son home trainer. J’ai repris goût à la compétition et j’ai eu envie de m’y remettre à la vraie. Je suis retourné au CC Étupes, club renommé et à côté de chez moi, mais surtout où j’ai grandi et évolué la majorité de ma carrière.
 
Vous avez remporté le titre de champion de France du contre-la-montre amateur en août dernier. Était-ce une surprise au vu de votre situation ?

Depuis début mars, je m’entraînais avec l’objectif d’y aller pour faire le mieux possible. J’ai fait les exercices et les efforts qu’il fallait. La préparation s’est bien passée et j’allais à Grand-Champ (Morbihan) pour gagner ce contre-la-montre amateur du championnat de France. Je n’avais pas beaucoup de références par rapport aux autres coureurs puisqu’on n’a pas eu beaucoup d’occasions de se confronter, mais j’avais la sensation que je pouvais faire partie des meilleurs. Ce titre n’est donc pas vraiment une surprise.

 

 

Quelle suite allez-vous donner à votre deuxième carrière ?

Je vais faire pas mal de courses en cette fin de saison. J’ai un peu le rôle de capitaine dans le gros collectif du CC Étupes parce que je suis le plus âgé et que j’ai plus d’expérience. Cependant, je travaille à côté, j’ai donc moins de temps pour m’entraîner autant que les jeunes. Pour l’année prochaine, on verra. J’ai en tête l’éventualité de retrouver le peloton professionnel, d’en vivre et donc de me consacrer entièrement au cyclisme, ou de continuer en amateur, mais avec moins d’ambitions car j’ai un boulot très prenant. Si actuellement j’ai plus de temps pour partir en compétition, c’est parce que j’ai moins de clients au restaurant à cause du Covid-19. Si je ne passe pas professionnel la saison prochaine, j’espère moins rouler. Ce serait un bon signe économique.
 
Un retour dans le cyclisme professionnel à presque 30 ans s’est déjà vu ?

Jean-Christophe Péraud était spécialisé dans le VTT avant de commencer une carrière dans le cyclisme sur route à 32 ans et de finir deuxième du Tour de France en 2014 à 37 ans. Il y a déjà eu des come-back dans le sport en général. Je pense qu’il n’est pas trop tard pour moi. Je suis aussi affuté physiquement qu’avant et plus fort mentalement parce que je suis plus âgé. Mais je sais que ça ne sera pas simple de retrouver le milieu dans un contexte où les équipes professionnelles sont fragilisées par la pandémie de Covid-19.

 

 

La Bourgogne-Franche-Comté est-elle une bonne région pour pratiquer le cyclisme ?

C’est un territoire assez vallonné, intéressant pour la pratique. Nous ne sommes pas forcément aidés par la météo, mais les étés sont de plus en plus beaux et l’hiver, nous avons la possibilité de faire du ski fond pour s’entraîner d’une autre manière. La Bourgogne-Franche-Comté est une belle région. C’est aussi pour ça que je me suis mis au vélo, parce que plus jeune j’aimais me balader. Actuellement, je m’entraîne aux alentours de ma ville, Besançon, ou je vais dans la vallée de Ornans, dans le Haut-Doubs à la frontière avec la Suisse, où on peut faire des ascensions plus longues de 30 minutes, voire d’une heure.
 
Que pouvez-vous dire sur votre club le CC Étupes ?

C’est une référence, un des cinq meilleurs clubs de France. Son rayonnement est national avec des jeunes qui viennent de toute la France. Warren Barguil a roulé dans ce club alors que le Doubs n’est pas sa région. Le CC Étupes accueille aussi des jeunes des clubs de la Métropole de Besançon et de la Vallée d’Ornans qui viennent finir leur formation.

Propos recueillis par Leslie Mucret
Crédit photo : Gilles Zoppi
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