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Alexis Vuillermoz : « Le plaisir, l’essence même de notre sport »

Vincent Curutchet

Son parcours est atypique. Après avoir démarré par le VTT, Alexis Vuillermoz (AG2R LA MONDIALE) s’est tourné vers la route en 2013. Depuis, le coureur de 29 ans n’a cessé de progresser pour devenir l’un des plus fidèles lieutenants de Romain Bardet. Entretien…

 

Alexis, vous avez décroché la huitième place finale du Paris-Nice. C’est une satisfaction pour vous ?

Oui, c’est un bon résultat. Les conditions étaient difficiles, notamment au niveau météorologique avec beaucoup de pluie. Je suis plutôt en bonne forme depuis le début de saison même si je n’ai pas encore réussi à concrétiser. J’ai fait deux fois deuxième, deux fois quatrième et deux fois huitième mais c’est encourageant pour la suite. C’est une course d’une semaine, je n’avais encore jamais réussi à intégrer le Top 10 sur une telle course. Cette huitième place vient concrétiser tous les efforts, il faut que je continue sur cette lancée.

Comment s’est déroulée votre préparation hivernale ?

Elle a été plutôt bonne. Cette fois-ci, j’ai eu la chance de ne pas avoir de blessure, ce qui facilite beaucoup les choses. L’année dernière, j’avais été immobilisé pendant tout le mois de février, ce qui ne m’avait pas empêché de faire une belle saison. Il faut se servir de toutes les expériences passées, j’ai pris le temps de bien récupérer cet hiver, ce qui n’était pas forcément le cas auparavant. C’était important de mettre toutes les chances de mon côté pour être performant, d’autant que je vais avoir le Tour du Pays Basque et Liège-Bastogne-Liège qui sont des courses qui me correspondent plutôt bien.

Vous êtes aujourd’hui âgé de 29 ans, c’est un bon âge pour un sportif de haut-niveau…

Effectivement, les années qui s’accumulent vont commencer à m’être profitables. J’ai commencé tard le cyclisme sur route, aux alentours de 25 ans. On ne peut pas comparer un coureur de 30 ans qui a dix années de route derrière lui et un autre qui n’en a que cinq. Mais c’est clair qu’à 29 ans, on arrive à un âge intéressant pour un sportif.

Vous êtes justement arrivé assez tardivement sur la route. Si vous regardez de près vos dernières années, c’est un parcours dont vous êtes fier ?

Quand je suis passé sur route, j’avais à cœur que l’on me voit en tant que routier, j’ai eu pendant pas mal de temps l’étiquette de vététiste. Maintenant, on en viendrait presque à oublier ce passé. C’est une belle reconnaissance, aujourd’hui, on me voit à part entière comme un coureur sur route. Et ça, c’est vrai que c’est très agréable pour moi.

Avec les arrivées de garçons comme Tony Gallopin ou encore Clément Venturini, l’équipe semble aujourd’hui très performante…

C’est vrai que l’on a une équipe très homogène avec pas mal de coureurs de qualité qui peuvent performer. Nous sommes sur plusieurs fronts à la fois, ce qui est un peu nouveau cette année. Cela permettra de soulager un peu Romain qui n’aura plus le leadership unique de l’équipe. On a vu en ce début de saison que l’équipe fonctionnait sur tous les fronts, c’est une bonne chose pour tout le monde.

Vous serez cette année encore l’un des fidèles lieutenants de Romain Bardet sur le Tour de France. C’est un rôle qui vous plait ?

Oui, je m’épanouis dans ce rôle sur les grandes courses. Cela me permet d’intervenir dans le money-time et d’être dans la confrontation avec les meilleurs mondiaux. Être spectateur et acteur de ces moments clés, c’est vraiment quelque chose de fort. Quand on aime le vélo, c’est plaisant de peser sur la course.

Que peut-on vous souhaiter pour cette saison 2018 ?

Tout simplement de m’épanouir et de continuer à prendre du plaisir sur le vélo. Nous avons une chance formidable de pouvoir participer aux plus belles courses au monde. Le plaisir, c’est l’essence même de notre sport, le meilleur carburant pour un coureur. Il faut absolument conserver cette notion intacte et ne jamais l’oublier. On dit parfois qu’il faut avoir un moral d’acier pour avoir les jambes mais le contraire est également vrai. Ce que je veux dire par là, c’est que l’on prend toujours du plaisir quand ça roule bien, quand on va vite sur le vélo. Dès que l’on a des sensations de liberté, c’est un réel bonheur. Même si nous sommes professionnels, il ne faut pas s’imposer que des contraintes. C’est indispensable d’avoir le recul nécessaire, de s’imposer les bonnes contraintes mais de ne jamais oublier l’essentiel qui est le plaisir.

Propos recueillis par Bérenger Tournier

 

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